ALENTIR — ALENTOUR DE
— Le César Oudin de 1607 donne bien, dans sa partie espagnole, alcoba, mais ne donne pas la forme correspondante de alcôve; il traduit : n Alcoba, un cabinet voulté, séparé d*nne chambre, grand comme pour mettre un lict, petite chambrette, cabinet»
De 809 côté, Félibien explique ainsi ce mot: v Alcôve vient de Tespagnol alcoba, qni tire son origine du mot arabe elkauf; c'est le lieu où Ton dort Aussi est-ce dans nos chambres k coucher un endroit particulier 011 le lit est placé. Ordinairement il y a une estrade, et cet endroit est comme séparé du reste de la chambre par des pilastres, on par des chambranles qui forment un arc surbaissé, ou une autre sorte d'ouverture qui fait un lieu retiré.»
Furelière, au mot ruelle : «r Ruelle se dit aussi des alcôves et des lieux parés où les dames reçoivent leurs visites, soit dans le lit, soit sur dos sièges.»
Le genre du mot alcôve resta longtemps indécis; Richelet (1680) et Furetière (1690) le font masculin ou féminin; la i'* édition du dictionnaire de TAcadémie (1694) le fait masculin ou plutôt féminin; la a* édition (1718) le fait seulement féminin; la 3* (17&0), féminin et quelquefois masculin; la h* (176a) et les suivantes, féminin. L*auteur des Nouv, observ. sur la langue franc. (1688) pose la question du genre d'alcôve : ftha. partie, dit-il (p. 89), est presque égale dans cette dispute. M. Scarron, M"* (M*"*) de Villedieu, M. Miton et beaucoup d^autres encore croient ce mot du masculin; au contraire, M. d^Ablanrourt, M. Desprcaux, M. Ménage et quantité de gens après eux prétendent qu'alcôve est du féminin. Dans cet embarras, je croy qu'il est mieux de dire avec le s' Ricnelct que ce mot est de genre commun. Au reste, Tusage le plus général semble plus porté à faire ce mot du masculin ; il se plaît fort souvent à contrarier la raison , car je ne voy pas qu^ii y en ait à faire alcôve de ce genre.»
Ménage, dans ses Observ, sur la lang.Jr. (167a), p. laa, affirme que alcôve est du genre féminin, trsans contestation».
Dans la série des Dictionnaires de l'Académie , alcôve ne prend l'accent circonflexe que dans les trois dernières éditions, an vu (1799), i835 et 1878.
AlENTIR, ralentir.
1094 Je veux de son rival alentir les transports. - UEU, III, 4.
1/180 Mais ces félicités ne sont guère durables Et, notre passion alentissant son cours, Après ces bonnes nuits donnent de mauvais jours. - Ibid., IV, 3.
is3 En loi donnant deTair son ardeur s^alentit, - Gorn. , Clit., I, /i. 1370 Non que ma passion s^en soit vue alentie, - lo., Sertor,, IV, a.
* Le mot a/en^tr figure dans tous nos dictionnaires, Nicot, Monet, Pomey, Gandin, Guy Miège, Furetière (1690); Ricbelet ne Tadmet plus déjà en 1680; l'Académie le donne dans toutes ses éditions jusqu^â celle de 176a. A celte date, il disparait tout à fait.
Alentour de. . ., à l'entour de. . ., autour de.
Les voilà tous alentour de lui. — Princ. d^Él., 1'' inter., se. 4.
La Déesse . . . commença un bal qui dura quelque temps à Ventour de la fontaine. - VoiTURB, Œuvr., i656, p. 33.
Ils se mirent à genoux à Ventour de son lit. - Id., t^., 1660, p. 93.
* ffL*u8agc des écrivains modernes a établi de la différence entre ces deux mots {autour.