COMMUN
Respectez Nicandre aujourd^huy.
Et n*cmployct plus contre luy La commodité de vos plumes.
Saijtt-Ajiaict, Œucr,, bibi. elzév., I, p. 187.
Vous aurez la dissertation par la première commodité sûre qui se présentera.
Balz., Lettr, à Conrarl, i3 novembre i65].
Si le commerce eust esté libre, il y a longtemps que vous auriez eu les originaux des lettres. Je vous les renverray par la première commodité,
Id., ibid,, à mars iGSa. - Cf. 11 avril 1669.
Je suis un mortel qui ne possède que ces filets, et quelques petites commoditét dont j*ai meublé deux ou trois rochers.
La Font., VIII, p. iSg. - Cf. ci-dessus, p. 339, au mot carroêse, la citation de La Fontaine, IX, aaâ.
Je crois que vous ferez aussi bien d*attendre quelque bonne commodité pour lui écrire. - Rac, VII, a63 : Lettr.
Je n'attends pour partir, dedans cette occurrence ,
Que la commodité ae Monsieur TEspérance. - Mortplbdut, PUU eapitam$, V, 5.
Je cberchois chaque jour
Quelque commo(^t(e pour hâter mon retour. - Id., Femme juge et partie, I, 3.
3(e 11 est probable que la phrase de Molière a été inventée pour ridiculiser, en Texagérant, le langage de certaines précieuses : nous ne Pavons trouvée nulle part ailleurs. Somaize, qui Ta relevée dans Molière, et qui traduit commoditét de la convenation par aiègei, a prêté aux précieuses d'autres emplois du mot commodité, qui semble avoir été alors en faveur; dans son Gr, Diction,, le chandelier est le tr soutien de la lumière ou la commodité de Tardent » ; de même, une table est (rTuniverselle commoditéit.
Voici quelques exemples, tirés de la langue usuelle du temps, qui aident i e]q>liquer cet emploi du mot :
ff Cotnmoditez, Ce mol au pluriel signifie toutes les petites choses qu'il faut pour être à son aise dans un ménage, comme vaisselle, batterie, etc.» - Richblit, Diction,, 1680.
ff Commodité, On appelle une chaiee de commodité, une chaise bien rembourrée , qui a un pulpitre pour pouvoir lire et oscrire, une crémaillère pour pouvoir hausser ou baisser le dossier. . . — Il faut se servir de la commodité de ce courrier. . . — Pour aller de Paris k Lyon , on trouve toujours des commoditez, des voitures à choisir, t) - FuRETiàaB , Diction, , 1 690.
ff Commodité, chose commode. Prendre la commodité du messager, du coche , du bateau. Avez-vous une commodité pour aller \k1n - Acad. prarç., 1696.
La commodité du bateau, du voyage, se rapproche assez de la commodité de la conversation.
Commodité : chaise de commodité.
* Voir ci-dessus, p. 365, Chaiee,
Commun , terTne de droit.
1078 Sais-jc pas qu'étant joints, on est, par ia Coutume, Communs en meubles, biens immeubles et conquéts?
Éc. des Fem., IV, 2.
Il faut mettre nos maux et nos biens en commun, , .
— Je vous suis obligé de vous voir si commune, - Rbgrard , Ménechmee, Il , 5.
/i38 COMPAGNIE — COMPAGNON
3|c (rPar la coutume de Paris, le mari et la femme sont uns et cùmmutu en biens, pour dire quMls ont contracté société ensemble, et qu'ils partagent les gains et les pertes Tun de Tautre.Ti - FuBSTiim, Diction,
Commun (Le), adjectif pris substantivement.
3g6 Le commun de mon sexe est trop mal avec vous.
Princ.érÈ., I, 3.
n m*a mis au rang du commun, - Malh., II, ko,
67 Ne traitez pas Alcandrc en homme du commun, - Corn., lUut, com, , I, 1.
375 Uamour a d'autres yeux que. le commun des hommes. - Bac, Théb,, I, 5.
98 Écrivain du commun ou poète vulgaire. ~ Dbspb., Art poét., chant ir.
U est . . . bon de se tirer du commun des femmes , qui sont d'ordinaire plus considérées pour les enfants qu'elles donnent dans leur famille que pour leur propre mérite. - M^'* os SccoéBY, Mathilde, 1667, p, hk,
Parmy les gens du commun, les paroles ne sont rien; mais, entre personnes de condition, cela tire à conséquence. - Du Ybboibb, Flatteur, 1696, IV, 5.
