COMMODITÉ
3i( 11 y avait des commttsairei de toute sorte : conmiistaire» de Tartillerie , etc. Mais ici Harpagon veut parler de ces officiers qui portaient le titre de Commmaxre» examinalettr$ du Chàtclet de Paris : des lettres de Philippe le Bel , en date du 1 8 décembre 1 3 1 1 , leur réservaient toutes les informations, enquêtes et auditions de témoins, à Texclusion des auditeurs, notaires et grefliers. Des lettres de Charles VI, du i6 juillet i6io, montrent que leurs attributions se sont étendues; on y lit : tr Combien qu^eux et leurs prédécesseurs csdits ofiices ayent exposé et exposent jour et nuit, tant à Paris comme dehors, et mesmement lesdits examinateurs , leurs corps en plusieurs grands périls et fortunes , pour le bien et exaltation de nostredite justice, tant en suivant et faisant faire prinses manuelles de larrons, meurdriers, ravisseurs de femmes et autres malfaiteurs et autres délinquants criminels, comme à enquérir la vérité des excez et delicts par eux commis et perpétrez tant par information qu autrement. . . n - Girard, Traité deê office».
Les comvmêairet n*a valent pas seulement à poursuivre les «r ravisseurs de femmes», comme dans Y Ecole de$ Marte, ou les (r larrons et meurdriers», comme dans V Avare; diaprés Delamarre (Traité de la police, t. I,paMim), ils étaient «du corps des juges»; ils subissaient trie même examen que les conseillers à leur réception»; ils portaient le titre de (T conseillers du Roi»; leur nombre avait été porté successivement de huit à seize, puis k trente-deux , quarante-huit et même cinquante-cinq. Us veillaient à Texécution des règlements concernant les halles, les marchés, et surtout les apports de blé; on trouvait chez eux les adresses des maçons, charpentiers et couvreurs cle leurs quartiers respectif; ils avaient finspection du guet de nuit, la surveillance de la voirie, le soin des pauvres, des devoirs périlleux en temps de contagion, etc.
Commodité : être en commodité de . . .
Marotte. Voilà un laquais qui demande si vous êtes au logis. . . — Madelon. . . . Dites : voilà un nécessaire qui demande si vous êtes en commodité d'être visibles. — Prcc, rid., se. 6.
* Somaize n*a pas manqué de relever cette expression. — Voir : «rDites-moy, si vous plaist , si Ton peut voir Madame ? — Dites-moy, si vous plaist , si Madame eet en commodité d'csirc vbible.» - Grand Diction. ^ p. lvhi, t. I de notre édition.
Commodité; commodités de la conversation, sièges.
Vite, voiturez-nous ici les commodités de la conversation.
Préc. rid.f se. 9.
Tout ce jour se passa de ceste sorte . . . sans que le jeune Berger perdist une seule commodité de me faire paroistre son affection.
D'Ubfé, L'Aetrée, 161/i, I, p. 88" et 89'. - Cf. Id., ibid., I, p. ^li\
Un jour qu^il la trouva à commodité^ il résolut de luy déclarer «on affection.
Id., ibid,, I, p. 97*.
Filidas, Amidor et le dissimulé Filandre arrivèrent dans la chambre de qui les fenestres fermées nous donnèrent assez bonne commodité de cacher nos visages.
lo., ibid., I, p. 186*.
J'ai baillé votre diamant. . . à M. de Vergons;. . . je n*eusse su choisir une plus sûre commodité. - Malb., lll, ao.
L'homme par qui j'avois accoutumé de vous faire tenir mes lettres n^étant pas en vos quartiers , ... je ne pouvois tenter une autre commodité. - Id. , IV, 1 88.