BAIE — BAILLER
Baie : donner la baie.
83o Le sort a bien donné la baye à mon espoir. - UÉu^ II, lo.
Tay donné um telle baye
A YOBtre père promptement. - J. GoDiU», Ln Deêguiêtz, IV, 3.
Ne vous méfiiez point de ma parole vraye;
Je ne suis un gausseur ny un donneur de baye,
Gap. Laspbrisb, La Nouv, tragicom,, Ane. Th. fr.; Bibl. elzév., VII, 678.
Un de mes compagnons. . . et le secrétaire se donnùietU souvent la hayê, et & leun fourbes, qui n*estoient jamais préjudiciables, Monseigneur prenoit grand plaisir.
Gbâpelun, Trad, de Gtum, d^Âlfar,, i63o. II, 78.
106 A Pai donné cette baye à bien d*autres qu^à vous. - Gorh., MenL, III , 5.
Ghaque objet luy donnant la baye,
Sa femme luy semble une laye
Et ses enfants des marcassins. - Ricbeb, Ovide bouffon, 1669, p. &6f.
Don Juan est ici? — Rien n'est plus assuré;
Il a feint ce départ pour vous donner la baie, - Th. Gorh., Feint Aetnl., I, i.
A des pro>inciaux j*aime à donner la baie,
Id., Galant doublé, II, 7. - Gf. Id., Engagem, du heuard, 1,3; Amour à la mode, V, 6.
* Bien que l'emploi du mot baie ou baye dans le sens de tromperie soit anténeor ï 161 1, on ne trouve ce mot ni dans Rob. Estienne ni dans Nicot; il parait pour la première fois dans Gotgrave (1611), puis dans Monct (i6ao). Donner la baie est la traductioade la locution italienne dar la baia, dont on trouve de nombreux exemples dans TArioite, dans TArétin, etc.
Bâiller, donner.
&3o Je m'en vais te baiUer une comparaison. - Ec, des Fem., II, 3.
Taurois envie de lui baiUer un coup de poing. ~ Prine. d^EL, lU, i.
337 Tudieu, Tami, sans vous rien dire,
Gomme vous baillez des soufflets. - Amph,y 1,9.
i838 Et Ton doit commencer toujours, dans ses transports,
Par bailler y sans autre mystère.
De Tépée au travers du corps. - Ibid., III, 7.
Je te baillerai de ce raisonnement-ci par les oreilles. - UAv.^ I, 3.
Je me donne au diable, si je ne baille un coup de poing au premier que je verrai rire. — Pourc, I, 3.
Je te baillerai sur le nez, si tu ris davantage. - Bourg. genU, III, 5.
lié! prenez, Jeannot ; si vous n'en voulez pas, vous me le baUlertz,
Escarb.y se. 3.
&9& On me menace,
Si je ne sors d'ici, de me bailler cent coups. - Fem. sav., II, 5.
1686 Et pourquoi, s'il vous plaît.
Lui hatUer un savant qui sans cesse épilogue. - Ilnd.,y^ 3.
69 Esprits malavisés, oui blâmez un échan^
Où se prend et se oaiUê un ange pour un ange.
MiLHBBBB, Réck d*un berger, dans le B^Uht de Madame,
Cette bonne rencontre lui baiUa de la coneokuion. - Soûl, Francùm, I, 1 5.
Plusieurs luy baSletU sur la joue. - Lb P. GiBiiBiu, Stimmimachie, i656, p. 7. Ehl soubrette, m^as-tu baillé Madame en garde?
MoRTPLBUBT, Dupe de eoi-méme, I, 5.
Je vous dis que je vous baillerai sur les oreilles.
Rborabd, H&m. à b,fort., m, 1.
:|e Dans le sens figuré où l'emploie Molière , «bailler de ce raisonnement-ci» , ce mot a i longtemps en usage avant et après lui; mais dans le sens propre de donner à btul, ou aplement donner, il n'était déjà plus en usage au tempe de Vaugelas, dont les Remarquée t paru en 1667 : trCe verbe bailler a vieilli, et Ton ne s'en sert plus en écrivant que 1 rarement. On dit toujours donner au lieu de bailler, si ce n'est en certains endroits, aime qruand on dit baÛler à ferme, ou bien lorsque l'on a été contraint de se servir ivent de donner, et que l'on est encore obligé de le répéter.»
L'Académie, dans ses Obterv. eur Vaugelaê (170/1), condamne absolument l'emploi de Hier : « On ne se sert plus du tout en escrivant du verbe bailler pour dire donner, et quand ftme on auroit employé beaucoup de fois ce verbe donner, si on se faisoit scrupule de le péter encore, il faudrait chercher une autre expression. . . Vous me la baillez belle, que n dit encore, est une manière de parler proverbiale.» — Richelet et Furetière sont accord avec Vaugelas et l'Académie.
G>meille s'est encore fréquemment servi du mot bailler, que l'on ne retrouve plus que rement après lui.
Toutefois, dans son édition de 1660, il a très souvent tenu compte des Remarque» de lugelas (voir, ci-dessus, p. 178 , avant que de» . ,). Cependant il a laissé bailler partout où l'avait mis d'abord, excepté dans une notule du Clttandre (t. I, p. a 85) :
Lycaste en leur baillant chacun un masque. - 1 660 : préeentant ;
dans le vers suivant :
178 Ainsi qu'il me les baille, ainsi je les renvoie. - Gobn., La Veuve, 1,3,
li devient, en 1660 :
Il ne me prête rien que je ne lui renvoie.
«Un Gascon demanda un jour dans une compagnie : «Qui est-ce qui baUle le balt» au *u de dire : crQui est-ce qui donne le balt» Depuis ce temps-là. Ton a banni le mot de Hier qui avoit plus de cinq cents ans de bourgeoisie.»
Sbgbais, Œuvr., 1766, t. Il, p. 56. Mènotree anecdotes,
«Je connois, reprit le Duc, un homme de la ville qui se sert presque toujours du mot
bailler, pour celuy de donner; il vint, il y a quelques jours chez une dame de mes
lies où j'étois, et où ii y avoit d'autres dames bien faites. «Quand est-ce donc. Mesdames,
ue je vous baille à diner? leur dit-il; je vous bailleray ensuite l'Opéra ou la Comédie.»