‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 20 sur 395 · ADRESSER — ADVENIR · texte numérisé non relu

ADRESSER — ADVENIR

A la G)ur, où Tusage a permis les adreiêêê.

On endort ce qu^on hait par de fausses caresses.

Boums., Germ,, IV, 3.

Adresser , faire à l'intention de . . .

ih6k Et le triste succès de tout ce qu il maâreue

M'efface son offense et lui rend ma tendresse. - D. Gare. ^y y 9.

Adresser , diriger, conduire ; s'adresser, se diriger.

/189 Son esprit, il est vrai, trouve une étrange voie

Pour adresser mes vœux au comble de leur joie. - LÉU, II, i.

3 II semble que partout le sort me les adresse. — Fâck., I, i.

La fortune. . . adreiui les pas d*Ergaste et de Diamis en ce mesme lieu. - D'IIari, UAitré$, 1614, I, p. 358\- Cf.b., iffid,, I, p. 64' et 867*; II, p. 33a, 546.

io34 Où faut-il que ma rage adreue ma poursuite? - Cobn., Clit,, IV, 3.

117 ... Votre frère Altale adreue ici ses pas. - Id., Nicom., I, 1.

949 En vain j'adreue là mes pas;

J'en approche et je n'entre pas. - Lobbt, Muxe hitt., 18 déc. 1660.

Pan te garde, Berger. Où t^adreueni tes pas? — Ti. Cobh., Berg. extrav., I, 9.

Mais, dans cette campagne où $'adre$ient vos pas. - Id., D. Juan, V, 1.

Adresser (S').

961 C'est à vous, s'il vous platt, que ce discours s* adresse.

— A moi. Monsieur? — A vous. Trouvez-vous qu'il vous blesse?

MisanA.y I, a.

Est-ce à moi, s'il vous pklt, que ce discours ê'adreêêe f

— Oui, mon oncle, à vous-même. A-t-il rien qui vous blesse?

Rkonabd, L^of. tifitv., III, 8.

C'est à vous, s^il vous plaît, que ce discours s^adreêee,

Babor, AndriennefN, 7.

Adresser des coups, porter des coups, diriger ses coups.

Pour adresser vos coups ^ il faudra que vous me perciez.

D.Juan.Wl, h.

Vos beaux yeux sur ma franchise

N*a4irfSMfi/ pas bien leurs coups. - Cobn., Poéê. dk,, X, 168.

Advenir. Voir Avenir.

54 adverbes

Adverbes :

1** Adverbe pour adjectif :

4 3 4 N'importe, je ne puis m'anéantir pour toi,

Et souffrir un discours si loin de l'apparence. - Amph.. I, i .

♦ C'est-à-dire : si éloigne.

2** Comparatif pour superlatif.

3tc Voir ce qui a été dit, p. 35, sur un point analogue dans Tarticle Adjigtifs.

a. Mieux pour le mieux.

538 Nous verrons qui tiendra mieux parole des deux.

Dép. am.y II, 9.

8 A votre avis, qui mieux y ou de vous ou de moi,

ô sotte, peut juger ce qui vous est utile? - Sgan., se. i.

17 ... Nos yeux. Madame, ont pu longtemps douter Qui de ces deux amants vous vouliez mieux traiter.

D, Gare., I, I.

97 C'est par ià que son feu se peut mieux exprimer. — Ibid., I, 1

Voyons par expérience Qui des deux aimera mieux.

Bourg, gent., I, 9 (Dial. en mus.).

(Test. • • la matière qui mérite mieux (le mieux) de vous entretenir.

Malh. , Trad. de$ BienfaiU de Sén. , IV, xxiii.

87 a Et ie tiendrois des deux celui-là mieux épris

Qui favoriseroit ce que je favorise. - Gobn., D, Sanche, III, h,

b. Plus pour le plus.

911 Mais ce qui plus me plaît. . . - Z). Gare., I, 3.

658 C'est lors que plus il m'aime. . . — Ibid., II, 1.

i3o Ce que plus il souhaite est ce qu'il croit le moins.

Fâch., I, 1.

UoU Lequel doit plaire plus, d'un jaloux ou d'un autre?

