ALEZAN — ALGER (EN
alentour) qui estoient autrefois la même chose. Parmi eux, autour est une préposition et alentour un adverbe. Selon celte différence il faut dire : trLa Reine a voit toutes ses filles ff autour d'elle et non pas alentour d'eUey). — M. de Vaugelas et M. d* Ablancourt , qui sont plus exacts et plus grammairiens (que M. de Voilure), font toujours alentour adverbe et autour préposition.» - Le P. Bouhoubs, Doutes sur la lang.fr,, 167/t , p. 1 55. En 169/1, ^^ ^^ édition du dictionnaire de TAcadémie consacre la même différence.
Alezan.
519 Et moi, je prends en diligence
Mon cheval alezan. Tu Tas \ul — Fdch., II, 6.
9 Alezan est un poil d*une coideur roussâtre, accompagné d*un crin qui doit être roux ou blanc. Ce poil ce distingue en alezan brûlé et en alezan clair, selon qu'il est plus ou moins chargé; mais, en général, il est un indice d'un bon cheval. Cet alezan brûlé no dément point sou poil, et vériGe bien le proverbe qui dit : Alezan brûlé, plutôt mort que lassé.» - GuiLLBT, Les Arts de l'homme d'épée, 168a.
Alger (En), à Alger.
Si vous ne lui envoyez par moi tout à l'heure cinq cents écus, il va vous emmener votre fils en Alger. - Fourh. de Scap., II, 7.
HélasI mon pauvre maître! peut-être. . . qu'à Theure que je parie, on t'emmène esclave en Alger! - Ibid.
En Lacédémone, le pancrace et le cesteétoient défendus. - Milii., II, i36.
Ils disent qu*e/i Inde il se trouve du miel aux feuilles des cannes.
Id., Il, 65 1.
3|t Malherbe dit de même : en Avignon ( IV, 1 1 1 ) , en Athènes ( 1 1 , /i 8 1 ) , en Clèves ( I II, 1 8 *i).
1719 Avant qu^avec toute autre on me puisse engager.
Je serai marié , si Ton veut, en Alger. - Cobn., Ment., V, 6.
Je me laisse gagner, je dépêche en Argos. - Rotrod , Iphig.
gà J^écrivis en Argos pour hâter ce voyage. - Rac. , Iphig. , 1 , 1 .
♦ Ménage, dans ses Observ. sur la langue fr., 1673, p. 910, et dans ses Nouv. observ., 1676, p. /t3A, et le P. Bouhours , dans ses Rem. nouv. sur la lang.fr., 3' éd., 1689, p. 10, se sont longuement étendus sur Temploi de en devant soit un nom de ville, soit un nom de province, soit un nom de royaume ou d^empire.
Dans sa 1" édition (1696) TAcadéraie se montre très réservée : «rQuoyque régulièrement pariant on ne se serve point de la préposition en quand on parle des villes, et qu*on ne dise point : estre en Paris, aller en Rome, etc. , cependant Tusage a emporté que quelquesuos disent : en Jérusalem, en Avignon, en Arles, façon de parler tirée des Italiens, qu^on n^est point obligé de suivre.»
Dans sa 9* édition (1718) TAcadémic s'exprime plus nettement : trOn disoit autrefois : en Jérusalem, en Avignon, en Aries, etc. Mais cette préposition ne se joint plus aux noms propres des villes.» — Cette remarque est répétée en 1718, 17/10, 1769 et an vu (1799)*
88 aliénation d'esprit — allégeance
Aliénation d'esprit.
Jai vu en elle de ïaliétiation d'esprit. — Am. méd., III, 6.
746 Est-ce songe? ivrognerie?
Aliénntion d'esprit?
Ou méchante plaisanterie? - Amph., II, 1.
Il envoya à sa sœur. . . deux onces de poudre préparée pour exciter le sommei de celuy qui Tavaleroil, qui lo feroit dormir quatre ou cinq heures avec une telle aliénation de tous les sens, qu^ln homme en cet étal ne diuéroit d*un mort que de temps. - D'Où VILLE, Contes, 166/1. Paris, Jouaust, ]883, II, p. 989.
La divination, au dire des Pères mcsme, est une aliénation d'esprit, ou un emportement de Tàme hors de ses bornes ordinaires , aussi bien que la manie.
Le Parasite Monnon, dans VHist. de P, de Montmaur, par db Salleic6BB, 1716, II, p. 980.
*■ Richelet cite , à propos de cette expression , Texemple de Molière. Robert Estienne , en 1539, ^^ donne pas iVmploi du mot aliénation dans ce sens d*cgarement; mais il parle, en 15/19, d'aliénation dans Venlendement, et V aliénation d'entendement se retrouve dans les diverses éditions de Nicol, 1673, 1606, deColgrave, i639, i65o, etc.
Allée.
Monsieur Purgon m'a dit de me promener le matin dans ma chambre douze ailées et douze venues. — Mal. imag., II, 2.
* La distinction entre Vallée et la venue se trouve dans nos plus anciens lexiques : Robert Estienne, i539 et 1669; Nicot, 1679 et 1606 : itus eireditus; Cotgrave, 1689, i65o, et Guy Miège, 1679 : Going and coming, etc. Cependant nulle part on ne trouve cette distinction aussi nettement établie que dans l'exemple de Molière.
L^ Académie française (1878) n*a, sur ces deux mots, que la note suivante : fi Allées et venues, action d*aller et de venir plusieurs fois, et particulièrement les pas, les démarches que Ton fait pour une affaire : Faire des allées et venues, Après plusieurs allées et venues, il fut conclu que. , . , Il a perdu son temps en allées et venues.ft Ces locutions consacrées ne donnent pas précisément le sens de Molière.
Allégeance , soulagement.
5 Et quand ses déplaisirs prendront quelque aUégeance. - UEt. , IV, 3.
Le temps à mes douleurs promet une allégeance, - Malo., I, 2.
697 Non pas que je soupire après une vengeance
Qui ne peut me donner qu'une fausse allégeance, - Cohn., Clif,, III, 1.
i533 Porte à ses déplaisirs cette foible allégeance, - Id., Pompée, V, 1.
â 1 On voit à ses dures souffrances
De remarquables allégeances, - Lorbt, Muze hist,, 39 nov. 166/î.
918 Et pour toute allégeance
En votre sein décharge ses douleurs. -Li Font., Y, 173; Contes, 111. 5
Viens partager mes maux et les plaindre avec nioy. Puisque, pour mon malheur, je suis sans espérauce D'y trouver de ma vie aucune autre aUégeance,
Lb Bogla.ngbr de Cualussav, Elomire (Molière) hypocondre, 1670, II, 1.