‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 199 sur 395 · BRAVOURE · texte numérisé non relu

BRAVOURE

Il n'y a difFiculté quelconque que les femmes des notaires n'aillent au traquenar de Tambilion et de la braverie, puisque la rontinuation de la ffuerre a fait engaf^er toute ta noblesse de France jusqu'au moule du pourpoint.

Caquets de l'accouchée y bibl. elzév. , p. 337.

La bonne renommée de femme de basse condition valoit mieux que les braveries et dorures d'une Princesse quand elle n'a pas bon droit.

Le p. Garasse, Rech. des Rech, de M" Ett, Paaquier, 169a, p. 3^7.

Mon affaire commença par hravericy et plus que braverie; je me fls faire deux habits complets riches et beaux à merveilles.

Chapelair, Trad, de Guzm. d^Alfar., i63o, III, p. 3 18. - Cf. p. 36/i.

Hé I quoy, les passemens d'or et d'argent sont défendus avec les points-coupcz et les passomens de Flandres? . . . Qu'avons-nous commis, pour nous oster ces braverieif - Sorbl, Polyandre, 11, p. 377-378.

ùb Mais las I toutes ces braverieg, Mais las I toutes ces momeries. Tous ces superlws appareils. . .

En un moment ont disparu. - Lobbt, Muze hiaUtr., ih février 16G0.

Ah ! je m'en doutois bien , vous ôtes des filoux , Et pour mieux m'escroquer toute ma braverie. . .

Tn. Corn., Geôlier de toi-ménw, II, 5.

Des bals éternels , des comédies trois fois la semaine , une grande braverie : voilà les États. - Se?., 5 août 1691.

Si les maris s'étonnent de voir leurs femmes propres sans savoir d'où viennent leurs braveries, elles en sont quittes pour dire : Oh I dam, mon petit fils, c'est que je suis heureuse au jeu.

BoisPBAifc, Les Bains de la porte Saint-Bernard, I, 6 (dans le Th, ital. de Gherardi, 1701, t. VI).

• D'où viennent les mots brave, braverie T Joach. Perion, contrairement à sa coutume, ne les tire pas du grec :

rjSpawetîeiy quod est primos obtinere, nonnulli ad id fransferre volunt, quod nos braver, id est splendore vestium nitere dicimus, fortassis rectè, quod id ii qui ludis gymnicis praîerant, cœteris ornatu prapstarent. Si ita est, jSpaSeOç is eril qui brave, et braveus, qui est ornatu et habitu praestantissimo. Ego ver6 id malim à brachis (braies), quibus olim Galli insignes Brachati appellal)antur : pr«Tsertim cùm me puero ulùque et nunc pleris(]uo in locis Gallix braguer et brafpieur dicantiu*, c in g, ut ferc fit, mulalione.w - Jo4cii. Periorii, De Unguœ gall, origine, i556, p. 56\

Bravoure.

Pour moi, j'y payerai de ma personne comme il faut; et je réponds d'une bravoure d'approbation, qui meltra en déroule tous les jugements ennemis. ^ Impr, de Vers,, se. 5.

Fuyez donc, je vous en conjure.

Ne vous piquez point de bravure.

Scarrom, Virg. trav., Paris, Da>icl, 1700, 1. p. i()(i.

^'es-lu point quelque fanfaron Qui, par quelque softe gajure.

Viens icy faire une bravure? - Id. . ibid., H. p. l'io.

29â BRIDE — BRIDER

655 Je vais jeter en sable à toi ce petit coup.

Avec rubis sur Tongle, et ia bravoure au bout.

La Fon r. , VII , 3 1 5-3 1 6. - Ragotin , Il , 7.

N'est-il pas vrai que Tépéc me sied l>icii ? — A charmer. — Je sens quelquefois (les convulsions de bravoure que je ne saurois retenir. . . J*étois né pour la guerre.

Rbgrard, La Coquette, I, i5.

:<( ffNous avons fait. . . bravoure de bravura, diêculper de ditcolpare, et nous devons peut-iMre ces mots à M. le cardinal Mazarin. Ce nVst pas qu'un premier ministre ait un pouvoir que les Rois mêmes n'ont pas ; mais c'est que la complaisance qu'on a pour luy fait que les paroles qui luy ëchapcnt sont recueillies par les courtisans, et que, de la Cour, elles se répandent parmy le peuple, qui s'y accoutume insensiblement. 9 - Bouhodrs, Doutet, 1676, p. 54.

I^ mot Ifravouro, ou même ffravure, ne se rencontre dans aucun dictionnaire avant ceux du P. Pomey (1676), du P. Oaudin (1C77), el/r.-iW. de 1677, où il paraît avec le sens de générosité; il ne se trouve pas dans Guy Miège (1G79), mais reparaît dans Riclietct (1680), dans Danet (i683), dans FimMière (1690), etc.

La bravoure d'approbation, dans Vlmpr, de Ver»,, ce sont les bravos d'approbation, comme dans la citation de La Fontaine. Ce que les musiciens nomment aujourd'hui un air de firavoure, c'est, en réalité, un air qui doit permettre de décider de leur mérite et leur attirer des bravoi, — Dans les exemples de Scarron, qui s'est borné à franciser la terminaison du mot italien, et dans celui de Regnard, la bravoure cVst la vaillance et le courage.

Bride : tenir la rride a. . .

345 II faut qu'un frahnl homme ait toujours grand ompiro Sur les démaujfeaisons qui nous prennent d'écrire; Il doit tenir la bride aux grands empressements Qu'il a de faire éclat de tels amusements. ~ Misanth., I, 9.

107 Que s'ils tiennent la bride à leur impatience. . . - Malh., l, p. 73.

Retient un peu la bride à tes bouillants désirs. - Corn., I, p. SGg : Clit, (\ar.).

♦ Rossuet dit plutôt tenir en bride :

Les hommes de cominandement . . . tenoient les soldats en bride , et attachez à la République.

Rossi'RT, Hitt. Univ., in-/^, 1G81, p. 553. - Cf. 1d., ibid., p. 3a9 et 53 1.

Brider, mettre la bride à . . .

19C7 D'un zMe simulé j'ai bridé le bon sire. - LEt,, IV, t.

La crainte en moi fait l'oQice du zcle, bride mes sentiments.

D. Jtian, l, 1.

i33 L»»s sieurs Espagnols r'alenlis

Semblent brider leurs apétils. - Lobet, Mute hislnr,, a 8 décembre i658.

Avec ton nez, bridé do ta coèfle importune, , |Ta lénébrosité pouvoit m'en Iwiller d'une. - Tu. Conis. , Galant doublé, ï, a.

Page 1