BROCARD
BrUom-là ; je u'al pas le temps de vous entendre.
Hadterochb, Bourg, de quai., I, L.
Son visage de jour est donc fait comme il faut. Et sa beauté d^emprunt ... - Brûons-là , je le prie.
QuiifAULT, Mère coquette. 11, 3.
Brocard.
5/i7 Je ne puis souffiûr
Qu'aux brocards d'un chacun vous alliez vous offrir. — Tari, . II, Q.
On nous jcllc de tous côtés cent brocards à votre sujet.
VAv., III, 1.
lia! cesle vieille a mille mauvais signes ou marques. Pour le premier, elle est remplie de proverbes et brocard». Oyez ce que dit le texte :
La vieille qui est brocardeu»e
Cache soûl» un paisible front
Une guerre aspre et furieuse
Et jusqu^aux os la laine tond. - Larivby, Le» Tomperie», comédie, 111, a.
En la satyre neufiesme. . . peut-on voir chose plus ingénieuse que les broquart» qu^il (Régnier) donne à ces Aristarques importuns, en ces vers qui commencent :
11 semble, en leurs discours hautains et généreux. . .
Le p. Garasse, Rech. de» Rech, de M* E»t. Patquier, iGas, p. 5a 8.
Ce bouflbn (Rabelais). . . n'entendit jamais ny messe ni matines que pour eu tirer quelques brocard» et lardons d'athéisme. - Id., ibid., p. 8^8.
Il avoit rêvé tout ce qui luy estoit arrivé, dont les autres ne purent se tenir de rire et de luy en jetter à chaque moment des brocard».
D'OuviLLE, Conte», i6AA; Paris, Jouaust, i883, II, p. aaa.
Chers enfans de la médisance.
Qui jadis par toute la France Fites valoir mille escus-cars Le moindre de tous vos brocart.
Saikt-Amart, (Euvr., bibl. elzév., I, iDy.
Laissons-là les choses saintes
De peur de les profaner,
Et songeons à terminer
Et nos brocard» et nos plaintes. - Id., ibid., II, k'jo.
ï/aisnée, on termes goguenards.
Sans respect nous dit ces brocard» . . .
RiciiER, Ovide bouffon, 1663, p. 555. - Cf. Id., ibid., Aiii et 58 1.
39 Vous n'entendrez partout qu'injurieux brocard». - Dkspb. , Ejnt. X.
:tc Ni Ménage ni Borel n'ont donné l'étymologie de ce mot, très ancien dans la langue; on le trouve déjà dans Palsgravc (i53o), brocquart^ avec la traduction nyckenatne, que Cotgrave (i6ti, i639, i65o) retraduit par impropere , sobriquet.
M. Littrc a risqué une étymologie ; il pense que brocard vient de Burchard ou Brocard, évéque de Worms, dont le nom serait resté attaché à un livre de sentences de droit; ces sentences du brocardicum opu» devaient avoir un tour vif et dégagé, si bien qu'une parole railleuse, ayant le même tour, prit le même nom. — Sur ce point, le doute est permis.