‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 48 sur 395 · AMBROSIE · texte numérisé non relu

AMBROSIE

i883 Je suis las de porter un visage si laid,

Et je m'en vais au Ciel, avec de ïambrosicy

M'en débarbouiller tout à fait. - Amph.y III, 9.

Un Dieu mesme perdroit Vambroiie immortelle,

Privé de déité, s'il cstoit infidelle. - Jodellb, Didon, II.

1 168 Vous avez demeuré là-dedans quatre jours?

— Quatre jours. — Et vécuT — De nectar, ^ambrone,

GoBR., îttut, eom., IV, h,

(Elle) leur boucha les narines à'amhrotie, - Ric, VI, 90 (Rem, tur l'Odyiê,),

* On ne trouve pas ce mot dans les DicL Jr,Aat, de Rob. Esticnne (iSdg, iS&g); il parait pour la première fois, en 1671, dans les Épithètei du sieur de Laporte, sous la forme ambrotie, puis, sous la même forme, dans le Nicot de 1673 et de 1606, mais am* broieie, dans les éditions 1618 et i6a5; Uiérosme Victor, TrMor des troU langueê (1606, 1607, 1609, etc.) : ambrotie; — César Oudin (1606), Ant. Oudin (1669) : ambrotU; en i6ao, Monet donne ambrouie comme nom d'une herbe, et fx ambrotie, manger des Dieux, selon les Poètes»; mais en i636, ambrotie dans les deux sens; — au contraire, Gotgrave, en i63a et en i65o , donne ambroitie et ambrotie comme nourriture des Dieux, et ambrotie seulement comme nom d'une herbe; — en 1660, Oudin, LHct, fr,-ital., ambrotie dans les deux sens; — Nathaniel Ducz, même année^ ambroitie ou ambrotie, dans les deux sens; — 1676, Pomey : ambrotie; — 1677» Gandin : v Ambrotie; les Poètes latins appellent ainsi la viande qu'ils font manger à leurs Dieux ; les Grecs disent tantost que c'est leur viande, tantost que c'est leur boisson; ambrotie, herbe odoriférante.» — 1679, Guy Miège, Dict.fr.-angL, ambrotie, nourriture des Dieux; — 1680, Richelet, — i683, Danct, — 1690, Furctière : ambrotie, dans les deux sens.

Dans sa première édition (169/i), l'Académie française donne ambroitie; dans la se* conde (1718) et dans la troisième (1760), ambrotie; dans la quatrième (1769), ambroitie; dans la cinquième (an vu, 1799) et dans la sixième (i835), ^ambrotie, et plus communément, ambroitie n; enfin, dans la dernière (1878), ambroitie,

ÂME (Dans l').

855 Dans rame, elle est du monde. . . - Misantk., III, 3.

laiA Mais bien qu'il l'abandonne, il l'adore daiit l'âme. - Gobn., Sertor,, IV, 9.

Toute ingrate qu'elle est, je l'adore dant l'âme.

Th. Gorn., Engag, du haz,, IIl, 5.

Mais, quoiqu'il dissimule, il vous adore en l'âme, - Id., ibid,, ibid,

11 ah D'un éclat si honteux je rougirois dant Vâme, - Rac, Théb,, IV, 3.

Ame — AMI D'ÉPÉE 103

AME : Tendresse, bonté, faiblesse d'âme.

10&3 Et sur ce que j'adore oser porter le blâme,

C'est me faire une plaie au plus tendre de Vàme. - DEty III, &.

866 Et même pour Âlceste, elle a tendresse d'âme. - Misanth., III, 3.

207 II a reçu du ciel certaine bonté d!âme. - Fem. «av., I, 3.

i58i Et que j'aurois cette faiblesse d^âme, - Ibid.,\^ 2.

Je vous assure que c'est du meilleur de mon âme que je vous parle.

Méd» malgré lui, II, 3.

le. Voir CcBur : Tendreue, douceur, dureté de cœur.

Ames des pieds, violons.

Ces Messieurs ont eu fantaisie de nous donner les âmes des pieds.

Préc. rid., se. 12.

* Somaize, dans le Grand Dictionnaire det Précieusei, n^a pas manque dVmpruntcr à Molière cette expression : cries violons, ïâme despiedirt; il traduit le mot vérité par rtVdme de la probité».

