‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 324 sur 395 · COMPÉTITER · texte numérisé non relu

COMPÉTITER

1981 Ainsi, quand une femme a sa tète fantasque. On voit une tempête en forme de bourrasque , Qui veut cotnpétUer par de certains . . • propos.

Dép. am.y IV, 9.

* Compéùttr n^est pas français, et ne vettt rien dire. Il complète le galimatias de Gros-René.

Complaisant à . . .

391 Vos désirs lui seront cùmplaisanU

Jusques à lui laisser et mouches et rubans?- £c. des Mar,, 1,9.

Si ton cœur demeure insensible, je n'entreprendrai point de le forcer. Mais au moins sois complaisante aux civilités qu'on te rend.

iVihc. cr^.,11, 4.

i83 El jamais son abord ne trouble nos plaisirs,

Tant elle est eomplatMantê à nos chastes désirs. - Cobn., La Suiv., I, 3.

Il faut qu*on vous contente,

Et qu^on soit complaUante à qui fut complaisant.

Bois-RoBBBT, La Folle Gageure, i653, IV, lo.

1 5 Les Dieux à vos désirs toujours si complaieanti. - Ric. , Ipkig. > 1 , 1 .

GOMPLEXION, tempérament, constitution.

983 Et nous pourrions avoir telles complexions ^

Que tous deux du marché nous nous repentirions.

Misanth., I, s.

Ahl ahl vous êtes donc de complexien amoureuse? - Pourc, II, 6.

La galanterie est un foible du cœur, ou peut-être un vice de la eomplexion,

La Brdy., I, p. 176.

Ëtes-Yous comme moi, ma cbère? Toutes les visites de femmes me donnent la colique. — Non, Madame ; je ne suis point d^une camplexion si délicate.

RiGHARD, Colette, IH, 5.

Compliment : i^ accueil; salutation à Tarrivée ou au départ.

633 Que, venant au logis, pour votre compliment Vous lui fermiez au nez la porte honnêtement.

bc. des Fem.y H, 5.

Hf Curiace, allant quitter le \ieii Horace pour combattre ses trois fils, lui dit : 706 Quel adieu vous dirai-je? et par quels emuplimihts, . .

4â2 COMPLIMËM

Et le vieil Horace , rinlcrrorapant , lui répond :

Ah I n^attendriflsez point ici mes sentiments 1-1,8.

Je les viens de laisser aux complimenté d*adieu.

Th. Corn. , Gaiant douhU, [V, G.

Scarron nous dit ce qu^étaient ces compliments à la porte :

Il me voulut faire passer.

Nous fîmes, comme on peut penser,

Force compliments à la porte.

Et ce fut de si bonne sorte

Que , faisant des saluts bien bas ,

L*un priant, Tautre n*entrant pas.

Nous nous couchâmes sur le ventre . . •

Mais nos gens nous voyant ainsi

Nous prirent et nous emportèrent.

ScABRON, Virg, trav., Paris, David, 1705, 1, p. 398-399.

Compliment : 9° défaite, prétexte.

Cela s'appelle, Madame, un fort honnête complment pour nous refuser tous deux. - Am. magnif., 111,1.

M. le Prince lui dit en riant et en le caressant : «Tout cela sont de beaux rouipliments ; mais je serai bien aise que vous demeuriez ici.

Là Rochsp., III, 100 : Lettre à Lenet, i3 octobre i65fi.

Compliment : 3^ cérémonie.

85 Non, mVt-il répondu, je suis sans compliment.— FàcK^ I, i.

Il 86 perd trop de temps aux civilités et aux compliments , aux bons jours et aux bons soirs ; j*ay cru qu*il scroit bon de retrancher toutes ces superfluilei.

Balzac, Aristippe, ou de la Cour, Elzëv., i66/i, p. 19.

J*en use librement.

Songez que Tamitié défend le compliment, - Th. Corn., Galant doublé, II, 3.

Excusez si j*agis librement ;

Dans tout ce que je fais, je fuis le compliment, - Id. , Feint Astrd,, lY, 8.

Je vous dirai, pour sortir. . . du compliment que. . • - La Rochep., III, Uo,

Je vous suis obligé; mais en6n, entre amis.

Tous ces grands compliments dcvroient être bannis. ,

MoffTPLiDRT, Ec, des Jaloux, I, 9.

Vous ne douterez point que mon empressement

Ne réponde. . . — Monsieur, laissons le compliment, - Id., Coiméd, poHe, III, 5.

Sans compliment, mettez donc dessus, s'il vous plaist.

Do Vbrdibr, Flatteur, 1696, II, 9.

Point de compliment, je le prie. - Rbottard, Mot, de la Fol,, se. 1.

COMPOSER /i4S

Certes je suis confus

Des bontés que pour moi ... — Finissons ià-dessus ... Laissons les complimenté aux hommes.

Ils en sont dupes toujours. - lo., Prol. det Ménechtnet, se. i.

