‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 293 sur 395 · CHROMATIQUE — CIRCONSTANCE · texte numérisé non relu

CHROMATIQUE — CIRCONSTANCE

services quHls ont rendus. . . aux souverains Ponlifes»; 5° parce que «tous ces grands et riches Estais de TEdisc sont des tiltres perpétuels et des monuments vivants de la dévotion de ces mêmes Rois.7)

Chromatique, terme de peinture , d! abord y puis de musique.

Il y a de la chromatique là-dedans. — Préc, rid., se. 9.

Attendez. . . Doucement. . . Mon démon de musique

M^agite et me saisit ... Je tiens du chromatique. - Reoh ard , Folie$ amour. , II , 7.

% La chromatique, en peinture, c^est le coloris, du grec /^Sfia^ couleur; en musique, il y avait trois genres : k diatonique procédait par tons; V enharmonique y par demi-tons diésés; la chromatique, par demi-tons némolisés. - Voir Richelet, FuBBTiàRE.

trli y a trois espèces de Musique. Premièrement, la Diatonique estcndue, ou molle; la deuxième Chromatique (c'est-à-dire), entonnée, ou molle, ou d'autant et demy, qui sont ses trois espèces; la troisième Enharmonique, c'est-à-dire parfaite harmonie, qui est trop pleine d'artifice et est seulement pour les doctes. Comme aussi dans la deuxième , la première est en usage. ?> - Le P. René François (René Binet), Euay det Merv. de la nat, m-ii% 1636, p. 5 10.

Chute : La chute d'un sonnet, d'une phrase.

333 La chute en est jolie, amoureuse, admirable.

— La peste de ta chute! empoisonneur au diable. - Misaruh, ,1,3.

Et puisque vous soufirez , souffrez que je vous aime. N'est-il pas vray. Madame, que vous ne vous attendiez pas à cette chute?

Le Pats, Amitiée, amoun, etc., i665, p. 398.

Le sens, la chute, tout m'y paroit admirable. ,

Li Font, IX, si3 : Eptt, à Af. Girin.

Je. . . fis quatre couplets de chanson, dont la chute me paroissoit touchante et amoureuse. - Araspe et Simandre, 1673, I, p. 107-108.

Cl, ici, là.

t Voir ci-dessus, p. 35o, Ceci ou Ce ci.

Circonstance , occasion.

1688 Et la chose sans doute est assez d'importance. Pour affecter (rechercher) la circonstance De Téclaircir aux yeux de tous. - Amph., 111, 5.

Circonstances.

La noblesse, de soi, est bonne. . . ; mais elle est accompagnée de tant de mauvaises circonstances qu'il est très bon de ne s'y point frotter.

G. Dand.j I, 1.

CIRCULATEUR — CITOYEN 403

Les affaires el les actions des grands hommes, comme les statues, ont leur point de perspective : il y en a qu^il faut voir de près, pour en bien discerner toutes les circonstance», - La Rochef. , I, 76 : Var.

Il faut éviter de l'envisager (la mort) avec toutes ses circonitancêi , si on ne veut pas croire qu'elle soit le plus grand des maux. - Id., I, aia.

Gomme les narrations en vers sont très malaisées, il se faut charger de circonstancet le moins qu*on peut. - Li Fort., IV, i5i : Contet, Préf. de la a* part.

ClRGULATElR, CIRGtLATlON.

Jamais il n'a voulu comprendre ni écouter les raisons et les expériences des prétendues découvertes de notre siècle, touchant la cirada' don du sang. . • — fai, contre les circuiaieurs , soutenu une thèse.

Mal. imag.f II, 5.

Je leur ferois bien voir par son systole et diastole le mouvement de la circulation du sang. - Haotbrochb, Crigp, méd,, II, /i.

t n s'agit ici de la découverte de la circulation du sang, due au médecin anglais Harvcy en 16^8, cl dont Thonncur lui fut longtemps contesté, comme on le voit par les Lettres de Guy Patin.

Circulateur, malgré l'autorité de Molière, n'a pas trouvé place dans le Diction, de VAcad.

Citoyen, habitant, bourgeois d'une ville.

288 Hé bienl comment encor trouvez-vous cette ville? — Nombreuse en citoyens, superbe en bâtiments.

Éc, des Fem.y I, i.

Je voudrois demander à ce Monsieur Ârnolphe {École des Femmes) ou plustost à Élomire (Molière), s'il sçait bien que ce que nous appelons un grez est un pavé qu'une femme peut à peine soulever, et qui, par conséquent, estant capable d'assommer un homme tout d'un coup, ne doit pas estre jeté en plein jour par une fenestrc, et surtout dans une ville qu'il dit estre tr nombreuse en citoyensn, - Zélinde, i663, se. 3.

i5 Apollon, citoyen de ces augustes lieux. - La Font., III, aSo : FabL, XII, la.

^91 Les Troyens

Ont laissé de leurs murs la garde aux citoyens :

Leurs guerriers vont sortir. ~ Id., VII, 61g : Achille, II, s.

Albe fut vaincue et ruinée; ses citoyens, incorporez k la ville victorieuse (Rome), l'agrandirent et la fortifièrent. - Bossubt, Hist, tint'v., in-&*, 1681, p. 35.

Les Citoyens cl les Etrangers admiroient la majesté des Rois d'Israël.

