‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 212 sur 395 · BUREAU · texte numérisé non relu

BUREAU

1697 Esprit lâche et grossier, quelle bnUalUé

Te fait juger en moi tant de crédulité? - Com., HéraeL, IV, 5.

La gloire d'un si beau nom (le nom des Anlonins) ne fut effacée ni par la molesse oe Lucîus Verus. . ., ni par les brutalitez de Commode, son fils et son successeur. - Bossoir, HisL univ., m-li% 1681, p. 101. - Cf. Id., ilnd., p. ââo.

La brutaUté est une. . . dureté et j^ose dire une férocité qui se rencontre dans nos manières d'agir, et qui passe même jusqu'à nos paroles. - La Bbut., I, 66.

Bureau, réunion, assemblée.

Paris est le grand bureau des merveilles. — Prie, rid.y se. 9.

On apportoit du bureau durant le souper, ou en la serée, tout ce qu^on avoit faict ou apprins là de nouveau. - 6. Bouchr, Seré$$, Y, 106.

HLes Pretiouses ont esté en conversation toute Tapres disnée : — Les Prctieuses ont tenu le bureau tout le midy.

SoMiizi, Grand Diction, deê PrétiiUêêt, I, p. 63 de notre éd.

Paris. — Il faudroit n^avoir point de raison pour ne pas confesser que toutes les bonnes choses abondent dans Paris : — Il fauaroit estre l'antipode de la raison pour ne pas confesser que Paris est le grand bureau de$ merveUlee et le centre du bon goût. - Id., Le Gr. Diction,, p. ut (diaprés Molière).

667 Là, du faux bel esprit se tiennent les bureaux, - Dbspr., Sat, X.

Est-ce ce financier, de noblesse mineure.

Qui s'est fait, depuis peu, gentilhomme en une heure?

Lui qui voyoit jadis, imprimé sur sa porte :

Bureau du pied-fourché , chair salée et chair morte? - Rioihbd, Joueur, IV, 9.

* Palsgravc (i53o) n'a pas ce mot; dès i56q, cependant, il paratt dans le Diction,

Jr,-lat. do Rob. Estienne, puis dans le Nicot de 1073, sans qu'on le retrouve dans

Lee Mote français telon l'ordre des lettrée (i559, Lyon, Payen). Il est à remarquer que

M. Godefroy ne l'a pas recueilli, bien qu'il figure dans le Roman du Renard (xiii* siècle),

dans le Roman des neufe Pretix, etc.

D'après le sens primitif, le bureau était, comme la bure, une étoffe grossière.

Plus tard, le bureau qui couvrait, comme un tapis, la table de certains commis, fut

f>ris pour cette table elle-même; et cette table, autour de laquelle on se rangeait, pour a salle où était cette table ; puis enfin cette salle où l'on s'assemblait, pour une assemblée, une réunion :

trA la vérité, on appelle bureau une table où écrit un commis; mais, c'est à cause de la bure, ou, comme on disoit autrefois, du bureau qui la couvre; c'est ainsi que la petite toile qu'on étend sur la table où la coquette prena et dépose ses appas, fait donner à celte table le nom de toilette.» - Domibgob, Manuel dee étrangère, p. 119.

Au XVII* siècle (i636), Renaudot fonda le bureau d'adresse, sorte de bureau de placement, d'agence de ventes et locations, de local de conférences, etc. Les Conférencee du bureau d'adresee ont été imprimées en plusieurs volumes, en 1661.

Donc le bureau d'adreete en est aux Tuileries.

Td. Coarr., Amour à la mode, II, 3.

Voulez-vous qu'une fille aille s'enterrer toute seule avec un vieillard qui est le bureau d'adresse de toutes les fluxions et des rhumatismes qui se distribuent par la ville? - Rkgrard et Dupr^tit, Foire Saint-Germain, II, 1.

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