ADIEU VOUS DIS — ADJECTIFS
Mille différentes parties formèrent cette admiraUe; tout l'air, l'action, la manière de parler, une langueur mêlée de retenue, sans art et sans affectation, la rendoient sans égale. - Araspe et Smandre, 167 a , l, p. 66-67. - Voir aussi ibid,, I, p. 16^179.
^ En 1657, parut chez le libraire Courbé, à Paris, un livre qui pourrait être Toeuvre de Conrart, à qui en a été accordé le privilège; il est intitulé : «Traité de Vaction de Torateur, ou de la prononciation (du débit) et du geste. n Le sous-titre explique le titre, le mot action : c*e$t-à-dire le débit et le geste.
Adieu vous dis, locut. populaire, adieu.
&65 Mais si dorénavant votre imprudence éclate,
Adieu vous dis mes soins pour Tobjet qui vous flatte.
VÉt., II, 1.
Adieu voue die. Seigneur.
lHal,fort plmeant de deux marchande, 1873. Var. litt. Bibl. elz., I, 86.
Enfin tous ceux et toutes celles, Tant jouvenceaux que jouvencelles.
Qui m^aimei et que j^aime aussi, Aiieu voue die, le cœur transi.
ScABBOR, (Euvr., Paris, Darid, 1700, 1, 999-993.
997 Bonsoir, Princesse, adieu voue die :
Il faut songer au Paradis. - Loin, Muze hiet,, 9& mars 1657.
Et puisqu^enfin nous voicy sans témoin,
Adieu voue die, vous et vos jours de fête. - La Fort., Contée, II, 8.
Adjectifs :
1^ Adjectif placé avant le substantif qualifié :
Il faut avouer que le vôtre (votre père) animeroit contre sa vilanie le plus ;?o^ homme du monde. - UAv., Il, 1.
Ne me viens point amuser avec tes traistresses paroles.
Bourg. gefU.y III, 8.
Après tant d*assidus hommages. - Bnd., UI, 9.
Que me sert d*étre un etffieant homene à prendre les pieds d'un arpent?
Malh., Trad, épUr. 88 de Sénèque.
Foi et beauté sont tous deux de féminin genre,
Malh., Comment, eur Deeportet; Amoure de Diane, Chanson v.
hab Que les hommes, les Dieux, les Démons et le Sort
Préparent contre nous un général effort. - Id., Hor., II, 3.
1559 y al cru dans sa naissance et votre dignité
Pareille aversion et contraire fierté. - Goiui. , Sertor,, V, 1 .
G^est un rieur sous cape, et tous ses beaux semblants, S*ils amorcent qudqu un, le mettent en drapi bUmcê, Dit-on dn^ Monet, beau-père, ou blancê draptî — Il n importe.
Th. Gom., Omt. é^Org,, II, i.
1 13 Mais la uuU vertu peut souffrir la clarté. - Dbspr., ÉpU, IX.
18 Et la crainte aervile en fUtA amxmr. - Id. , ÈfU, XII. 3 Lui seul y fit longtemps la fuhliqw misère. - Id. , Art pcét,, IV.
6 1 Le ddêoU vieiUard qui hait la raillerie. - Id. , Lutrin, IV. 9a6 Tombe un chêne abattu des vcinm A^uUotu. - Id., ibid,, ibid. 861 Je ne viens point ici, par dejalouset lartnêt. . . - Rac, Androm,, III, 4.
4t Vaugelas 8*est préoccupé de la place de Tadjectif :
«n y a, dit^il, des adjectifs mie Ton met toujours devant les substantif, et d*autres que Ton met toujours après. . . Il s agit donc seulement des adj. qui peuvent se mettre avant et après les subst., et de sçavoir quand il est à propos de les mettre devant ou derrière. Je n*ay point trouvé que 1 on en puisse estabiir aucune règle, ny qu^il y ait en cda un plus grand secret que de consulter Toreille. M. Goêffeteau est celuy de tous nos autheurs qui aime le plus è mettre Tadj. devant, fondé, comme je crois, sur cette raison que la période en est plus ferme et se soustient mieux, au lieu qu*elle devient languissante quand radj. est après. Nos modernes écrivains, tout au contraire, donnent beaucoup plus souvent la préséance au subsL qu'à Tadj., fondés aussi, comme je Testime, sur ce que cette façon de parier est plus naturelle et plus ordinaire, au lieu que Tautre semble avoir qudque sorte d*affectation.f> {Rem,, édit. Ghassang, p. 809 et suiv.)
