BAILLER SOS
/i9& On me menace,
Si je ne sors d'ici, de me bailler cent coups. - Fem. sav., II, 5.
1686 Et pourquoi, s'il vous plaît,
Lui haïUer un savant qui sans cesse épilogue. - Ilnd.,\j 3.
69 Esprits malavisés, oui blâmez un échan^
Où se prend et se wiUlê un ange pour un ange.
MiLHEBBB, Récit à^un berger, dans le BaUet de Madame.
Cette bonne rencontre lui haiUa de la coneokuion. - Soûl, Francûm, I, 1 5.
Pluneurs luy haUlent sur la joue. - Lb P. Gâmbau, SHmmmachie, i656, p. 7. Ebl soubrette, m*as-tu baillé Madame en garde?
MoRTPLBUBT, Dupe de ioi-méme, 1,5.
Je vous dis que je vous haUkrai sur les oreilles.
Rbgrabd, Hom» à b.firt, m, 1.
4e Dans le sens figuré où remploie Molière, «bailler de ce raisonnement-ci», ce mot a longtemps en usage avant et après lui; mais dans le sens propre de donner à baQ, ou iplement donner, il n'était déjà plus en usage au temps de Vaugelas, dont les Remarquée t paru en 1647 : trCe verbe bailler a vieilli, et Ton ne s*en sert plus en écrivant que t rarement. On dit toujours donner au lieu de bailler, si ce n'est en certains endroits, nme qruand on dit baiUer k ferme, ou bien lorsque Ton a été contraint de se servir ivent de donner, et que Ton est encore obligé de le répéter.»
L^Âcadémie, dans ses Obierv. aur Vaugelae (1706), condamne absolument l'emploi de lier : « On ne se sert plus du tout en escrivant du verbe bailler pour dire donner, et quand ^me on auroit employé beaucoup de fois ce verbe donner, si on se faisoit scrupule de le )éter encore, il faudrait cbercber une autre expression. . . Vous me la baillez belle, que Q dit encore, est une manière de parier proverbiale.» — Richelet et Furetière sont iccord avec Vaugelas et l'Académie.
ComeiUe s'est encore fréquemment servi du mot baiUer, que l'on ne retrouve plus que rement après lui.
Toutefois, dans son édition de 1660, il a très souvent tenu compte des Remarque» de lugelas (voir, ci-dessus, p. 1 78 , avant que de. , .), Cependant il a laissé bailler partout où l'avait mis d'abord, excepté dans une notule du Clitandre (t. I, p. a 85) :
Lycaste en leur baillant chacun un masque. - 1660 : préeentant;
dans le vers suivant :
173 Ainsi qu'il me les baille, ainsi je les renvoie. - Gomi., La Veuve, 1,3,
i devient, en 1660 :
Il ne me prête rien que je ne lui renvoie.
«Un Gascon demanda un jour dans une compagnie : «Qui est-ce qui bmUe le balt» au u de dire : «Qui est-ce qui donne le balt» Depuis ce temps-là. Ton a banni le mot de iUer qui avoit plus de cinq cents ans de bourgeoisie.»
Sbgbais, Œuvr., 1755, t. II, p. 56. Métnoirea anecdotei.
«Je connois, reprit le Duc, un homme de la ville qui se sert presque toujours du mot
bailler, pour celuy de donner; il vint, il y a quelques jours chez une dame de mes
lies où j'étois, et où il y avoit d'autres dames bien faites. «Quand est-ce donc. Mesdames,
ue je vous baille à diuer? leur dit-il; je vous bailleray ensuite l'Opéra ou la Comédie.»