Ibid.,n,L

&09 Si nos vœux doivent parottre au jour.

C'est pour celui qui fait éclater plus d'amour. - Ibid. , ibid.

1 1 7 Et c*est dans ce mépris et dans cette humeur fiëre Que votre âme à ses vœux doit voir plus de lumière.

Princ.iÈ., I, 1.

Je veux que vous me disiez pour qui des deux vous vous sentez plw d'inclination ; quel est celui que vous mettez le plu$ au rang de vos amis. — Am. magnif., II, 3.

e. Adverbe comparatif supprimé.

&i3 Qui s^attache à nous

Nous aime i autant plus qu'il se montre jaloux. — FAcK.y II, &.

3te G^est-è-dire : qu*il se montre pin» jaloux.

3^ Adverbes de négation :

a. Ne. . . atissiy non plus.

936 Je ne vais pas aussi, car je suis arrêté. ~ Dép. am., I, U.

3tc Cest-à-dire : je ne vais pas non plus,

i&i6 Et ne pense /MM, toi, trouver ta dupe aussi. - Ibid., IV, U.

Je n'ai point de bien; vous n'en ayez point aussi. — Mar. forcé, se. 7.

399 Les bons et vrais dévots, qu'on doit suivre à la trace.

Ne sont pas ceux aussi qui font tant de grimace. - 7aW., 1,5.

197 Nous n'avons pas envie aussi de rien savoir. - MéUc., 1,3.

Vostre amitié n*aime point lee cérémonies, ny moy oufjt. - Malh. , Lett, à Peireêc,

1793 Se relever plus forts, plus ils sont abattus,

iV^est pa$ auMt Teffet des communes vertus. - Corn., Pol,, V, 6.

Je ne réponds rien, ni Toffider auui. - Bosst-Rib. , Mém,, ann. 16/16.

Quiconque ne voit guère

^a guère à dire aussi, - La Fort. , Let Deux Pigeom,

b. Ne. . . que. . . seulement, pléonasme.

118 Et ne porte le noir ^ru'aux bons jours seulement. — Éc. d. Mar. ,1,9.

1 h^k Vous n'avez seulement qu^h vous laisser conduire. - Tart,, IV, 5.

17/18 Ce n'est rien seulement qu'une sommation. — Ibid.,\, Ix,

Apprenez. . . qu'il n^fait seulement que me prêter sa maison.

Bourg, gent., IV, a.

Il se forme une peur de ce qui it^étoit que scrupule ëeulement,

Malh., Trad» de Sén, H ne faudra ieulement que changer de ton.

Si^?., Lettre à M^ de Grign., 91 juin 1671.

:¥ «Les Grecs usent souvent sans besoin de quelques petits mots, entre lesquels sont

ceux-ci : fi^po^ , éXXot^ t/^ , et ne plus ne moins usons-nous des nostres qui ont

mesme signification que ceux-ci. « Après avoir cité plusieurs exemples grecs, H. Etienne ajoute :<(... Or, pour venir aux exemples de nostre langage, je dis que ce mot êeul se met en plusieurs locutions qui s*en pourroyent bien passer ;• comme quand nous disons : Je n'en ay pat eêchappé un $êul; item , 72 ne m'a pa$ retpondu un eeul mot. Il y a davantage que, comme le mot fiàvog se met superfluement, aussi se met Tadverbe fi^yop, et en nostre langage pareillement se trouve telle superfluité de Tadverbe êeulement que du nom êeui,ii - H. EsTiENNB, Conform, dn franc, avec le grec, liv. I, Ob$, 5.

c. Ne. . . pas . . . Ne supprimé.

598 Me connoisset-yons pas f " U Et. y TL^ U.

700 Savois-je pas qu'enfin ce n'étoit que grimace? — Ihidy Ei, 6.

t353 Belle difficulté! Devez -vous pas savoir

Qu'il était fort petit alors qu'il Ta pu voir? - Ibid. , IV, 1 .

i355 Le temps et l'esclavage

Pourroient-ils J9I» avoir changé tout son visage? - TWJ., IV, 1.

