LE : MANGER SON BLÉ EN HERBE
Je vous vois, Monsieur, ne vous en déplaise, dans le grand chemin justement que tenoit Panurge pour se ruiner, prenant argent d'avance, achetant cher, vendant à bon marché, et mangeant son blé en herbe.
VAv.y II, 1.
Bobance, qui les fois deslie.
Nous ffidct tnangtr blé en verdure.
Farce de Folle Bobance , Ane. Th. fr. {bihl, ebév.)^ Il, 973.
Gomment Panurge fut faict chasteliain de Salmigondis en Dipsodie , et mangeoit
son bled en herbe Et se gouverna si bien et prudentement Monsieur ie nouveau
chasteliain qu'en moins de quatorze jours il dUapida le revenu certain et incertain de sa chastellenie pour troys ans . . . Abastant noys , bruslant les grosses souches pour la vente des cendres, prenant argent d'avance, achaptant cher, vendant à bon marché, et mangeant son bled en herbes»
FUbslais, IU, chap. n, édil. Jannet, chez Picard, t. III, p. 9i^-a5.
n faut faire petite vie, et qu'elle dure, et ne pas manger son bled en verd, ny son pain blanc le premier. - Comte dk Cramail, Coméd, des Prov,, i633, 1, A.
Le médecin le regardant luy dit : tr Voilà du sang qui est bien verd. — Il peut bien être verd , répondit-il , car fay mangé tout mon bled en herbe. it
D'OuviLLE, Contes, i6tih\ Paris, Jouaust, i883, 1, p. 80.
Bled : conte bleu.
1 & 1 Voilà les contes bleus qu'il vous faut pour vous plaire. - Tart. > 1 , 1 .
93o De vers, de contes bleus, de frivoles sornettes. - Boil., Sat. XII.
Si j'allois m'égarerl — Ohl la vision bleue! - Th. Cobn., Feint. AstroL, V, 7.
♦ On appelle tr bibliothèque bleue» l'ensemble de ces ouvrages générsdement publiés à Troyes par les Oudot, les Garnier ou les Baudot, et vendus par les colporteurs dans les campagnes; c'étaient Les quatre fils Aymon, Geneviève de Brabant, etc.; leur couverture en papier bleu explique cette quaKncation.
On a voulu donner aux contes bleus la même origine : c'est une erreur, car Richelet et Furetîère parlent indifféremment des contes bleus , des contes violets et des contes jaunes.
n est facile d'expliquer le nom des contes jaunes , difficile d'expliquer les contes violets; qoant aux contes bùus, ne seraient-ce point les contes en l'air et dans les nuages?
Blondin.
596 Et de ces beaux blondins écouter les sornettes.
Ec. des Fem.y II, 5.
731 Et de vous laisser prendre aux assauts du malin,
Cest-à-dire d'ouïr aucun jeune blondin. - Ibid., III, 2.
1 208 Si son cœur m'est volé par ce blondin funeste. — Ibid., IV, 7.