‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 305 sur 395 · COFFRER — COHUE · texte numérisé non relu

COFFRER — COHUE

Coffrer, emprisonner.

1677 Par les soins vigilants de Texempt Balafré,

Ton aiïaire alloit bien, le drôle étoit coffré, - VEu, V, 1.

On les coffra bon gré, mal gré, et ic lieutenant demeura escumant, comme un porc, par la bouche. - Chapelain, Trad. de Guzm, d'Alfar,, i63o, III, p. a83.

Quand mes créanciers me virent coffré, ils accoururent tous, et m'y arresterenL et recommandèrent. ~ Id., ibid., III, p. 336.

Quand on le coffrëroit, la prise seroit belle.

Th. Corn., D, Char d'Avaloi, III, 6.

Dès demain, je les veux faire coffrer tous deux. - Poisson, Faux Motcov., se. a.

S'il ne me paye pas aujourd'hui, je le ferai coffrer demain.

Rbgnabd, Retour imprévu, se. iq.

Cohue, aufig.j réunion confuse, tumultueuse.

Madame. . . dans un quart d'heure, nous pouvons passer dans la salle. — Je ne veux point de cohue y au moins. — Escarb.y se. /i.

Maître iËnëas eut Tâme émue De voir celte grande cohue,

Scarron, Virg. trav., Paris, David, 1700, II, p. i35.

La mère, s'estant relevée.

S'en alla , comme une endevée . . .

Hors du logis, courant les rues

El de cohues en cohuee. - Richer, Ovide bouffon, 166a, p. â6a.

808 Un désordre, un cahos, une cohue énorme. - Rac, Plaid,, III, 3.

Nous l'avons rencontrée au liout de l'avenue ... /

Avec Momus, tous trois suivis d'une cohue, - Re6?!Ard, Mariage de la Folie, se. a.

Quelle cohue est-ce donc. Mesdames? Voilà un embarras terrible I Un enterrement, im troupeau de hœaî^ et deux charrettes de foin qui ne snuroicnt passer. Rbgrard et DuraéNT, se. des Carrosses, ajoutée à la Foire Saint-Germain.

* Dans le sens propre , on donnait le nom de cohue à un marché , et à c« marche pouvait se payer un droit de cohuage; on le donna ensuite aux séances des juges pédanés qui se tenaient les jours de marché.

(tEs ordonnances de l'eschiquier de Normandie de ]383, c'est l'assemblée des oflicicrs justiciers, qui se fait en certain lieu et auditoire pour juger les procez. . .

fx Cohuage est un droit qui se prend sur les cohues ou les marchez. . . On peut connoitre ce que c'est que ce droit par l'extrait qui suit d'un ancien aveu rendu en 1673 au comte d'Anjou par M. de la Trimouïlle : fxttem, somme de beurre venant de Bretagne crdoit deux deniers d'entrée, maille de coutume et un denier de cohuage, . . ?) La cohue est donc un marché. . . » - Raoueau, Gloss, du droit franc.

C'est dans ce sens propre d^asscmblée de juges un jour de marché que le mot cohue est employé par Loret :

167 Prenez donc cet or promptement Ou je vous fais commandement De comparoir a la cohue, - Loret, Muie histor., 96 septembre i653.

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