1/197 De quoi te peux-tu plaindre? Ai-je pas réussi? - Ibid., IV, &.

65 1 Et m'informer de lui, qui me gouverne Ascagne, S'il sait point quel ennui depuis peu l'accompagne.

Dip. atn,y II, 5.

55 Mais suis-je pas bien fat de vouloir raisonner? ~ Sgan., se. i.

/i53 Les querelles, procès, faim, soif et maladie,

TrouLlent-ils pas assez le repos de la vie? — Ibid., se. 17.

Ci Et ce qui d'un rival a pu flatter les feux

L'autorise-t-il j»a« à douter de vos vœux? - D. Gare. y I, 1.

3s 8 Vois-je pas que déjà cet écrit l'inquiète? - lbid.y 1,3.

1179 Vois-je pas Don Alvar? — Ibid. , IV, 4.

363 Dis-tu jM» qu'on t'a dit qu'il s'appelle Valère?

Ec. des Mar.y II, 1.

377 Valère est-il /ww votre nom? - Ibid.y II, 2.

385 Voulez-vous /ww entrer? - Ibid. y ibid.

339 Le connoissez-vous point? — Ec. des Fem.y I, &.

919 L'amour sait-il ;hm l'art d'aiguiser les esprits? — Ibid., III, &.

io83 Pour dresser un contrat in aA-on pas fait venir? - Ibid., IV, 2.

to88 M'êles-vous j?a« venu quérir pour votre maître? - Ibid., IV, 3.

Comment prétendez-vous que nous fassions, si nous ne savons pas

nos rôles? — Pouvez- vous pas y suppléer de votre esprit,

puisque c'est de la prose ? - Impr. de Vers. , se. i .

6o3 Tai-je pas là-dessus ouvert cent fois mon cœur,

Et sais-tu pas pour lui jusqu'où va mon ardeur? - Tari., II, 3.

Il aura un pied de nez avec sa jalousie, est-ce /mm? - G.Dand.,l^ s.

Pourrois-je jiomt m'éclaircir doucement s'il y est encore?

Ibid.y II, 6.

Est-ce /MM vous, Clitandre? - Ibid., III, 3.

Voilà pas le coup de langue? - Bourg, geni.y III, 19.

Le ciel permet-il poê d*aimer ou de hair? - La Font., II, 5. - Daphné.

Pouvons-nouB pa* offrir à Dieu une satisfaction suffisante ?

Bossoir, Cat^h. de Meaus, 1687, p. 189.

La sagesse de Jésus-Ghrist étoit-elle poi parfaite dès son enfance 7

iD., Catéch. dêê Fetteê, 1687, p. 3a.

iSg Mais de quoi s'agit-ii? Suis-je poi fils de maître? - Bac, Plaid., I, 5.

189 Madame, on n^entre plus. — Hé bieni Tai-je ptu dit? - Id., ibid., I, 7.

* Dans ses premières éditions. Corneille avait un très grand nombre de vers oxine. . . était supprimé, auand nous mettrions ne. . . poê. Dans les éditions postérieures, il les remania et introduint ne. M. Marty-Laveaux, dans son excellent Lexique de Corneille {Cotteet. dee Gr. Eer.), cite beaucoup de ces corrections. Ainsi, dans La Suivante :

Ma foi doit-elle pae prévaloir sur la vAtre ?

est devenu :

Ma foi n'est-elle rien au-dessus de la vôtre ?

Dans Horace :

Dieux I sentois-je point lors des douleurs trop légères?

est devenu :

Ne sentois-je point lors des douleurs trop légères?

Vaugelas admettait indifféremment l'emploi ou la suppression de ne dans les phrases interrogatives : «Ont-ils pa$ fait?» ou (riV'ont-ilspaj fait? 9 ; mais il en exigeait Temploi dans les pbrases purement négatives : «Ils n'ont pae fait.n Chapelain et Ménage réclamaient remploi de ne même dans les interrogations. L'Acad., dans ses Obêerv. sur Vaugelas, n'en permet pas même la suppression 4 titre de licence poétique. Voir Renutrq. de Vaugeloê, édit. Chassang, I, p. 3aa; II, p. 298.