Id., ibid., p. ai3. - Cf. Id., ibid,, p. 3aa, 3aG, âgo-^Qi, 5a&, 55i, etc.

Au retour d'une cavalcade qu'il aura faite avec d'autres citoyens,

Li Brut., I, 7/1.

aO& CIVIL — CIVILITÉ

Citoyen, concitoyen.

269 Savez-vous qui peut être un de vos citoyens? - lie. desFein., I, û.

Couvert du sang de leurs citoyen», - Malh., Il, i53.

Sylia étant méchant rendît ses citùym» bons, et Lysandre rendit ses citoyenê pires que lui. - Rac, VI, 996. (Lttr. armot.)

Dés le premier Consulat, P. Valerius, consul, célèbre par ses victoires, devint suspect à ses citoyent,

BossuBT, HÎBt. iintv.;in-6% 1681, p. 5i-5â.~ Cf. Id., tbid,, p. 55, 71, 99, 968.

* Le mot concitoyen existait cependant ; on le trouve même dans Bossuet :

Athènes. . . peut se plaindre avec sujet d'avoir gemy sous leur aulhorité, depuis autant d'années que l'ambition a commencé de se glisser par les citoyens, Philistrate fut un des plus remarquables qui s'élevèrent au commandement do leurs concitayen$,

Cléoduline, par M"' de M. (de Miiué), ]658, p. aSa.

D (Titus) leur envoya (aux Juifs) Josephe, leur Concitoyen, un de leurs Capitaines, un de leurs Preslres. - Id., ibid,, p. 317.

Civil, poli, courtois.

Ses parties sont toujours fort civiles. . . Oui, mais. . . ce n'est pas tout que d'être civil, il faut être aussi raisonnable. ~ Mal. imag,, I, 1.

Laissez-nous voir sa grâce et son discours civil

Arrêter un torrent de fureurs légitimes. - Corn., IX, Sa. (Louange$,)

Les vieillards sont galants, polis et civile, - La Brut., I, 837. J'enragerois qu'un autre fût plus civU que moi. — Voilà du civU qui pourroii bien nous mener au criminel. - Rbg5Arj> , Fillee err. ,1,7.

Hfi Lorsque le voisin de Madame dit qu'il la trouve affable et courtoise en son endroit , il ne s'exprime pas poliment , parce que ces mots de courtoie et ê^ affable ne sont plus guère dans le commerce aes gens du monde , et les mots de civil et ^honnête ont pris leur place , de même que c«ux de civilité et di honnêteté ont pris la place de courtoieie et d'affabilité, - Dr GALLtiRRs, Du bon et du mauvais usage, 1693, p. 178.

Voir Civilité.

Civilité, politesse, courtoisie.

Mon Dieul notre gendre, que vous avez peu de civilité de ne pas saluer les gens quand vous les approchez! - G. Dand., I, i.

Il n'est pas de la civilité qu'un médecin visite un mort.

Pourc, I, 6.

<336 Nous ne nous combattrons que de civilité, - Cor:^., Polyeucte, II, 5. Allons le voir. — Pourquoi cette civilité? - Th. Corn., D, Juan, III, 7.

CIVIUTÉ 405

Madame Scarron a esté à Saint-Mandé. Elle est fort satisfaite de ia civilité de Madame la Surintondante. - Scarron, Dem, œuvr,, Paris, David, 1700, I, p. 55.

La civilité est ie désir d'en recevoir et d'être estimé poli. - La Roghbp., I, 137.

Il ne pouvoit se résoudre à la voir. Cependant la civilité le voulut, et son cœur Ty portoit - M"* db SccoéRT, Mathilde, 1667, p. i3^. - Cf. lo., ibid., p. i&i ; â36.

Laissons ces vains discours où la sincérité

A souvent moins de part que la civilité, - Mohtflburt, Trigaudin, 1,3.

Je pris grand soin de faire croire à Circéine que j'estois fort occupé, et à ne iuy tesmoigner pendant quelque temps qu'une civilité assez indifférente.

Aroipe et Sitnandrê, 1679, I, p. 110-111.

Le mot 'de civilité ne sienifioit pas seulement parmi les Grecs la douceur et ia déférence liratuelle qui rend les hommes sociables : Thomme civil n*estoit autre chose qu'un bon citoyen, qui se regarde toujours comme membre de TEstat, qui se laisse conduire par les Loix et conspire avec elles au bien public , sans rien entreprendre sur personne.

BossuBT, Hitt, Univ., in-6% 1681, p. 684-/i85. - Cf. Id., ibid., p. 687.

* «Ces grands carosseurs sont les comédiens de la vie civile; s'ils sça voient que les personnes de sens rassis se rient de ces pantalonnades, selon ce principe que quiconque aime et loue tout le monde, n'aime et ne loue personne, puisqu'il ne l'aime et ne le loue que par grimace , ils se garderoient bien d'extravaguer de cette manière ... ; et alors ib seroient civili, honnestes et sincères envers tout le monde, comme tout honnête homme doit être, mais avec la circonspection qui est et doit toujours être la compagne inséparable de ia civilité, aussi bien que toutes les autres vertus. La civilité n'entend nullement qu'on se prostitue. 7) - Courtin, Traité de la Civilité qui $e pratique en France parmi le» honneetee gène, p. a3i.

Voir, ci-dessus, Gvil,

Civilités, politesses, égards, témoignages de civilité : faire ou

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