Après avoir rappelé un passage d^une lettre de Balxac qui touche en plaisantant & cette grave question sans la résoudre. Ménage ne s*en rapporte pas à Toreilie : «Il faut, dit-li, considter Tusi^ en ces sortes d'occasions.]» {Obeerv,, II, p. â&5.) H reprend le P. Bouhours, qui a dit «la divine paroles au lieu de «la parole divine», etc.
Dans ses Obeerv, eur Malnerbe, Ménage avait déjà traité ce sujet à propos de ces vers :
Mais ce Roi, des bons Rois Tétemel exemplaire. Qui de notre salut est Tange tutélaire, VvrfaUUbU rrfuge et Yatswn eecoun . . . , De queb jours assez longs peut-il borner sa vie Que notre affection ne les trouve trop courts?
Malh. , Poitr le Bm aUant en Limoutin,
Nous ne pouvons que renvoyer au long et intéressant passage des Obeervatione, 1 689 , p. 973-9'^5.
Ghapelain, au dire de Th. Gomeille {Obeerv, eur Vaugelae)^ pensait que «pour l'ordinaire, Vadj. qui a une terminaison féminine va mieux devant le subst. qu'après». Mais il admet de nombreuses exceptions. G'était aussi l'opinion de Malherbe et de Gombauld, recueillie par Pellisson dans sa Relation de VAcad. franc,, mais longuement discutée par Ménage dans ses Obeerv, eur Malh,, que nous venons de rappeler.
2^ Adjectifs variables (Participes présents invariables transformés en), et placés avant le substantif:
Nous voyons une vieille femme mourante . . . , assistée d'une jeune fille toute JimdatUe en larmes. — Fourb. de Scap.y I, 9.
ADJECTIFS as
Que mon mariage est une leçon bien fMrïaïUe à tous les paysans qui veulent s'élever au-dessus de leur état! - G. Dand., I, i.
De chatowUantes approbations. - Bourg, gent.y I, i.
1 38 Le eonbraignant effort de ces aveux en face. - Fem. sav.y 1,3.
9&6 Mais Monsieur Trissotin
M'inspire au fond de Tâme un dominant chagrin. - Ibid. , 1,3.
1761 Et c'est un stratagème, un surprenant secours. - Ibid.y\^ k.
Tai passé plus avant : les arbres et les plantes
Sont devenus chez moi créatures parlarUêi. - La Font., Fables, I, p. i3o.
Si Téclat plait d^abord, il blesse dans la suite : La dépense a souvent un chagrinant retour.
Hautiiochi, Bourg, de qwU., IV, iv.
* Un commentateur cite contraignant comme trun mot entressif que nous avons perdu». Contraignant n*a jamais appartenu à la langue française; Molière Dut ici du part, de conraimdro un emploi qu'auraient pu revendiquer les Précieuses, et qui tendait à devenir à a mode. D applique à tous les participes une transformation que TAsage admet seulement wxr qudques-uns, comme : couleur ckangeante, preuve concluante , menace effrayante, etc.
Vaugelas a traité ce point, mab sans faire la distinction, due aux grammairiens molemes, entre les participes présents, toujours invariables, et les adjeetifii verbaux, qui ont variables. (Vaug,, édit. Ghassang, II, p. iSa-iSg.) Ni Th. Corneille ni TAcad. ranç., qui ont commenté Vaugelas, nWt débrouillé la question. - Voir Ghassang, Nouv. T.Jr», Cours sup., p. 371-373.
Ce langage, dont Molière semble avoir adopté la mode, se remarque déjà dans Scudéry. idnî-d pane, dans Almahide, «d'une penéattante image», du vméprieant comte de Peafidn.p. 61, 697.
3® Adjectif masculin appliqué à des noms féminins.
1083 Mais le sort nous traita tous deux diversement.
Éc. des Mar.y III, 9.
* 11 s'agit d'Isabelle et de Léonor; il fallait donc toutes deux. Molière est ici en désaccord avec les grammairiens, et avec Regnard :
Or je vous disois donc tantôt que l'adjectif
Devoit être d'accord avec le suJbstantif . . .
n faut les accorder en genre, en nombre, en cas. - Richard, IKilrait, III, 3.
Voir Autre, pronom, au masculin, représentant un nom féminin.