Commun (Non), rare, extraordinaire.
365 D'où vous peuvent venir ces douleurs non communes?
Sgan., se. 16.
175 De ces faits non communs la merveille profonde. - Malh., I, 1 1.
Compagnie : les belles compagnies, réunions.
187 Jai souffert qu'elle ait vu les beUes compagnies.
Ec, des Mar., I, 9.
Aussitôt qu'un homme se retire des compagnieê et cherche le repos, le peuple croit qu'il ne se soucie de rien. - Malh., II, A 6s.
6a Nous y devons diner fort bonne compagnie, ~ Gobn., Gai, du PalaU, I, 3.
* Un recueil de chansons de la première moitié du xvii* siècle était intitulé : «Le Nouveau Entretien des bonnes compagniea,jt
Compagnon, collègue, membre de la même compagnie, associé à. . .
1611 Je me ferois siffler de tous mes compagnons, — Fem. «at;., V, 3.
Deux hommes alliés, amis et compagnons aux charges publiques.
Malh., Trad, des bien/, de Sén., liv. VI, ch. i.
H s^est fait compagnon de nos infirmitez.
Ant. Cobn., Stances en Vhonneur du Saint Sacrement de l'Autel.
GOMPAR\lSO.\ — COMi^AS à39
Le bon C4Bur est chei vous compagnon du bon sens.
Li Font., III, p. 319; Fahly XII, a3.
111 Vous trouveriez cent Rois compagnon» de vos fers. - Rac, AUx,, I, 1.
J*ay cm que je devois faire des comédies.
Gomme c'est un métier où Ton gagne beaucoup,
Qu*un auteur s^enrichit , j'ai voulu tout d*un coup
Acquérir de la gloire et du l^ien au théâtre ;
Car plus vous y gagnez , phis on vous idolâtre.
Gomme au partage aussi nous sommes compagnon» ,
Plus on nous idolâtre et plus nous y gagnons. - Poisson, PoeU Ba»que, se. 6.
le Dans le style ou formulaire des notaires, les actes commençaient ainsi : «Par devant maître un tel et son compagnon, notaires. . . »
Comparaison.
1973 Et nous aimons bien mieux, nous autres gens d'étude, Une comparaison qu'une similitude. — Dép, am,, IV, 9.
* On lit dans la Comédie de» Proverbe», du comte de Gramail, pour comparaUon» et wmilitude» :
Il est vray, Alaigre , tu fais toujours des comparitude» et des »im{lai»on» qui n*appartiennent qu'à toy. - 1 1 7» bibl. elzév.
Compas, au figuré.
1958 Si le chef n'est pas bien d'accord avec la tête.
Que tout ne soit pas bien réglé par le compas ... — Dép, am, , IV, a .
. . . Bornez vos pensées
En un juste compa», - Malh., I, p. 990.
Ges soupers. . . ne valoient pas une bonne collation, laquelle encore, lorsqu'ils la donnoient, c'estoit bien avec tant de compa» et tant de mesure, que le safran ny le bezoar n'est pas si réglé quand on en fait le débit.
Ghapelai.n, Trad, de Guzm. d'Alfar,, i63o, UI, p. 395.
Elle alla trouver de ce pas, Marcbant en folle, sans compa».
Le vénérable (ils d'Anchise.
ScARRON , Virg, trav. , 1 706 , ï , p. 3 1 1 . - Gf. Œwar, , 1 700 , 1 , p. 1 gS.
Le Roy boit du vin qu'on trie . . .
Mais il on boit par compa».
Estant sobre en ses repas Comme la nonnain flestrie.
Saiîït-Amajit, CBmr., bibl. elzév., I, p. k'^h,
95 De leurs avis servez- vous pour compa», - La Fort., IX, p. 91 : BaU, ei Rond,
Averque ses grands airs, mesurés au compa»,
Qui luy font regarder les gens de baut en bas.
Elle en attrape bien. - Hautirochb, Bourg, de quai,, I, 9.
ààO COMPASSER — COMPÈRE
GOMPASSER , au jig. , mesurer avec exactitude , comme avec un compas; calculer.»
&35 Et quant à moi je trouve, ayant tout compassé.
Qu'il vaut mieux être encor cocu que trépassé. — Sgan., se. 17.