‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 179 sur 455 · BATTEUR — BAYER AUX CORNEILLES · texte numérisé non relu

BATTEUR — BAYER AUX CORNEILLES

Batteur, qui bat.

781 Oui, je te ferai voir, batteur que Dieu confonde I

Que ce n*est pas pour rien qu'il faut rouer le monde.

L'Ét., U, 7.

^ Mot forgé daus ce sens par Molière, comme iouffleUur par Scarron :

Et j'ay pitié de toi, ioujfUleur misérable. - Scabbon, Joiêlet iu§Ui$tê, V, t.

Batteur était cependant en usage dans certaines locutions : Baitêur de fW, Mon- FLBVBY, Crûp, gent,, III, 1; — Batteur d'e»trade, Scabbon, Virg, trao.. Pans, Diffîi, 1705, I, p. 65; — Batteur dépavé, Poisson, LeZig-zag, se. 4; Mohtplbubt, GetlL,k Beauce, IV, 6; etc.

Cette dernière locution , employée par Richard Simon dans une note de sa TrvL èi Nouveau Testament, Trévoux, 1703, a provoqué une critique de Bossuet :

t(Act, XVII, 5. Uauteur (R. Simon) s'est avisé de cette note : «Le mot grec agatie «proprement des gens qui sont toujours sur le pavé et dans les grandes places i ne lin (T faire; c'est ce que nous appelions batteun de pavé.n Le mot grec èyopaloÊV qui est dm le texte . . . n*a aucun rapport au pavé, et il a seulement voulu montrer qu'il savoit ckanger les expressions les plus naturelles dans les plus vulgaires et les plus basses.* - Bosnn, Inetr, tur la venion du Nouv. Te$tam, imprimé à Trévoux en Vamàe M dcc 11, Paru, 1 nL in-ia, 170a, p. i53-i56.

Battre le fer.

. * Voir Fer : Battre le fer.

Battre la campagne.

^ Voir Campagne : Battre la campagne.

Bayer aux corneilles.

169 Allons, vous, vous rêvez et bayez aux corneilles. — Tart:^ I, 1.

Il y a seulement vingt ans

Que je suis de ces poursuyvans

Qui bayent après un arrcst;

J'eusse bien gaigné l'interest

Au double de mon action ,

Si quelque condamnation

M'en cust tiré premièrement. - Bbllbad, La Reconnue (T tf^^^)t ^t ^'

Et puis, secouant les oreilles.

Ils alloient bayer aux corneiUe». - Ricubb, Ovide bouffon, 1661, p* H-

A 6 C'est l'image de ceux qui bâillent aux chimères.

La Fort., I, 170; Fahlee, II, th.

Susl Dave, il n'est pas temps do bayer aux corneillee. - Babon, L'Andrieitnt,h^'

Je vis la maison de Guitaut toute en feu . . . Je voulus aller dans la nie pour bayer comme les autres. - Sév., II, 78.

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