Cette expression parait avoir été inventée par Molière, comme bien d'autres c[ue nous n^avons retrouvées dans aucun auteur contemporain. — Âme dans le sens de tr moteur t», «ce qui anime et fait agir 7», reparait dans ces phrases du langage courant : «La charité est r^liM des vertus d; «cet homme est Vàme d'une affaire».

M*** de Sévigné a dit dans ce sens :

M"* de Langeron est Vâme de Thôtel de Condé. - Siv., VI, a 00.

Encore que la vérité soit, s'il faut ainsi dire, Ydnie de la sincérité, il y a pourtant de la distinction à faire entre Tune et l'autre.

M"' Di ScuoéaT, Mathildey 1667, p. 157.

Ami : AMI DE COUR.

65 1 Allons, ferme, poussez, mes bons amis de cour. — Misanth., II, &.

* C'est dans ce sens que Corneille aurait dit, d'après M. Lattre, qui n'indique pa» l'édition consultée :

583 Et c'est un foible appui des amitiée de cour

Qu'une vieille amitié contre un nouvel amour. - Othon, Il , 6.

Mais dans les éditions que nous connaissons, on lit intéréti de cour et non amitié» de cour.

Ami : ami d'ep^e.

1 1S& Vous êtes de Thumeur de ces amis d'épée

Que Ton trouve toujours plus prompts à dégainer

Qua tirer un teston s'il le falloit donner. - UEt., III, 4.

104 AMÏ À. . . (ÊTRE) — AMOUR

Ami a. . . (Etre).

Quelque ami que vous lui soyez, j'ose espérer que vous n'approuverez pas son action. — D. Juan, III, 3.

♦ Voir à, ci-dessus, p. is, n* 18.

Amiable.

Il ne sera mauvais de vous faire quelque petite saignée anUabte.

Méd, malgré lui, II, &.

160 Le ciel amiable. - Malo. , I, 1 0.

Son humeur est fort douce et fort amiable, - Id., II, 661.

Je lui ai écrit un billet fort amiable, - Séy., III, iSa.

(Quand) au lieu de trouver un accueil amiable,

On luy dira néant? — Ce sera bien le diable. - Th. Corn., Comt, d'Org,, V, 9.

Ne prétendez-vous point

Que mes tendres discours lui servent chaque jour D^amiableM leçons ou dHntrigues d^amourf

MoxTFLBURT, Dtqte de ioi^méme, II, t.

Amilgar.

Je vois bien que c'est un Amilcar. - Préc, rid., se. 9.

# txEnjotté : estre enjoué : ettre un Amilcar, n - Somaiir, Gr, Diction, dm Prée,, Biblioth. elxév., I, p. as. Voir Enjoué,

Et il ajoute : trCcux qui ont leu la Clélie sçavcnt pour quelle raison on appelle un homme enjoué un Amilcar, n

Amilcar ou Artaxandre, c^est le poète Sarasin, oui porte les deux noms dans la QoUb (voir i'* part., liv. 111, édit. i65/î, p. 1375). M * de Scudéry en fait un personnase toujours enjoué et d*une humeur égale, aimant le plaisir sans peine : «N^est-d pas vrai, dit-il (p. 1669), que TAmour naist parmy la joye?. . . En cflct, les plus grands soupireurs de la terre ne soupirent que pour avoir de la joye, et toutes les douleurs et tous les désespoirs d^un amant ont toujours pour but Tesperance d'estre heureux. Pourquoy donc ne vaut-il pas mieux trouver la joye partout, et la trouver sans douleur, que de Taller chercher par des sentiers difficiles, que de se mettre en estât de ne rire jamais

3u'après avoir pleuré?» — On complétera Tidée que c«tte théorie donne du caraclère *Amilcar en lisant son histoire racontée par lui-même sous le nom d^Artaxandre (p. i*joa).

Amitié : faire amitié avec. . .

Oui, Monsieur, je \q\xx faire amitié avec vous. — Mar. forcée se. 7.

Amour, féminin.

1693 La crainte d'un époux et Yamour maternelle

Firent Tévénement d'une ruse nouvelle. — Dép. am.yV^ &.

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