‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 285 sur 395 · CHEVAL — CHEVIR · texte numérisé non relu

CHEVAL — CHEVIR

« Cette prononciation paysanne de cheux pour chez, de queuqM ou quéquê pour quelque, laqueulle pour laquelle , avait (^agné la ville et même la cour.

En effet, en 16/17, Vaugelas(édit. Chassang, II, 169) dit : «Deux mauvaises prononciations qui sont très communes, mesme à la Cour. LVne. . . est de dire cheuz voue, clieuz tnoy. . . au lieu de dire chez vout.n — En 1687, Th. Corneille constate quVil y en a qui prononcent encore cheux vou$ pour chez voutu.

Plusieurs patois changent ainsi le son e ou ai en eu; en Anjou, par exemple, entre Angers et Saumur, on (Ut encore cheux, laqueulle, \mefeuve,feuble, pour chez, laqu^le, unaftve, faible.

Cheval : trouver dans le pas d'un cheval, locution.

Croit-il, le traître, que mille cinq cents livres se trouvent dans le pas êHun cheval? — Fourb, de Scap.^ II, 7.

3|e Cette locution, proverbiale et d^usage courant, a été recueillie par Le Roux de Liincy dans son Diction, dee prov, franc»; il semble qu'il Tait tirée de Bruscambille.

Cheval de carrosse.

Eh! mon Maître d'armes! — Comment? grand cheval de carrosse.

Bourg, gent., H, 9.

* Le cheval de carrotee est un grand cheval. Molière fait ici allusion è la taille de Pacteur de Brie, qui jouait le maître d'armes.

Le chevalier de Nogent étoit une manière de cheval de carroete.

Saikt-Simon, Mémoire», année 1708.

Cheval : monter sur ses grands chevaux, locution.

5 1 3 Dessus ses grands chevaux est monté mon courage. — Sgan. , se. 91.

Il pétille, il court, il tracasse,

11 monte sur »ee grande chevaux.

Il trotte par monts et par vaux. - Richkb, Ovide bouffon, 1663 , p. 109.

Chevet (Épée de).

le Voir Epée de ehevet.

CheVIR, venir à bout; vieux mot.

Nous ne saurions en chevir. - D, Juan, IV, 3.

Quand du joyau on peut chevir. - Farce du frère GuUlebert (vers la Gn).

J*ay advisd

Comme >ous en pourrez chevir, - Farce du Savetier,

Page 1