‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 232 sur 395 · CAPOT — CAPRICE · texte numérisé non relu

CAPOT — CAPRICE

Le Rodomont piéline encore

Gomme un capitan matamore. - Ricbbi, Ovide bouffon, 166 a, p. Sac.

Le eapitan ny les soudrilles

N*y traisncront point leurs guenilles. - Id., ibid,, p. 589.

Dès les premières barricades , Sans recommencer les frondades, Il falloit bien prendre son temps, Et non pas, comme des Jocrisses, En souarlUes et capitatu Dépenser toutes vos épices.

ScABBon, Œuvr,, Paris, David, 1700, p. 178; chanson sur le Blocus de Parie,

Dans les deux derniers exemples, aiqnian ne signifie autre chose que capitaine, chef nUU' taire.

Capot.

399 Et par un six de cœur, je me suis vu capot. — Fâch., II, 3.

* Voir Pic, repie et capot.

Capricant (Pouls).

3te Voir Pouls capricant.

Caprice.

liSo Prince, prends garde au moins qu*un aveugle caprice

Ne te conduise ici dans quelque précipice. - D. Gare., Il, &.

* Il s'agit ici d'un soupçon jaloux, qui est un aveugle caprice.

58o Je veux bien me purger, pour votre seul supplice

Du crime que m'impose un insolent caprice. - Ibid., II, 5.

807 Je rougis de ma faute, et blâme mon caprice. - Fâch., III, 5.

C'est une chose admirable, que tous les grands hommes ont toujours du caprice, quelque petit grain de folie mêlé à leur science.

Méd. malgré lui, I, &.

* Le poète Saint -Amant a donne le nom de Caprice à plusieurs de ses poésies; on en trouve un aussi dans les œuvres de Montreuil , et cette pièce est citée par le S' de La Croix dans Y Art de la Poésie franc, et lat,, 169&, p. a 66, comme un genre de poésie particulier.

El le caprice, avecques sa peinture.

Qui fait bouquer et Tart et la nature,. . .

Ce brave auteur de tant de balivernes,

Quoy qu'inspiré du démon des tavernes , ,

N'ose parestre et n'a plus de crédit. - Saint-Amant, (Euvr., bibl. olzév., 1 , Ht 7.

CAPMCIEUX 331

Ami, veux-tu savoir touchant ces deux sonnets. • .

Ce qu*on peut dire avec justice?. . .

L^un sent un long effort , et l'autre un prompt caprice.

Coin., X, 198 : Po^. div.

a 6 Pour moi, j'écoutois tout et mis dans mon caprice

Qu'on ne deviiioit rien que par votre artifice. - Id. , Suite du Ment. , 1 , 1 .

Le caprice de notre humeur est encore plus hisarre que celui de la fortune.

Li RocBBP., I, Ug.

317 On me verra toujours sage dans mes caprices, - Dbspk. , Sat. IX.

i83 II se soumet lui-même aux capricee d*autrui.

lD.,,t6û2. - Cf. ibid,, vers 7, 3i, 77; - Sat, X, 181 ; - Ép., III, 99, 78; - Ep., V,6;-é/>., VI, 106.

1793 Le temps presse : courez. Il ne faut qu'un caprice, - Ric, Britann,, V, 8.

Le caprice est dans les femmes tout proche de la beauté, pour être son contrepoison. - La Bamr., I, 17/i.

Et je dis qu'il n'est point de vertu ni de vice

Qui ne change de nom suivant notre caprice, - Rigsabd, Épit.

H. Estienne s'est vivement élevé, à deux reprises, contre l'introduction dans notre langue du mot ital. capriccio, dont nous avons fait caprice :

(tPhilausorb. Je m'esbahy quel caprice a pris à l'auteur de ce quatrain. . . — Cilto- PHILB. S'il esloit ici, il vous renvoyroit bien, avec vostre capricce et avec toutes ces autres parolles escorchees, dont mes oreilles crient vengeance contre vous. . .» - P. 5o.

(tPhil. Parlons d'un autre, qui estimet que j'eusse le plus grand tort du monde de ce

Sue je le reprenes quand il diset sa capricce, et ne voulet croire aucunement qu'il falet ire son capricce, — Cbltopb ... Je prendray la hardiesse d'inteijetter une question touchant le mot dont a esté tiré capricce : asçavoir touchant le mot capriccio . . . Aucuns disent que ct^pricce, c'est proprement quand les cheveux nous dressent en la teste par grande frayeur. . . D faudrait, suivant cecy, que capriccio fust dict quasi capo arricciato, . . Mais

Î[uant à moy je confesse que l'usage lequel nous donnons à ce mot capricce après les taliens, quand nous disons : Quelque capricce Va pris, on: Il a pris quelque capricce, ou : Il est entré en quelque capricce. . ., ne s'accorde aucunement avec cette signification du mot capriccio : et qu'il nous est force de venir à ces belles bestes que les Italiens appellent câpre, nous chèvres, pour trouver ce que nous cerchoos.

ff . . . On dit que capricce c'est une volonté de faire quelque chose : laquelle volonté vient subitement é quelqu'un, sans aucune raison, ou pour le moins sans aucune raison apparente . . .

