‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 202 sur 395 · BRIMBORION · texte numérisé non relu

BRIMBORION

Elle a iaiil de mérite I Un tel brillant d'esprit !

Uauterogue, Bourg, de qiuiL, 1, Zi.

Je confonds. Dieu nie damne, et ta mère et la fdle;

Ce brillant si floury qu'en toutes deux je voy . . .

— Ahl non, monsieur, ma fille est plus jeune que moy. - 1d., ibid,, II, h,

La forlune ofiFre aux yeux des brillant» mensongers. - Regnabd, Joueur, IV, i3.

Et tous les vains brillofU» dont la forlune éclate

Ne sauroient éblouir un cœur comme le mien. - 1d. , Ijégat. tim'r. , V, i.

Brimborion, bagatelle.

Je ne vois partout que blancs d'œufs, lait virginal, et mille autres hrimhoriom que je connois point. — Préc. rid., se. 3.

567 Et cent brimborions dont Taspect importune. - Fem, sav.. II, 7.

Ventre-bleu I que de guenilles, que de haillons et que de brimborions il y a làdtnlans! - D'Ouvillk, Contet, iG^/i; Paris, Jouaust, i883, II, p. 98.

La gloire d*èlre un jour le gendre d'un bourgeois, L*ardcur de mettre à fin une intrigue si belle,. . . L^amour. . . enfin. . . ma foy, tous cçs l/rimhorions , Ma pauvre enfant, ont mis ma cervelle en débauche.

GiiAMPMESLK, Crisp, chev., se. 1.

Quoy ! tu vas froidement quérir les bistouris et tous ces Itrimltoriom pour me tailler en pièces, et lu veux que je demeure! - Hauteroghe, Criap, méd.y 11, 6.

Sa!itillaive , montrant à Léonor sa femme, son mouchoir et ses moustaches :

Tous ces brimboriom ne sont pas nécessaires. - Montplbury, bc. det Jaloux, I, A.

Jocrisse, une bride à la main :

(iiomment diable est-ce donc que cela se bricole ?

Que sert ce fer? Pourquoi ces brimboriont-\àt - Poisso:i, Foux divert., II, la.

H y a sans cesse à faire autour d'elle : tantôt cVst du blanc, tantôt c.'pst du rouge; tantôt c*esl un gros Iwurgeon qu'il faut raboter; et que sais-je? cent mille brimborions. - Rkgnard, Crit. de VHom. à b.Jort., se. 9.

T¥ (rLe mot de brimborions ^ dont nous usons quand nous disons que quelqu'un dit ses brimborions, vient du latin br(Tiarium.r> - Pasquier, Rock., VIII, /la.

liC P. (iarasse ne pardonne pas à Pasquier d'avoir montré un lien étymologique entre breviarium et Immborion : frj'atteiidois bien, dit-il,. . . que vous viendriez enfin à descharger quelque coup sur le Bréviaire, à rimitalion de vostre bon autheur Rabelais : car c'est de luy (jue vous avez puisé ces mots de gueule, et de rassortiment do sa bibliothèque, en la(}uelie il y avoit vingt et quatre Breviairos ou brimborions en tous marges, etc.?»

Cotjp-ave écrit bien(i()ii, lO^ii, i65o) : rll dit j:('s brimborions, for Itreviairen ^ vi confirme ainsi fétymologie de Pascjuier, accepté*» par Ménage. Mais Cotgrave, mais le Diction. fi\-Jlam, de iG'i3, donnent brimbeur c(»nuue employé simultanément avec iribeur, caimaiideur de bribes. Ne serait-ce point là une autre racine du mot? M. Littré repousse cette élymologie, et le passage suivant de lioufhel {Serôes, i58A, édil. Koyl)el, diez Lemerre, t. IV, p. i8i5) lui donne raison :

Kllc l«î pria d'alli'ndre jusques à ce qu'elle eust dit certains moLs et oraisons qu'elle avoit arcoustunié de dire toutes l«*s fois que h* mal dos dents luy prenoit, avant nppriiis le^ breborions de sa grand'mère.

BIU.\ — BKISÉES. ^295

Brin, parcelle.

El qui pour elle aura

Le moindre brin de flammo,

Il sVn repentira. — Pastor. corn,, ^c. 3.

Eh! un petit brin d'amilié. - G. Dand,, H, i.

L'un y roui'fiîw.», Tautre y fronde; L'ii» na pas soulpinont un brin DVslinuî pour le Mazarin ; L'autre, tout un jour à la porte.

Attend qu(? ledit sei(pieur sorte.

ScARROK, (Euvr., Paris, David, 1700, 1, p. i54.

Friand dos cœurs comme un poulet de fj^raiu.

Dieu scail roniin(?nt du vostrc il aura cure !

Dans quatre jours vous n\ni aurez un hrin. - In., »6iV/. , 1, p. 307.

Et tous les médecins de nostrc Faculté

Ne luv scauroient donner un seul brin de santé.

Le Boula^igeb de Cualussat, Khmire (Molière) hypocondrc, 1G70, il, 6.

Paris est toujours même chose. . .

On y fait de mauvais libelles

Oïl Ton mesle toujours un brin

Du ij^and ministre Mazarin. - Id., t6ù/., I, p. 170.

1G7 Je voudrois, et de tout mon cœur.

Pouvoir dire que la rigueur I)(>s maux que souffre TÉminence N'a plus un brin de violence. - Loret, Muze hittor,, 5 février i6()i.

95 j Je suis pezant, rêveur, cha[(rin,

D'apetit je n'ay pas un brin, - Id., ibid., i5 août i6GI^.

187 On servit

Pot^ije, menus mets, et même jusqu'au fruit.

Sans que le hrochet vint; tout le disner s'achève

Sans brochet, pas mi Inin. - La Fojit., V, 3oâ-353. - Cunte», IV, '1.

S'il vous reste un Imn d'amitié pour moi. - Skv., I, 53 1.

Brisées, tentwde chasse ^ au propre.

5iQ Nous avons clé tous frapper à nos brisées. — Fâch,, H, 6.

Elstant demeurez sc^uls, ils reprindrenl les brisées qu'ils avoient LiissiVs.

D'UnFÉ, UAstrée^ 161 4, I, p. 3io". - Cf. Id. , ibid,, 1, |i. nu".

* rrJiriséei, marques que laiss»! un chasseur dans un chemin où a passé le ifibier, ([ui sont ordniairement des branchies d'arbres brisées ou coupées.» - Kurktièrb, Diction.

Du Fouilloux, dans sa Vénerie , donne le nom de hrissons aux branches brisée* qui marquent le chemin du cerf.

Brisées, aufg,, allek sur les brisées de. . .

CoutuuMil, pondard? hi as Taudace d'aller sur mes hriséesy

L\'iv,, IN. 'J.

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