BRAVE
Pour avoir des plumes au chapeau ,
L^aiguillette à la mode et ]e ruban nouveau,
Poui* eslre chaque jour brave comme un dimanche ... - Ciilbiiit« Le Campagnard.
1 97 T'ai-jc jamais refusé nulle chose ,
Soit pour ton jeu, soit pour tes vêtements? En étoit-il quelqu'une ae plus brave?
La Fout., IV, 348 : Contei, II, 8.
En donnant des habits en broderie à un paysan , on le déguise plus qu'on ne le pare, et au lieu de le faire brave, on le fait ridicule.
MoRTRBuiL, Œuvr., 1666, p. i3/t ^'« (après la p. i/i3).
Voyez-vous la carogne, comme elle est brave I — Si je suis brave n ce n'est pas à vos dépens. Voidez-vous que j'aille toute nue? - Rro!iard, Fillee errantee, II, a.
Brave, bon.
Si vous aviez, en brave père, bien moriginé votre (ils.
Fourb. de Scap. , II , i .
Un homme n'est pas brave si tous ceux qui le viennent voir ne s'en retournent les mains. . . pleines. - Malii., II, a 19.
Ce brave chevalier a paru m'en vouloir. - Th. Corr., QmU, d'Org., 1,7.
* tr Plusieurs disent , en parlant d'un prédicateur et d'un avocat , tr c'est un braie homme j». Cela ne se peut dire que d'un homme d'épéc ; et il y a bien longtemps que M. de Balzac a condamné le mauvais usage de ce nom , en se moquant d'un prédicateur qui avoit ap~ pelé sainte Paule tr celle brave veuve n. Il dit à cette occasion que l'épithète de braoe ne se peut donner à une femme qui ne va point à la guerre ... Il dit encore qu'au delà de la rivière de Loire on dit : «rUn brave avocat et un brave prédicateur», et peut-e«tre
3u'on dit : «Un vaillant avocat et un vaillant prédicat eurn en quelque lieu plus éloigné c Paris et plus voisin des monts Pyrénées. . . C'est ainsi que M. de Balzac se réjouit sur le sujet de brave et de vaillant mis hors de leur place.
fr On ne laisse pas de dire dans le discours familier, et à demy en riant : «t Vous estes un rt brave homme de nous estre venu voir; vous êtes une brave femme d'avoir fait ce que (TV0U8 m*avez promis.»
ffOn disoit autrefois «une brave poésie» pour «une bonne poésies* ; et le censeur de Joachim du Bellay iuy reproche en ces fermes la préférence qu'il avoit donnée aux sonnets sur les autres espèces de vers : (rVelà une brave poésie, pour en mépriser et dédaigner fr toutes les autres excellentes françoiscs!» Mais aujourd'huy, brave ne se dit pas mesme des poètes, à moins qu'ils ne portent Tépée, et qu'ils ne ressemblent à M. de Montplesir (Montplaisir) qui a fait de 1res belles actions et de très beaux vers : encore ce n'est pas en qualité de poètes qu'on les traile de In-avn ; cVst seulement en qualité de guerriers.» — Lb p. BouilODRS, Rem. nouv., 1683, p. 393-99/1.
te Brave. Autrefois le mot de brave avoit divers sens. Il se prenoit pour habile, eçavant, bien fait, et Ton disoit : un brave peintre , un brave prédicateur, une brave fille ; mais aujourd'huy, on ne le connoit plus que pour vaillant. Il ne faut donc point dire avec M. de Malherbe :
Les Muses hautaines et brave». - Ode au duc de Bellegarde.
mais il faut dire avec Corneille :
Et je l'on tends partout publier hautement
Aussi brave guerrier que malheureux amant. - Ia; Cid.'^
Leven de Templery, Le génie, la pvlitpsxp, V esprit rt la délicatense de la langue française , 1700. p. ai.