(r Je di que nous pouvons aussi bien nous passer de capricce que d'aucun autre mot, et que, au lieu de dire : Quelque capricce l'a pris, ou : Il a pris je ne sçay quM capricce, ou : // est entré en je ne sçay quel capricce, nous pouvons parier ainsi en bon françois : Je ne sçay quelle mouche Va piqué, ou (en usant d'un beau mot extraict de la langue grecque) : Je ne sçay quelle fantasie luy a monté à la teste, ou.: Il a pris suintement une fantasie.n

Deux Dial, du nouv, long, franc, italianizé, édit Liseux, t. I, p. tZg-iUk.

H. Estienuo donne encore d'autres équivalents : Je ne sçay quelle quinte ou quel humeur l'a pris.

Capricieux.

io45 Songez que votre* bras, Comte, m'est nécessaire, Et d'un capricieux quels que soient les transports. Qu'à punir nos tyrans il doit tous ses efforts. - D. Gare., III, 3.

s38 capriole — caquet

Carriole : faire la capriole.

1 i i& Et ces yeux te verront^âtr^ la capriole. - Dép. am,^ III, lo.

Uo danceur est-il moins excellent, pour faire une capriole fauce, «près trente justes et galantes? - M'^ de Godinat, L'Ombre, 1637, p. 696-6a5.

Si j^y faux, croix de paille! ils feront des capriollcs en Tair.

Comte DB CiAHAiL, ComSd. dei Prov., III, 6.

Lorsque j^ay ycu vos banderoles, J*ay fait quatre ou cinq capriole».

ScARROH, Virg, trav,y Paris, David, 1706, U, p. a5G. - Cf. Id., ihid,, p. 901.

1A7 Une bombe sifflant, grondant,. . .

Entra par une capriole Au logis d'un maître d^ëcole. - Lobbt, Muze hittor,, 6 octobre 1667.

Jupin chassa monsieur son père.

Et luy fit faire de travers Une capriole aux Enfers.

RiGHBi, Ovide bouffon, 166s, p. 11. -Cf. Id., t6td.,p. 84, s36, 368.

Où trouverex-Yous. . . un jeune homme qui s*élève si haut en dansant, et qui fasse mieux la capriole T - La Bbut., I, 17 g.

* Voir, au mot Cadence, un passage de d'Ootillb, ci-dessus, p. 3iâ.

Le Dictionnaire de Nicot (1673, 1606, 1618, i6a5) ne donne pas cabriole et admet capriole dans le sens d'une certaine espèce d'herbe; Cotgrave (1611, i639, i65o) et Monet (1630) donnent les deux formes, cabriole et capriole, qu'on retrouve dans Richelet (1680), Furetière(i69o) etl'Acad. (i6û&, 1718, 17&0). Mais, à partir de 1763, l'Acad. n'admet plus que cabriole» — Dans les nemarquet qui précèdent la i** édit. de son Dict., Richelet dit : «J'ai dit que cabriole et cabrioler étoient plus usitez que capriole et caprioler. Je ne me puis encore retracter. Capriole et caprioler venant de i'ital. capriola semblent les plus réguliers. Plusieurs personnes qui traittent des arts écrivent et prononcent capriole et caprioler. Mais tout le reste du monde qui parle bien, écrit et prononce cabriole et cabrioler. Il est libre là-dessus de suivre son inclination.»

René de Meuon, dans la Pratique du Cavalier, in-4*, iG5o, a onze chapitres ou leçons sur la capriolle; Guillet, dans les ArU de l'Homme d'eepée, in-t8t tôSa, parle aussi de la capriole.

CAPRISSANT : POULS CAPRISSANT.

* Voir Poule capricant.

Caquet, bavardage.

787 Vous n'accuserez point mon caquet désormais. -Dép. am., Il, (>.

83/i Par son trop de caquet, il a ce qu'il lui faut. — Ëc. d. Fem. , III , 3.

Il me divertit avec sa voix, et toi tu m*étourdis de ton caquet.

Princ. iÉl.j a* interm., se. 1.

100 A tous les sots caquets nous n'aurons nul égard. - Tari., I, 1 .

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