BLONDIN
i56o Vous fuyez ri[jnorancc, et voulez, quoi qu'il coûte, Apprendre du bloruUn quelque chose. — Sans doute.
Éc. des Fem,, V, 4,
Sont-ce des hommes que de jeunes blondinsf - UAv., II, 5.
Je connois à vostre mine que le jeune blondin dont vous m'avez parlé vous revient un peu dans Tespril. — Ibid.y III, 4.
Mon Dieul tous ces blondins sont agréables, et débitent fort bien leur fait; mais la plupart sont gueux comme des rats. — Ibid,, ibid.
On dit que vous assassinez . . .
Et que vos beaux yeux, pleins de charmes ,
Outre qu^ils font couler des larmes
A plusieurs blondim de la cour ... - Scabson , A Af^' de Neuillan,
169 Tous les blondÎM du camp d^Harcourt
S^en sont retournez à la Cour. - Lorbt, Muze histor., 10 déc. iG5i.
i56 On me dit qvL^un de nos blonditu
Que Monsieur de Brancas on nomme. . . - 1d., ibid,, 5 octobre 16 5 2.
On voit jeunes éventez Si richement ajustez Que souvent, dans les ruelles, Beaux se pîcquent d^cstre belles.
Qu'à la ville et qu'à la Cour, Bien souvent en moins d'un jour, Par troque facétieuse , Blondin devient précieuse.
Brkbedf, Lucain trav,, i656, p. 88. - Cf. ibid,, p. 89.
Vous vouliez sans doute, Galiste, que mon visage abattu et languissant servit de mouche à ccluy de vostre blondin, - hz Pats, Amitiex, amours, amouretieg, i665, p. AS.
Il y a (à Londres) un cabaret près d'une place qui s'appelle le Morfld. Il y a tou> jours grande foule de blondim qui y mènent leurs blondinet - Id., ibid., p. 303.
n le nomma son soleil, parce qu'il estoit blondin, - Roman par Lettr., 1667, p. 76.
65 Dès que vous sentirez approcher les blondim. Fermez vite vos yeux , vos oreilles , vos mains.
La Fort., V, ail8 : Contes, lll, i3.
ao Jadis s'etoit introduit im blondin
Chez des nonains, à titre de fillette. - Id. , V, p. 5^3 : Contes, IV, in.
Ce blondin, revenu depuis peu d'Italie. - Mo5tfleubt, Fem, juge et part,, l, a.
... Je vous réponds , vous livrant ma personne ,
Des ardeurs d'un blondin sous un poil qui grisonne. - Id., Trigaudin, III, 8.
Voilà comme vous êtes, jeunesse inconsidérée; vous prenez les sornettes d'un blondin pour de l'argent comptant. - Du Vbbdibb, Le Flatteur, 1696, III, 1.
Il fréquentoit aussi au logis un petit blottdin à rabat.
RBG5.iBD et DvnisY, Baguette de Vulcain, se. 3.
11 vit fondre chez lui. . • de ces fades blondins, minces colifichets des ruelles. Rbgnabd, Divorce, III, 3. - Cf. Id., EpU., et Mariage de la Folie, se. 5.
BOGÂGER — BOtTE 361
3(c Richelet définit le blondin «r jeune homme à cheveux blonds, galand à perruque blonde.» — Les cheveux blonds étaient à la mode «r parce qu'en France, on tient ce poil pour le plus beau» (FunniÈBs). — De là le nom de blondin donné à tout galant qui se nait
Au mérite éclatant de sa perruque blonde. — Misanth.
Dans la comédie des NéapoUtainet , de François d'Âmboise (i58â), Gaster, raillant M"** Angélique, dit k Béta : (rJ'enlens bien. .. elle dort, elle s'accoustre, elle fait la blonde, elle se baigne. . . » - II, â.
Ch. Sorel, dans son Traité de la connoisiance det b<m$ livret, se moque de Tabus du blond chez les romanciers : «N'observerons-nous point encore que, pour montrer que ces merveilleux autheurs n'ont toujours qu'une mcsme chose à nous dire, on voit que les personnages de leurs livres sont tous jeunes, et tous amoureux, et tous beaux, et tous blonde, fussent-ils de Mauritanie.» (1671, p. 11 5.)
BOGA6ER.
De vos flûtes bocagères Réveillez les plus beaux sons.
Mal imag,, ProL, a* entrée de ballet.