U^ Adjectifs : accord avec le dernier mot :
666 Votre fis a la fièvre, ou jambe ou bras cassé. -Dép. am., II, 5.
Ils (les deux poètes, Bertaut et le card. du Perron) escrivent : vL'vtfortune et V horreur sur le visage peincteii, sans s'obliger à mcttrt^ peincteê : parce qu'ils voyont qu'un epithete ou participe singulier respond aussi bien aux deux noms de mesme genre qu'un pluripl. - M"* dk Goubhat, VOmbre, 1627, p. 693.
• «fkUUal* SASiMSAUl
A soixante et huit ans, estrce un si grand déclin. Pour. . . — Je ne ies aurai qvCk la Saini-Jean prochain,
Rbgnibd, Légat, univ,, I, 7.
5** Adjectifs : L'un et Vautre^ s'accordant avec le singulier.
75 J'ai voulu, je Tavoue, ajuster ma conduite,
Et voir d'un œil égal l'un et F autre mérite. — D. Gare. , I, 1 .
8do A Tenvi l'un H Vautra étaioit sa manie. - Gorr., PoL, III, 3. i683 L'un et Vautre est Romain. - Id., Sophon., IV, 5.
* Corneille a employé aussi l'un et l'autre avec le pluriel :
908 Je ne sais plus qui croire, ou d^elle ou de sa plume;
L'un et l'autre en effet n*ont rien que de léger. - lo., Mâite, III, 3.
Enfin, après avoir dit, dans Hiradnu, en 16^7 :
1 169 Si Ton ne me découvre, il faut que je m^exposc. Et l'un et l'autre enfin n^est que la même chose,
il change ce second vers dans Tédit. de i663 , et dit :
Et l'un et l'autre enfin ne êont que même chose. - lo. , HéracL, IV, 1.
L'un et Vautre approcha, ne craignant nulle chose. - La Fort., II, p. 190.
L'un et l'autre vaisseau, Malmené du comhat et privé de pilote
Au gré d^Éole et de Neptune ^/te. - Id., IV, p. /io3.
Racine emploie tantôt le singulier, tantôt le pluriel après l'un et Vautre :
667 Et l'un et Vautre camp les voyant retirés
Ont quitté le combat et se $ont eéparée, - Rag. , 7^., III, 3.
^76 L'un et Vautre à la Reine ont-ils oeé prétendre? - Id., Mithr,, II, 3.
H a exercé dans Vune et Vautre fortune le génie du courtisan.
La Bidt., I, p. 336.
L'un et l'autre, devant un substantif, comme dans Vun et l'autre mérite, fait o£Bce d^adjectif; devant un verbe, comme dans l'un et l'autre est Romain, il fait Tofiice de pronom. Cette distinction étant établie, nous avons cru bon de réunir, dans un même article, pour simplifier, des exemples des deux emplois.
«rL^UN R L^AUTRB. Ou le met avec le singulier et avec le pluriel. Tous nos bons autheurs sont pleins d*exemples pour cda, et il est paiement bien dit : rsL'un et Vautre (rvous a obligé», et ^L'un et Vautre vous ont obligé.» - Vaugilas, édit. Chassang, I, p. 939.
Thomas Corneille dit à ce sujet : «M. Chapelain dit que Vun et Vautre est plus élégant avec le singulier. Il me semble que cela est plus dans Tusage.» ~ Th. Cobr., Comment, sur Vaugelas, tbid,, I, p. 339.
«Quelques-uns ont cru que Vun et Vautre se mettent plustôt avec le singulier qu^avec le pluriel, us n*ont pourtant pas blasmé le pluriel.» - Observ. de VAead,/r. sur Vaugelas, Paris, 170Â, in-4% p. i58.
Dans sa dernière édition, 1878, T Académie ne formule aucune règle, mais donne cet exemple significatif: vL^nne pt Tautre est bonne, sont bonnes.»
6^ Adjectif qualifiant un nom précédé de la prép. de :
* Voir Di entre un cpudificatif et un nom qualifié.
7** Adjectifs : comparatif pour superlatif.
a Nous verrons de nous deux qui pourra l'emporter, Qui, dans nos soins communs pour ce jeune miracle, Aux vœux de son rival portera plus d'obstacle. - UEi. , I, i .
1889 Mais je vais employer mes efforts plus puissants. - Ibid.,y, 7.
* Cest-à-dire U plus d'obstacle, mes efforts (et plus puUtatUi, ou mes plus puissanU efforts.
