‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 126 sur 455 · AVANCER SA PAROLE — AVANT · texte numérisé non relu

AVANCER SA PAROLE — AVANT

Avancer sa parole.

547 Me tiendrez-vous au moins laparok avancée? - Mélic., II, 0.

i35i II vous craint; et j'acancc encor cette parole, - Gob^i., M., IV, 5.

Avancer , précipiter, accélérer.

1970 Voire femme, je crois, conçut tant de douleur

Que cela servit fort pour avancer sa vie. — Z»'£f., V, 9.

607 Par celte exlrémitc?, vous avancez ma mort. - Cobs., GaL du Ai'., II, 8.

5 A Le pauvre Eschyle ainsi sut ses jours avancer,

La Fokt. , II , agô. - Fables , VIII , 1 6.

1096 Je veux même avancer riicure déterminée. - Rac, Ath,, III, 6.

Avanie.

Scapin, il faut faire quoique chose pour lui. — Le moyen, âpres une avanie de la sorle! - Fourb. de Scap., II, 4.

Cependant j*ay receu, par voirc peu de soin,

Dans le milieu du Cours, la plus (^rande avanie, - Poisson, Fem, coq,, II, â.

Mes quatre cenb écus, prêtés depuis six ans?

— Pour me les demander vous prenez bien le temps.

— Je veux, aux yeux de tous, vous en faire avanie,

A toute heure , en tous lieux. — Hé ! vous rêvez , ma mie.

RBGTfiBD, Jouewr, V, h.

♦ Le mot avanie ne se trouve dans aucun dictionnaire avant les Origtneê, de Mënagf , i65o : «C'est, dit-il, un mot originaire turc, et qui si|rnifie proprement un affront avec supercherie, une querelle d'Allemand. Les Turcs prononcent avan, qui vient, probablement, de rhébreu hava, inique agere, marcher de travers en quelque chose.»

On ne retrouve plus avanie quVn 1677, dansPomey et dans le Dict.fr,-*!, imprimé eo Suisse au château de Duillier. Il reparait, en 1680, dans Richelet, qui ne cite qu'an exemple, la phrase de Molière; en i683, dans Danet; en 1690, dans Furetière; en 169a, l'Académie donne la définition suivante, conforme, au fond, à celle des lexiques antérieurs :

vAranie, vexation, insulte que les Turcs font aux voyageurs en Levant pour tirer de l'argent d'eux. — Il se dit figurémcnt des affronts , des insultes qu'on fait de gayelé de cœur à quelqu'un : cet homme lui fait mille avanief.fi

Probablement c'est ce mot avanies qu'il faut voir dans le vanies du passage suivant :

«Après plusieurs sollicitations que fit l'Ambassadeur François pour la délivrance des Pères Jésuites, il apprit qu'ils estoient accusez d'esire espions d'Espagne. . .- Telles vêma des Turcs ne s'appaisans que pour de l'argent, l'Ambassadeur de France fit une despense de quatre mille escus pour retirer les six Pères Jésuites des basses-fosses où ils estoient» - A* tome du Mercure de France, février-may 1617. - Paris, Est. Richer, 1617, p. 4oj- 6o3.

Avant, auparavant.

47& Mais avant, pour pouvoir mieux feindre ce trépas.

J'ai fait que vers sa grange il a porté ses pas. — VEt,, II, 1.

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