C.o brouillamini bigarré
Rendoit le monde aussi sçavant
Qu'il pouvoit estrc auparavant. - Riciirr, Ovide bouffon, 166:1, p. a-3.
S'il falloit adopter tous les enfants qui ressemblent et désavouer tous ceux qui ne re^siMiJilent pas, on vcrroil un l>eau brouillamini dans les familles.
Regxard et DuFRESRT, La Foire Saint- Germain, III, 6.
Je vois sur votn* teint bien du itrouillamini, «- Rbgnard, Lm Coquette, II, i5.
Je ne sais pas encore tout à fait ce que c'est que le mariag^e. — C'est comme, par exemple, une chose où Ton est ensc^mble. . . Votre père. . . avoit épousé. . . votre mère. . . ça faisoit qu'ils esloient deux; et comme ça, votre grand-père,. . • d'un côté , . . . la nature ... on ne sauroit bien expliquer ce brouillamini,
Id. , llom, à b, forL, II, 3.
• Le premier dictionnaire où nous trouvions ce mot est le Diction, des nW< de 1668 : brouillamini, désordre.
Les dictionnair(\s de Duez et de Ces. Oudin (1660) le recueillent comme une corruption de vbolarmrniov, 1k)I d'Arménie, sous la forme brouillaminis , comme Scarron; Bichelel en 1680 donne ftbrouillnmini, mot burlesque, pour marquer quel<}ue chose d'oliscur et d'embarrassé îj. En 1 690 , Furelière ne* donne à ce mot d'autre sens que r terre nnige et visqueuse, naturellement s«?cbe. avec peu d'odeur et de saveur. Quelques-uns la confondent avec le bol d'Arménie et disent que ce uïot s'est fait par corruption de bolli armenici. L(»s médecins s'en servent souvent. Les peintres s'en servent aussi. « En 169/1, l'Académie (i'* édit.) détinit ft brouillamini y drogue où il entre de plusieurs w»rtes de choses en confusion n. On dit figurément : «rC'e^t mi bi'ouillamiui que cette alVaire, pour dire que c'est une affaire où on n'entend rien.?» — La même année. Th. Corneille, dans son Diction, des sciences et des arts, reprend l'explication de Fun»tière en y ajoutant le sens figuré. — Nous pensons que brouillamini a été fait simplement de brouiller^ avec, cette terminaison en mini qu'on retrouve dans catimini; \o sens primitif serait Cflui que nous trouvons dans Scarrf)n et dansMofière; le mol aurait ensuite été appliqué par les peintn^s et les apothicaires à ime substance composée pour leur usage.