‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 4)Chapitre 95 sur 395 · AUCUN — AUCUNEMENT · texte numérisé non relu

AUCUN — AUCUNEMENT

Al tire au bruit qu'il fait les yeux de tout le monde, Et qui, par cet éclat, semblent ne pas vouloir Qu'aucun puisse ignorer ce qu'ils peuvent avoir.

Ec. des Fem., IV, 8.

907 Et vous faire serment que les bruits que j'ai faits Des visites qu'ici reçoivent vos attraits A'e son\ pas envers vous l'effet d'auctiue haine. — TarL, IH. 3.

Lorsque l'honneur est blessé mortellement , on tie doit point songer à jfarder aucunes mesures, — D. Juan, III, U,

Sachez donc que vous êtes entré dans une famille qui vous donnera do l'appui, et ne souffrira point que l'on vous fasse aucun affront.

G. Datid., I, G.

II faut Si* taire el adorer dans TÉvangile une doctrine qui ne pouvolt pa§ même venir dans la pensée tïaucun homme. - Bossdbt, Hitt. univ. , in-/i% 1 68 1 , p. 356.

Aucun, Aucune, après le substantif.

287 (îroyez-moi, bourrez-vous, et sans réserve aucune,

Contre les coups que peut vous porter la fortune. - Sgan.,8C, 7.

788 Mais. . . — Non; vous n'entendrez de mon cœur plainte aucune.

Ec, des Mar., II, g.

807 Le temps presse; il fait nuit; allons, sans crainte aucune.

Ibid.,l\l, 1.

139& Et sans lumiire aucune, en querellant le sort. . .

Ec. des Feni., V, 9.

55 Et ma houclie muette a dédaigné de rendre

Réponse aucttne à leurs discours. - Cobn., IX, 387 (ft. de la Pénit.).

En dilTérents pays j*ai busqué la fortune,

Sans que Ton ait de moi reçu nouvelle aucune, - REGNvnD, Ménechmea, I, s.

Aucunement, nuUement.

Nous vous protestons. Monsieur et moi, que nous n'en serons aucunement jaloux. — Préc. rid., se. i5.

* Aucunement sVmployait avec ou sans négation; sans négation, Rob. Estienne (tS&g) le traduit par quodam nwdo, nonnihil, quelque peu; Nicot, en 157H et 1606, Monnet, en i()ao et i636, Cotgrave, en iCu, i6«{9 et ]G5o, Hier. Victor, en 161 3, 1667 et iCAA, en un mot tous les dictionnaires jusqu'à celui de Duez, en 1660, donnent des traductions analogues; Duez, le premier, admet aucunement soit dans le sens de «un peu, passablement, alquantony soit dans le sens de «nullement, m neuun fnodor», — En 1680, Ricbelel n*admel plus que le sens négatif; en 1690, Furetièrc donne d^abord le sens n^atif et semble admettre par tolérance le sens positif; en 169^ et 1718, TAcademie n'admet plus que le sens de nuUement; mais les éditions suivantes mentionnent le sens afHrmatif ^ en en limitant Temploi au style de la cliancellerie.

Page 1