4c (rPour vouloir faire leurs compUmenU fort civils, ils (les complimenteurs) les font ridicules, et entassent une foule de mots respectueux qm rendent un discours embrouillé et impertinent. Voyez comme Molière sVn joue par ce compliment que le Bourgeois gentilhomme fait à Dorimène : (r Madame, ce m^est une gloire bien grande de me voir assez ff fortuné pour être si heureux que d^avoir le bonheur que vous ayez eu la bonté de m*ac- «corder la grâce de me faire Thonneur de m^honorer de la faveur de votre présence. . . n (III, 16). — Jamais paroles n^ont dit moins de choses que celles-là, et jamais civilité ne fut si incivile, car c^est se moquer des gens que de ieiir parler de la sorte. . . 9 ~ Livbr Di Tbmplbbt, Génie de la long, franc,, 1705, p. 1 5 1-1 55.

Compliment : U^ marque de politesse.

Je pense, Madame, qu'on m'a demandée par compliment y et on ne s'inquiète pas tant qu'on vous dit. - Am. magnif.y II, 5.

1 1 3 1 On vous en devoit bien au moins un compliment.

Fem. sav., IV, 1.

Faire une chose par contenaDce, est la faire par compliment, du bout des lèvres, sans que le cceur y touche. - Le P. Gabassb, Doctr, cur,, 1696, p. 109.

On peut dire qull y a plusieurs chrestiens qui sont chrestiens par contenance , par manière d'acquit, par compliment. - Id., ioid., ibid. - Cf. Id., ihid., p. 877.

Mais quand un homme d'honneur jure.

Il faut avoir l'âme bien dure Pour ne pas croire à son serment.

Ne fdt-ce que par compliment.

ScABBOR, Virg. trav., Paris, David, 1706, II, p. 79.

Un reproche étemel fait tout son compliment ; Il s'érige plutôt en maître qu'en amant.

QuLiAULT, L'Amant indiacret, i656, III, k.

9 1 6 II monte en haut , et fait à la donzelle

Son conqtliment, comme homme bien appris.

La Font., IV, p. 958: Contet, II, 5.

Ces fades complimente sur de grands mots montés.

Ces protestations qui sont futilités, . . .

M'ôtent à tout moment la respiration. - Rbgnabd, Joueur, II, /ï.

Composer , constituer ; se composer , se régler.

Les deux plus raisonnables personnes du monde ont souvent peine à composer une union dont ils soient satisfaits. — Bourg, gent., III, i5.

Il faut pourtant paroîlre ferme au premier choc. . . Là, tâchez de vous composer par étude. Un peu de hardiesse, et songez à répondre résolument sur tout ce qu'il pourra vous dire. - Fourb. de Scap.y I, 3.

Wî COMPOTE — COMPTE

Donnez-nous au moins le temps... devoir naitre en nousTun pour l'autre cette inclination si nécessaire h composer une union parfaite.

Mal imag.y II, 6.

Une grande marque . . . que vous avez un corps parfaitement bien composé. . ., c'est que. . . vous nétes point crevé de toutes les médecines qu'on vous a fait prendre. - Ibid., III, 3.

87 Le inonde est ainsi compoié

Qn^une bonne fortune en craint une mauvaise. - Malh., 1, 73.

Prenez Lelius;. . . Montrez-le-vous à (oute heure,. . . pour voui compo$er à bod imitation. - lo., II, 3oi.

Il n^est point de corps si bien compoiSi, qu^une demeure mal aérée n^apporte quelque altération à leur santc. - lo., H, 873.

Ma disgrâce ainsi compoiée, je me remis comme je pus.

Chapblaix, Trad, de Guzm, d'Alfar,, i630f III, p. S^a.

90 Puissent ses plaisirs les plus doux Vous compoêer des destinées Par ce temps à peine bornées. - L4 Fort., III, p. aSo : FM., XII, 19.

Cela compote. . . une personne très divertissante. - Sér., IX, 5oo. {Autogr.).

Elles (quelques jeunes personnes) ee coinpoeent, elles se recherchent, regardent dans un miroir ai elles 8*éloignent assez de leur naturel. - La Bruy., I, 171.

Compote : accommoder à la compote.

II me prend des tentations Raccommoder tout son visage à la compote.

G. Dand., II, 3.

Quand il (La Vauguyon) se vit seul avec M*"* Pelot, il. . . Taccula contre sa cheminée, et, lui mettant la tête entre ses deux poings, lui dit qull ne savoit ce qui le tenoit qu^il ne la lui mit en compote ^ pour lui apprendre à rappeler poltron.

SAi.fT-Smoif. édit. m- 18, 1871, 1. 1, p. 70.

4c On donnait le nom de compote à un plat de fruits cuits avec du sucre; on ne voit pas de rapport entre cet emploi du mot compote et Texpression raccommoder à la compoteit.

— Mais la compote en hoche-pot était aussi un mets composé d*unc poitrine de veau ou de pigeonneaux, et préparé comme notre haricot de mouton, aux pommes de terre près.

- Voir VEcole dee Ragoute ou le Chef-d'œuvre du cuitinier, du pastieeter et du confiturier, Lyon, 1675, p. 59-56. - Cf. ibid., p. 606-608.

Compte : faire son compte de. . . , faire cas, se proposer. . .

35 Un bruit s'est élevé, dont un autre eût eu honte; Mais lui, ferme et constant, n'en a fait aucun compte.

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