‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 164 sur 455 · BAILLER — BAISER LES MAINS · texte numérisé non relu

BAILLER — BAISER LES MAINS

Il dit encore, en parlant d*une dame chex qui on joue : «Madame de. • • bmUê à jouer «chez elle.» — Cet homme me fait baailler en me parlant ainsi, me dit ia dame du kn, qui ne pouvoît souffrir ce mot. . . — Elle avoit raison de ne le pas trouver bon, dit le Commandeur; car, outre qu'il est bas et vieux, il est ridiculement placé dans les endfoili

que vous venez de nous citer n

Db Galliârbs, Du bon et du mauvais utage, 1693, p. 61-6&.

ft Bailler, donner. Il y a des gens qui rejettent tout à fait bailler, et qui prétendent <pt donner doit toujours être préféré; mais ces persounes-là se trompent. Donner est bon, et bailler n*est pas mauvais. 11 est vray que baiUer n'est que du style familier, et n^ le dink gueres bien dans un discours un peu élevé ; au lieu que donner est également bon p»tout, excepté dans ces façons de parler, bailler à ferme, la bailler belle. Que baiUer ne nit pas mauvais dans le discours faniilier, il est aisé de s'en convaincre par les exemples de nos meilleurs auteurs françois, et entre autres M"* de Scudéry, qui, oans TEotretien sur la Colère , dit : erLe valet de chambre avoit baillé les deux chevaux à tenir k un laqoait;t et dans celuy de la Haine : trMyrinthe bailla alors le papier de Cléomède, qui le lut tout «haut.» - Ardbt du Bois-Rbgabd, Réfl, eur l'usage prés, de la lang.Jr,, 1699, p. 86.

Bailler bonne (La) ou la bailler belle.

t Voir ci-dessus, p. ào-hi : lo** Adjectif» féminins dans diverses locutions.

Baillive.

* Mot de fantaisie créé par Molière, admis, sur son autorité, par Ricbelet et pir TAcadémie , et dont on ne cite pas d'autre exemple. La baillive est ia femme du haUH 00 baUUf, comme Velue est la femme de ïélu.

669 Madame la baillive et Madame Télue. . . - Tort., II, 3.

La Fontaine dit baillie :

199 Votre sœur paye à Frère Aubry,

La baillie au Père Fabry. - La Font., IV, 196. - Contes, II, 9.

Regnard dit baiUivesse :

Dans une heure au plus tard , je vous ferai marquise ou baillivesse; vous choîsircL

Id., Coquette, U, 4.

Furetière, dans son Roman bourgeois, a employé de même les noms de greffère et de procureuse, pour désigner la femme d'un greflier et celle d'un procureur. Cedaiii critiques ont, à tort, reproché à Despréaux d'avoir parlé d'une horlogère, dans esta iMtrtn.

Voir Madame et Elue.

Baiser les mains, prendre congé; remercier, rendre grâce; refuser.

Madame Jourdain vous baise les mains. - Bourg, gent., III, 6. 1796 Et je baise les mains à qui ne me veut pas. — Fem. mv., V, &. Je suis fâché du petit chagrin que vous avez eu. — Je vous baise les

Page 1