‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 31 sur 395 · AIGUILLETTE — AIMER (S · texte numérisé non relu

AIGUILLETTE — AIMER (S

Il ne brilla point d'abord par les dorures de soldat, quoyque les profits de ses quartiers d'hiver l'eussent rendu fort opulent en chamois brodé, éguUlette$ touffues et plumes de toutes les couleurs. - Sgarror, Dem. CEuvr., I, i6h.

aag A corps perdu sur luy se jette, Rompit son unique aiguiUêtte, Dont son haut-de-chausse tomba. - Lorit, Muz$ hi$t,, i5 mai 1660.

Pour avoir des plumes au chapeau,

V aiguiUêtte à la mode et le ruban nouveau ,

Pour être chaque jour brave comme un dimanche ,

Et me faire crayer icy la botte blanche.

Faut-il trancher du prince? - Gaisir, Le Campagnard, 1667.

* Palsgrave (]53o) voit dans VesguUlêlte une sorte d'épingle pour tenir les chausses, poyntfor one*i hœe : il confond V aiguiUêtte, qui est un lacet ou cordon (laqueolue. Roi. Est., 16/19), avec le ferret qui la termine. — Richelet définit VeguUlette : «tUn morceau de tresse, ferré des deux bouts, dont on se sert par ornement ou par nécessité.?) — Déjà, du temps de Molière, quelques vieillards seuls s'en servaient «par nécessité?), comme on le voit ici. Antérieurement, les femmes de mauvaise vie étaient obligées d'en porter sur l'épaule : «Si quelque fille a déjà fait faute et veut continuer de se prostituer, le portecleCs ou capitaine des sergents, l'ayant prise par le bras, la mène par la ville, le tambour battant et avec YaiguUlette rouge sur l'épaule.-? {Stat, de la Reine Jeanne, cité par Astnic, De morbis venereis.) Pasquier, dans sa jeunesse, a vu encore cet usage suivi à Toulouse ^Hecherehee de la France). Plus tard, on s'en servit comme d'un ornement : à la fin du xfii* siècle, on appelait ainsi des touffes de rubans ou de cordons ferrés que l'on mettait au bas des chausses ou aux impériales de carrosse, seulement pour les orner. - FuaniàRK, Diction,

Du mot aiguUlette, Molière a fait aiguUUté,

AlGCILLETER.

Un amant aiguilkté sera pour elle un ragoût merveilleux.

LMv.,II, 5.

3(c (T Autrefois, dit Furetière (Diction.)^ on cstoit toujours aiguUleté, pour dire qu'on avoit le haut-de-chausses attaché au pourpoint avec des aiguUlettee^Tt

Aimer (S'), se plaire.

A Tu me plais loin de moi. — Je nCame où tu n'es pas.

Mélic., I, 1.

Le nom du grand Theutates,. . . et celui de Hésus, Tharamis et Belenus, qui sont aux trois branches,. . . font bien cognoistre que Dieu s'y aime, et qu'il veut y estre adoré. - D'Urpé, UAetrée, 1616, U, p. 708.

C'est une Déesse . . . qui s'aime mieux en cet endroit que si on lui avoit donné . . .le plus bel appartement. - La Fort., IX, 960. - Lettre à sa femme*

Il s'aime mieux dans un tronc d'arbre ou dans une goutte d'eau que dans un palais ou sur un trône. •> Pascal, g' Protfinc,

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