‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 271 sur 455 · CAGOT S · texte numérisé non relu

CAGOT S

78 Bref, le lacet à Tun et Taatre sexe

Ne put cadrer. - La Fort., V, 697 : Conin, IV, 19.

Groyei-nioi, notre avis ne cadre pas au vôtre.

MoHTFLBUBT, Coméd, poète, IV, &. - Cf. Id., Dame médecin, I, 1, et Y, 3: FUU eapilame, I, 9.

Mais pour voir si les vers quadrent k ia matière ,

Faisons-en, vous et moi , Tanatomie entière. - Poisson , Comédie $an$ titre, Y ^ 8.

4t «Pour la comédie des Femmêê êavanêee, je Tai trouvée un des plus beaux ouvrages de Molière... 11 nW pas vraisemblable aucune femme fasse tant de bruit et enfin chasse sa servante parce qu*elle ne parle pas men le françois; et il Test moins encore que cette servante, après avoir dit mille méchants mots, comme elle doit dire, en dise de fort bons et d*extraordinaires, comme quand Martine dit :

L'esprit n'est point du tout ce qu'il faut en ménage ; Les livres quadrerd mal avec le mariage.

crll n'y a pas de jugement à faire dire le mot quadrer par une servante qui parle fort mal, quoyquelle puisse avoir du bon sens.» - Bosst-Rabctiii , Correep,, éd. Lud. Lalanne, II, p. 9&1 ; lettre au P. Rapin, du 1 1 avril 1673. - Cf., sur les Femmêê eaftofUei, lettres du P. Rapin, ta février et i5 mars 1678, dans le même volume.

Nous avons admis la forme moderne cadrer; mais toutes les anciennes éditions portent quadrer. Et, en effet, TAcadémie française, dans ses deux premières éditions (1696 et 1718) ne donne que quadrer; cependant Tédition de 1718 dit : ir Quelques-uns écrivent eadrer.ji Celle de 1 an vu (1799) renvoie résolument de quadrer à cadrer; enfin, dans celles de i835 et de 1878, la forme quadrer a complètement disparu.

La Bruyère emploie indifféremment cadrer à et cadrer avec,

11 est souvent plus court et plus utile de cadrer aux autres que de faire que les autres s'ajustent à nous. - Li Bbut., édit d'Hugues, i, l: De ta Société, n** &8.

Elle (ia loi) cadre donc bien mal atfec les opinions des hommes?

Id., t II : De quelquee ueageê, n* 80.

Enfin Bossuet emploie cadrer (ou quadrer) comme verbe neutre , et sans complément :

Nos doctes font de différentes supputations pour faire quadrer ce temps au juste.

BossuBT, Hiêt. univ,, in-&*, 1681, p. 938.

Si ces Papes avoient voulu estre un peu plus méchans,. . • le système quadreroit mieux. - Id., Hiet. de» Var,, s in-&% 1688, II, p. 379.

CagoT, pleutre, manant; terme injurieux.

&5 Un cagot de critique. — Tart.^ I, t.

Monsieur I — Tay-toy, truand, pied-plat, cagou, bigot 1

ScABiOR, D, Japh, d^Arm,, III, k.

3|t Cagot n'a point ici le sens habituel de fourbe, hupocrite; dans le sens injurieux que Molière lui donne, il se confond avec cagou, espèce de pleutre, ir homme, dit r Académie (9* édit.), qui vit d'une manière obscure et mesquine?). — M. Littré n'a pas consacré un artide particulier à cagou; il en fait une forme de cagot, et comprend Tun et l'autre dans le même paragraphe. L'erreur que commet M. Littré, en ne tenant pas compte de la

318 GAGOT — GAGOTISME

distinction établie entre les deux mots par l^Académie, erotique la confusion dn Tid^ et même de Molière. Il est évident que, dans le vers de Molière, cagot est dans le sensée cagou, tel que TÂcadémie le définit et non dans le sens de fourbe, kypoerUe. — Dv riustoirc du mol cagot, M. Litlré dte deux exemples, Tun du xr* nède : crEstoit fieatenant du Prévost un gros villain comme un cagouxi» ( Gouvernement de Parie eoue Ouria Jl et Charles VII, année ii&36); Tautre, du \vi* : (cLes gens souflreteux, eagote etaiven (Rabblais, Pantagruel, IV, Â6).

Le nom de cagote est encore donné aujourd'hui à une race de crétiiis qui vivent m pied des Pyrénées sans se mêler avec les autres habitants.

Cagot, faux dévot, fourbe, hypocrite.

M'accable derechef la haine d'un cagot, Plus méchant mille fois que n'est un vieux magot, Plutost qu'un bout-rimé me fasse entrer en danse. . . Bouts rimez commandez sur le Bel air.

Toujours naïf, point hypocrite.

Et, pour en bref trancher le mot.

Bon catholique et point cagot.

Le p. Gahubad, La Stimmimaehiê, i656 «p. 8&-89.

967 Et sans faire ici le cagot,

Cagot c'est-à-dire bigot. - Loan, Muze hUter,, 1*' avril 1669.

s3o L'un dit qu'il faut en diligence

Aller massacrer ces cagote, - La Fort., IV, p. 198 : Contée, U, s.

190 Notre cagot s'étoit mis aux aguets. Et par un trou qu'il avoit fait exprès A sa cellule - Id., IV, p. /173 : Contée, II, i5.

Mon frère fait le doux, le bénin, le cagot, — Th. Gobr., Comt, d'Org,, II, 1.

GAGOTERIE , exercice du cagolisme.

io38 Et l'insolent orgueil de sa cagoterie, - Tart., III, 4.

3tc Voir ci-dessous Cagotieme,

Le plus ancien dictionnaire où nous trouvions ce mot est celui de Monet, qui ne l'avait pas admis en ]6'jo, mais le donne eu 1 636. Le mot reparait dans tous les glossaires postérieurs à Molière.

CagoTISME, fausse dévotion, hypocrisie.

201 Son cagotisme en tire à toute heure des sommes. — Tort,, 1, 2.

t¥ Mot forgé par Molière et qui ne se trouve dans aucun des glossaires du xvu' siècle* pas même dans ceux qui sont postérieurs à Molière, excepté dans Richelet (t68o). Même encore en 1718 et en 17/10, l'Académie ne l'admettait pas; elle l'admet à partir de son édition de 1769. — Dulorens avait forgé de même le mot cagotaUle :

Cagotaille gothique, cimemis de tout bien. - Premières satires, SaL X.

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