1896 Si vous leur dérobez leurs conquêtes /^It» belles. - /6û^., V, 8.
780 Le remède plus prompt où j'ai pu recourir
Cest de pousser ma pointe. . . - Dép. am., UI, 1.
Quel est celui de ces deux princes que vous croyez que je regarde d'un œil plus doux? - Am. tnagnjf.y II, 3.
* G^est-Â-dire leurs conquêtes Us plus beUes, le remède le plus frompt, de Toul le plus domx.
Si ce qui m'est plus cher se sépare de moi. - Disportbs. Et les derniers enfants sont toujours mieux aimés. - Id.
* Malherbe (voir IV, SgS, et IV, /167) condamnait cet emploi du compar. pour le saperi. (voir Brunot, Doctrine de Malherbe, in-8% 1891, p. 869 ); cependant il en fournil des exemples.
Cette forme est tellement firéquente dans d*Urfé qu^on est forcé d*admettre qu^dle est voulue.
Je ne prends pas tout ce que Ton m'apporte, pource qu'il y a force sottises; je choisis seulement ce que je crois être moins mauvais, - Mâlh., UI, hSà.
Encore remarqua-t-ii la brebis plus chérie de sa maistresse.
D'IIari, L'Astre, 161/1, 1, p. û\
Ils la portèrent dans la cabane plus proche.
lD.,ihid., I, p. 5*. -Cf. lD.,t6ûi., l,p. 7o^ 35l^ /i6a''*^; II, p. 77A
Vous, Monsieur. . ., pouvex descouvrir les choses plus cachées,
VoiTDBB, Œuvr.f i656, p. 199.
1730 Vos discours par les leurs ne sont pas effacés;
J'en garde en mon esprit les forces plus pressantes, - Oorn. , Hor. , V, 3.
873 Et je tiendrois des deux celui-là mieux épris
Qui Davoriseroit ce que je favorise. - Ib., Z). Sanche, III, k.
\k\ » . . » . C'est bien le cuir plut doux,
Le corps mieux fait, la taille plus gentille.
La Fort. , II, 3. - Contes, Le Berceau,
11 veut toujours préférer votre estime
Au bien pluM doux, à I^honnour plut $ublime.
SAiifT-AiG!iAic à Scarron. - Scirbon, CEuvr,, Parb, David, 1 700 , 1, i3i.
Puisse être en proie au loup ta brebis jiliu chérie,
Si tu laisses mou âme en proie à ta rigueur I - Th. Gobh. , Amom' à la mode, II, s.
On peut, ce me semble, chercher des causes plus sensibles de ce soAt d^mnré des coquettes pour les vieilles gens. Ce qui est pluê apparent, c*est qu elles aiment les prodiges. - La Roghbf., I, 3a3.
La porte de la ville (de Bordeaux) qui en est plue proche (du lauboorg) eil b porte Dijaux. - Id., II, a 00.
873 Chargeant de mon débris les reliques plue chèree. - Rac, Bt^axti, III, 9.
Je n'ai pas laissé d'enrichir ma pièce de tout ce qui m*a paru plu» édatwU dus la sienne. - lo., Phèdre, Préface.
* Voir, page 54 , ce qui est dit sur un point analogue dans Tartide Ad? ■■■■••
8® Adjectifs : superlatif de forme latine. 613 Mascarille est un fourbe, et {ourhe fourbissime. * UÉU^ II, &.
M* Pasquier sera déclaré le pédant pédanti$timê do Tunivers.
Le P. Garasse, Rech, det Bech, de M' EêU Paequier, 1699 , p. 116.
Pour moy, j'y consens de tout mon cœur, à ce que, s'ils ne sont desjè bestes ti pocorcs, qu'ils soyent bettissimee et pécores pn:ortMtmf«. - Id., ibid,, p. 706.
Depuis ce matin , nous devînmes grandiuimei amis.
Chapbla», Trad, de Guzm, d'Alfar., i63o, III, hZu
Celle qui sur le cuir vilain De son pedantienme soin Fait éclater la perle exquise . . .
N'a qu'une salière d'étain.
ScABBON, Dern. GEuvr,, Paris, David, 1700, 1, 175.- La BetromSdL
Je luy fay grâce de quantité d'autres remarques, qui le convainquent de pimaa tiuime, - Id., ibid., I, tti3.