61 On ne va voir ici que fêtes locagèret, - La Fokt. , Je vous prends eane verd, se. 9.
BOÊTE.
♦ Voir BoUe,
Boire, aufig.^ boire un affront.
n faut que je boive T affront. — Préc. rid., se. 16.
logi Mon frère, doucement il faut boire la chose.
Éc. des Mar.y III, 9.
C'est ta faute et la vôtre, et qui la fait la boit.
Tu. Gonii., J), Bertr. de Cig., V, 6.
Si j'avois fait une lottite, je n'y saurois pas d^autre invention que de la boire,
Sév., ad janvier 168s.
788 Et dVnfants à sa table une riante troupe
Semble boire avec lui la joie à pleine coupe. - Rac, Etther, II, 8.
La céleste troupe.
Dans ce jus vanté ,
Boit k pleine coupe
L'immortalité. - J.-B. Rousseau, Cantate de Bacchue.
LoÎTE; anciennement, boéle.
619 Que vient de te donner cette farouche bêle?
— Cette lettre, Monsieur, qu'avecque cette boëte
On prétend qu'ait reçue Isabelle de vous. - Éc. des Mar. . II, 5,
i62 BOIS
63 1^ boete que le peintre a fait faire pour moi
Est tout à fait semblable à celle que je voi. - Mélic, 1,2.
On sccut donc que ce prisonnier avoit donné. . . une riche boéle de portrait, afin qu'on le iaissast échapper. . . 11 donna à celuy qui avoit découvert cette trahison trois fois plus que ne valoit la boéte de portrait.
M"* DB ScDDéRT, Mathilde, 1667, P- 3^3-
* On ne trouve ni boete ni botte dans Palsgrave (i53o) ni dans Rob. Estienne (iSSg). Mais, en iS^q, Rob. Estienne donne boelte et renvoie à boiste; de même fait Nicot (1673, 160G, 1618, i6a5); Palet (i6oâ), boitte; Hier. Victor (1606), boéUe et boiete; Meilema (1618), boitte; Monct (i6ao), boete, botte, et 1686, boite, boite; Gotgravc (1611, 1683, i65o), boette, voir boiete; César Oudin (i6ât)), boitte, boitte; Ant. Oudin, Duez (1660), boite, boite; Pomey (1676) , boite, Imte; Gaudin (1677), boite; il donne aussi bùite dans cette phrase : «rie vin est dans sa boiten^ c'est-à-dire dans le bon moment pour le boire; Guy Miège (1679), ^^^> Richelet (1680), «r Boite ^ prononcez longue la première syllabe de ce mot»; Furetière (1690), Boite ou boitte; Âcad. fr. (169/1 ®^ ^7*^)* boitte; k partir de 17^0, boîte.
n faut dire indubitablement chose et non pas choute. . ., Cologne, corvée, boitte et non pas Coulogne, courvée, bouette. - Ménage, Observ., 1679, p. 157-1 58.
Bois : aller au bois, terme de chasse.
&93 Je voulus, pour bien faire, aller au bois moi-même.
Fâch., II, 6.
Aller au boit : manœuvre du valet de limiers pour trouver et détourner les cerfii.
D'Yiu VILLE, Traité de vénerie, 1788, p. 66.
Bois : de quel bois on se chauffe, locution.
Vous verrez de quel bois nous nous chauffons. - G. Dand., 1,4.
Quant aux Courts des Princes , il les faut , pour parler et apprendre de tout , avoir veues, et sçavoir de quel boit on t'y cJiauffe, mais s'en relirer au plus tost quon peut. - N. DU Fail, Contet et Dite. d'Eutm^el, édit. Jouaust, 1875, II, p. 373.
Si tous les fols portoient marotte , on ne sçait de quel boit on te chaufferoii,
G. BouGHBT, Seréet, V, 65.
Et croyez que je n'eusse mis si avant les fers au feu, si je n'eusse bien sceu de quel boit elle te chauffe, pour l'avoir cogneuê dès le berceau.
TouRNEBD, Let Content, I, 5.
L'on cognoist soudain par là ce qu'ils font , et de qtiel boit Ht te chauffent.
Chapelaiii, Trad. de Guzm. d*Al/ar., 111, toa. - Cf. ibid., i56, 9oG.
Ils verront de quel boit je nie chauffe. - C** de Cbamail, Coméd. det Frov., II, 9.
Il apportoit tout le plus beau , Pour faire aussi quelque largesse , Afin que leur courtoise hôtesse