‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 270 sur 455 · CADENCE · texte numérisé non relu

CADENCE

d*omemeiit; une lettre cadeUe est une lettre ornée de traits de plume. M. Preudhomme , son Etêay ûutructifde l'art d'etcriture ( in-8% 1 6 3g ) prescrit ( Maxime XXVII , p. 1 6 a )

Toutes lettres capitdes, cadeaux, ou traits volants (que Ton appdle), seront faits, le et la main en l'air, en leur donnant une vive chasse. » ^ D'autres «ont fait venir ce mot cadeau d'un fameux traiteur de Paris, qui s'appeloit ^ Cmdêou, ou bien d*un marchand de la rue Saint-Denis, qui se nommoit ainsi, et qui traitoit souvent ses amis et leur faisoit faire bonne chère. . . — Que ne disoit-(on) plutât que CÊÊdeau vient de cadendo, parce que dans ces repas on boit souvent un peu trop, ce qui ittt chanceler et ensuite tomber les buveurs? et voilà comment finit un cadeau, et ce pourluii bien être aussi ce qui Ta fait nommer de la sorte.)) - Albiiin, Nouv, obierv, êur la Umg, franc., i688, p. 286-387.

Aucun dictionnaire avant le Diction, fr.-lat, imprimé en 1677 au chAteau de Duillier, en Suisse, et celui de Richelet (t68o) ne donnent un autre sens. Cependant, dès i65o, Ménage {Originet, p. i6â) dit déjà : «rPar métaphore, nous disons : Faire de» cadeaux, pour dire : faire de» chose» »pécieu»e», mai» inuttle».n — L'emploi du mot, si fréquent dans Molière, fut de courte durée; Ménage, dans ses Ob»ervation» , 167a, I, 998, dit : tCe mot de cadeau, en cette dernière signification, est plutôt de la vUle que de la Cour. On dit à la Cour : donner unefette. C'est donc ainsi qu'il faut parier pour bien parier.»

«r Cadeaux se dit aussi des repas qu'on donne hors de chez soy, deçà et delà , et particu- Kerement à la campagne. Les femmes coquettes ruinent leurs galants à force de leur faire fidre des cadeaux. £n ce sens, il vieillit.» - FcasTiiaB, Diction., 1690.

Cadeau est employé avec son sens primitif dans les vers suivants :

De plus, mainte chose l'estonne.

Force cadeaux prodigieux

Écrits sur la voûte des cieux,

Chichefaces, cocquesigrues,

Dragons et Chimères cornues. - Richbb, Ovide bouffon, 166a, p. t/to.

Puis, aspergé d'une eau peu claire

Dont son habit eut maint cadeau,

n prit un visage d'oiseau. - 1d. , ibid, , p. 598.

Dans les Amour» de Trapolin (166a), Dorimond personnifie les sieurs Bal et Cadeau à Taide d'un mauvais jeu de mots :

Les jaloux eussent-ils l'exactitude entière.

Les sieurs Ba»le et Cadol viennent rompre en visière. - Se. 3.

Cadence : en cadence.

En cadence, violons, en cadence ! — Préc. rid. , se. 1 a.

Monsieur le pédant faisoit des cabrioles et des entrechats à la romanesque, et il sautoit des piecLs et des mains comme un crapaut que l'on mené en lesse; il alloit en cadence comme une corneille qui abat des noix ; jamais on n'a vu si bien remuer le pot aux crottes ny secouer le jarret.

D'Odîilli, Conte», 16ÂA; Paris, Jouaust, i883, II, p. 961.

Je luy proposay. • . de danser chacun deux ou trois passages d*une sarabande. . , Je commençay donc sans façon le premier couplet, et, quand elle dansa le sien, je ne vis jamais rien de si ridicule. Elle portoit les bras en avant comme si elle cust soutenu quelque chose, et mettoit, en marquant la cadence, celuy qu'elle portoit en haut au-dessus de sa teste, pendant que l'autre estoit plus bas que ses genoux. - Ara^ et Simandre, 1679, I, p. 169.

316 cadencé — cadrer

Cadencé : prose cadencée.

C'est proprement ici un petit opéra impromptu, et vous n^allez entendre chanter que de la proêe cadencée ou des manières de Ters libres. . .

Mal imag.y II, 5.

3|e L^impromptu dont il s^agit ici est, en effet, écrit en vers de différentes menras* avec des rimes plus ou moins inexactes. La prote cadencée et rythmée comme des ven n'est pas rare dans Molière; sans parier du SieUiên, dont un savant éditeur modenM, peut-être un peu aventureux en la circonstance, M. Anat de Montaig^oo, a pu disposer le texte en vers de différentes mesures, on trouve dans d'autres pièces, dans P^Mrs, aar exemple, à cAté de nombreux vers alexandrins, de longs passages en vers libres qm se suivent. Nous nous bornerons aux exemples suivants que nous pourrions multii^ier -

Seroit-ce de regret de m'avoir fait heureux. Et vous repentez-vous de cet engagement

Où mes vœux ont pu vous contraindre? I

— Et je crains fort de vous aimer Un peu plus que je ne devrois.

— Puisque les seules actions Font connottre ce que nous sommes,

Attendez donc au moins à juger de mon cœur. Et ne cherchez point de crimes.

— Je crois que vous m'aimez d'un véritable amour Et que vous me serez fidèle ;

Je n'en veux point du tout douter, Et je retranche mon chagrin Aux appréhensions du blâme Qu on pourra me donner.

* Voir notre édition de l'Avare, Paris, Paul Dupont, p. 93-a5.

Cadrer ou Quadrer.

Les poires ne sont pas encore bien mûres, mais elles en eadmt mieux avec la dureté de votre âme. - Comt. éCEecarh.y se. &.

i666 Les livres cadrent mal avec le mariage. - Fem. $ao,j V, &•

1 US Et leurs Majestez Catholiques Trouvèrent cet endroit plaizant, Qui quadre fort au temps présent. - Lorbt, Muze hietor,, i^ nov. iGSg.

175 Ce suiet bien ima^é

D*un balet (ut accompagné,

Duquel l'invention galante

Fut tout à fait divertissante.

Et quadrant à Thymen du Roy. - Id., Und., s 5 août 1660.

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