Socrate, homme êavatUistime, . ,,
A dit que, qui se mariera.
Tôt ou tard s'en repentira. - MoirrrLBUBT, Mariage de rien, se. 3.
Quoil sans avoir égard è mon savoir 8ul)limc,
M'appolor ignorant I -Mémo ignorantiêtitne, - La Thuilbbib, Critp,précepi,, i3.
Ton maître est astrologue? ~ Aêtrologiêtime. - Th. Cobr., Feint Aeirol., U, 9.
Comment le trouves-tu, Comte? - Admirable. - Et vous? - y4dimra6t/tttîfii#.
BouBSAUT, Portrait du Peintre, 1 663 , ac 7.
Je sçay que vous êtes fort gueux,
Fort fourbe. - Fourbe? - FourbiMêitne, - Poisson, Le Zig-^utg, se. 6.
* Déjà, en i5&5, dans son Traité touchant le commun ueage de l'EecTxtwre frememae, Mcigret parle de ces superlatifs k forme latine qui venaient de faire leur apparition, et dont Jacq. Dubois (Sydvius) n'avait dit mot dans son leagoge in linguam galÛeam (i53i) : <rAu regard de la nouvelle invention des superlatifs latins en iuime, dit MeigrcI, romine
UlustrtMtimê, rwermuUMiimê , cpie nous pouvons appeler superlatifs titulaires, Tusage de la langue françoise ne les peut goûter, et encore moins digérer.» - Voir notre ouvrage : La gramm^fnmç, H l$$ grammaineru au iri* tièele, in-8*, p. 73.
Bamus, dans sa uram, franc,, ib^ûy dit de son cAté : vlUuêtriêêimê, inmctUtime, daefiimm, revirmdmimê, sentent un latinisme que le François ne peut goûter, et encore moins digérer.» Ce sont les termes de Meigret.
Jean Fillot, Gaïlicm Imguœ itutitutio, i58i, se déclare pour les formes nouvelles, en s*appuyant sur la Cour : «Quelques-uns, dit-il, voulant enrichir notre langue, lui donnent un supoiatif à Timitation des Latins; ils disent, pour trn tçavant, tçavantUnme, pour fret bom, boniêtimê, pour trm révérend, reverendiiêime.n Ces formes sont dues è la Cour, dont Tautorité est telle qu*il vaut mieux se tromper avec elle que de bien parler avec les autres, et que Ton a toujours raison avec ce mot : «Elle Ta dit.»
Jacq. Pelletier, dans son Art poétique franeoU, va plus loin; il n^hésite pas i rédamer, avec les superlatife grandiêtime et beitnifM, les comparatifs grandieur et Mieur,
H. Estienne, dans son Langage françoU italianiaé, 1678, constate que les formes italiennes du 8iq>erlatif continuent à envahir la langue; ces superlatifs étaient «fort plaisants aux courtisans, comme sonnans fort bien et ayant quelque garbe, tellement qu*il nous faudra dire plustost doetiMeime que treidocte, bdlietime que treebeau, boniêeime que treebonn , p. 91 5. Cependant, disait le même H. Estienne dans la Preeellence de la langue françoite, 1679, p. 58, en empruntant aux Grecs cette particule très (rpU) et en disant treebon, ne sommes-nous pas supérieurs aux Italiens qm disent bamitimoT «La langue italienne se peut-elle vanter d*avoir crédit à Fendroit de la grecque 7»
J. Ânt. de Baif affectait d*employer ces formes nouvelles; Joachim du Bellay Ten punit en lui adressant le fameux sonnet :
Bramme esprit, sur tous excellentime . . ,, Docte, doctieur et doetime Baif.
Au xvii* siècle, le grammairien Ant. Oudin, encore dans son édition de i6&5, p. 88, dit : «Nous empruntons de Titalien doctieeime, excellentieeime , grandiseimê , ignorantieeime , fUeeime, eanetUeime et ssrsntMtme» , p. 88.
Le P. Bouhours n'admettait ces formes superlatives que dans certains cas spéciaux : «La langue françoise, dit-il, n'a point de ces termes quon appelle superlatifs, non plus que la langue hébraïque. Car grandieeime, bellieeime, habilieeime, dont les provinciaux et mesme quelques gens de la Cour se servent, ne sont point françois; et pour Uluêtriseime , reveremdteeime, eerenisemiê, generalieeime , ce sont des termes établis pour marquer les qualitex des personnes et non pas pour exagérer les choses.» - Le P. BonaoïiBS, Ariete et Èug,, a* édiL, 1671, p. 72-78.
