‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 255 sur 455 · BROCARD · texte numérisé non relu

BROCARD

Rritont-là ; je n'ai pas le temps de vous entendre.

Haotebogbb, Bourg, de quoi,, l, L,

Son visage de jour est donc fait comme il faut , Et sa beauté d^empnmt. . . - Brisoru-là, je te prie.

QuiNiULT, Mère coquette, Il , 3.

Brocard.

5^7 Je ne puis souflrir

Qu'aux brocards d'un chacun vous alliez vous offrir. - Tart. . U, a.

On nous jette de tous côtés cent brocards a votre sujet.

r^t;.,lll, 1.

Ha I cesle vieille a miiie mauvais signes ou marques. Pour le premier, elle est remplie de proverbes et brocards. Oyez ce que dit le texte :

La vieille qui est brocardeu$e

Gacbe soubs un paisible front

Une guerre aspre et furieuse

£t jusqu^aux os la laine tond. - Lasivbt, Les Tomperies, comédie, III, a.

En la satyre neufiesme . . . peutH)n voir chose plus ingénieuse que les broquartê qu'il (Régnier) donne à ces Aristarques importuns, en ces vers qui commencent :

Il semble, en leurs discours hautains et généreux. . .

Le p. Gâbassb, Rech. des Rech, de Ht Eit. Paequier, 1 6aa , p. 5a 8.

Ce bouffon (Rabelais). . . n'entendit jamais ny messe ni matines que pour en tirer quelques brocards et lardons d'athéisme. - Id., ibid,, p. 8Û8.

11 avoit rêvé tout ce qui luy cstoit arrivé, dont les autres ne purent se tenir de rire et de luy en jetter à chaque moment des brocards.

D*OoviLLB, Contes, i6kà; Paris, Jouaust, i883, II, p. a a a.

Chers enfans de la médisance.

Qui jadis par toute la France Fites valoir mille escus-cars Le moindre de tous vos brocars,

Siurr-AnART, Œuvr., bibl. elzév. , I, 167.

Laissons-là les choses saintes

De peur de les profaner,

El songeons à terminer

Et nos brocards et nos plaintes. - lo. , ibid., II, /Î70.

L'aisnée, en termes goguenards.

Sans respect nous dit ces brocards . . .

RiCHKR, Ovide bouffon, 166a, p. 555. - Cf. Id., ibid,, kih et 58 1.

89 Vous n'entendrez partout qu'injurieux brocards. - Dbspr. , EpU. X.

* Ni Ménage ni Borel n'ont donné l'étymologie de ce mot, très ancien dans la langue; on le trouve déjà dans Palsgrave (i5do), brocquart, avec la traduction nyckename, que Cotgrave (1611, i63a, ]65o) retraduit par impropere, sobriquet,

M. Littré a risqué une étymologie ; il pense que brocard vient de Burchard ou Brocard , évèque de Worms, dont le nom serait resté attache à un livre de sentences de droit; ces sentences du brocardicum oput devaient avoir un tour vif et dégagé, si bien qu'une parole railleuse, ayant le même tour, prit le même nom. — Sur ce point, le doute est permis.

Page 1