Badne, qudquefois mais rarement, et bien d^autres ont continué, malgré Vaugelas, à supprimer ne, même sans interrogation :

«Pour les vers, dit Tabbé d'Olivet, c'est une licence dont les oreilles délicates sont blessées, et que Bacine, dans toutes ses tragédies, ne s'est permise que trois ou quatre fois.i» (Rem. $ur Racine.)

Voir Chassang, Gramm. êupér., p. 61 3; Brunot, Doctrine de Malherbe, in-8*, 1891, p. A66-467.

d. Ne. . . pas ou point. Pas ou Point supprimé :

387 Thnt que vous serez là, je ne puis vous entendre. — Moi, je n'en veux bouger. - Éc. des Mar.y II, 2.

/I199 Non, je n'ai garde. - Ibtd.^ II, 3.

Ne bougez, de grâce, et n'interrompez jvomi votre discours.

Crit. de VÉc. des Fem.y 5.

685 Pourquoi, pour punir cet infâme.

Mon cœur n'a-t-Û assez de résolution? - Anqfh.^ I, &.

Ne bougez, la voilà. ^ Bourg, gent.y III, 1.

Le tribun se plaint qu^on ne fa fait préteur, le préteur qu'on 110 l*a £dt consul.

MiLB. , Trad. de Sén,

38 1 S'il faut qu'à tos projets la suite m réponde. - Gobh., Ment,, H, 1.

* M. Schweiglisuser, cité par M. Marty-Laveaux (Lexique d» Gom«t//«), rapporte ce vers dans son excellent traité De la Négation, et le justifie par plusieurs exemples tirés de nos auteurs classiques; mais, dit M. Marty-Laveaux, il ne fait pas remarquer que Corneille, qui avait employé ce tour dans les premières éditions. Ta fait disparaître en 1660. — En effet, Corneille a corrigé, mais en supprimant ne après à moin» que, ce qui n'est pas heureux :

A moins qu'à vos projets un plein effet réponde. . •

Ce ne fut l'édit de l'Empereur qui alluma la persécution. -Ric, Trad., V, 687. laSo Mais si vous ne régnez, vous vous plaignez toujours. - Id., Brit,, IV, 9.

€. Ne supprimé :

Après à moins que . . .

7 1 La maîtresse ne peut abuser votre foi ,

A moine que la suivante en fasse autant pour moi.

Dép, am.f I, i.

109 Que lui faut-il? — A moins que Valère ee pende,

Bagatelle I son cœur ne s'assurera point. — Ibïd., I, s.

5 00 • • . Ainsi donc, il ne faut rien prétendre,

Ascagne, à des bontés que vous auriez pour nous, A moins que le Ciel fasse un grand miracle en vous.

Ibid.y II, 9.

799 Et moi, je ne puis vivre à mains que vos bontés

Accordent un pardon à mes témérités. — D. Gare,, II, 6.

1/107 Qui ne sauroit haïr peut-il vouloir qu'on meure? Et moi, je ne puis vivre, à moins que vous quittiez Cette colère qui m'accable. — Amph,, II, 6.

Je lui ai défendu de bouger, à moiu que fyfuêse moi-même.

Pourc.^ I, &.

986 Et Ton en est réduite à n'espérer plus rien,

A mùins que Tan se jette à la tête des hommes. - Psyché ^ I, 1.

38i i4 moitu qu'à vos projets un {dein effet réponde. - Corn., Ment., II, 1. t &80 A mom$ que voui ayez Taveu de Lysander. - lo., Agé$., IV, 9. 1&77 Pui0-je vous en répondre, à moins qu'il se retire f - 1d., Suréna, V, 1.

Après devant que ou avant que . . .

Quand j'ai promis à quelque poète, je crie toujours : tr Voilà qui est beau It) deiDant que Us chandelles soient allumées, — Préc. rid.y se. 9.

1690 Avant que vous parliez y je demande instamment

Que vous daigniez. Seigneur, m'écouter un moment.

D. Garc.y\, 5.

1 789 Allons, courons, avant que d'avec eux t7 sorte. - Amph.y III, 5. Après craindre que. . .

Page 1