9^ Adjectifs : suppression ou élision de Ve final au féminin.
/i83 Ces protestations ne coûtent pas grand chose. - Dip. am., II, 3.
589 Il me fait grand pitié, — Éc. des Mar.y II, 6.
665 Le bal et la granihande^ à savoir deux musettes. - 7aW., II, 3.
700 Vous n'aurez pas grand^peine à le suivre, je crois. - /Wrf., II, 4.
898 Si le Roi m'a voit donné
Paris sa grand^mUe. - Misanth,, I, s.
7/16 II porte une jaquette à graniTbasques plissées. - Ibid., II, 0.
Ouais I il a grani peine à saluer. - G, Dand., I, 9.
28 ACHEVÉ — ACRETÉ
Un cancre oui te mansera Te feront détester la ne.
RiCHia, Ovide hotffon, 1669, p. 118. - Cf. Id., ilnd., p. /ii3.
Epargnei-4ui ces pas. U n*e8t plus temps de feindre.
Le YOici. •— Nous voilÀ bien aehevéi de peindre, - Rbghaid, Jauêur, V, 7.
Poisson a employé cette locution dans un double sens :
S*il remmène è Madrid, j*y vais. — A quelle fin? — Tu fignores? — Non, non, je voi votre dessein. Votre portrait s*y fait, et je sçai qu^ii doit estre Dans une grande place élevé pour paroitre ; Mesme, il doit être vu de tous les curieux. Gomme il n*est que croqué, vous voulex qu*il soit mieux; Je connois votre numeur, et vois que, sans rien feindre. Vous ailes à Madrid vous achever Je peindre.
Poisson, Foux de pudité, se. 7.
Acoquiner, accoutumer.
i&55 Mon Dieu, qu'à tes appas je suis acoquiné I — Dép. am., IV, &.
Nous les verrions (les femmes) nous courir, sans tous ces respects et ces soumissions où les hommes les acoqumenU - Princ. d^È.y III, 9.
4t «Nous sommes comme ces vieux locataires que la longueur du temps a tellement ocoquinée en une maison que, quelques incommodités qu*ils y reçoivent, il leur est impossible d*en voul<nr partir.» - Malh., Trad, dee Ép, de Sén., ép. lxx, t. U, p. 5Ai*
Je vous confesse ma poltronnerie; je suis acoquiné k la vie.
Baliag, Lett, à Conrari, 91 juillet i653.
Vous faites donc de Tarchitecte, Et votre vertu qu'on respecte S'acofuinera de façon Que vous passerex pour maçon.
SciiRO!!, Virg, trav,, Paris, David, 1705, I, 807.
On a^acoquine à servir ces gredins-li, je ne sab pourquoi.
Rmhaid, Sérénade, se. 19.
Le premier dictionnaire où nous trouvions acoquiner, accoquiner, est celui de Nieot, 1578;
fKÂceequiner, dit41, c^est rendre qudqu*un ou quelque beste si priveement en sa hantise , que ne veuille être nulle part ailleurs. — Accoquiner un oiseau. — Accoquiner aussr est prendre le train paresseux aun coquin et fayneant, comme : U i'eet accoqumé.n
Âgreté.
Je vous abandonne. • • à Yâcreté de votre bile. — Mal. imag.y UI, 5.
Ce n*est pas par des simples que Vdereté de mon sang peut se guérir.
Rbgrard, Hom, à b,fort,, I, 6.
♦ Âmbroise Paré, liv. VU, ch. xv, parle de «rracrimonie de Thumeur bilieux».
acrostiche — acte 29
Acrostiche.
679 fen veux faire un poème en forme d'acrostiche. - Fâck,y III, a.
4c n délnte aussi des vers aeroêtiehet où les lettres de quelques noms sont au commencement ou au milieu. . . Il faut. . . que son entendement soit furieusement accroché dans ses vers ûeroêtiche$. - Soibl, Polyandrt, II, Ai 5-4 16.
J^ay veu qvCun sonnet aeroêtieke, Anagramme par Tenûstiche Aussi bien que par les deux bouts, Passoit pour miracle chez vous.
SAiirr-AMART, CEuvr., Le Pékê erMté, édit. Gh.-L. Livct, dans la BibUolh. elth., 1, • 9 0-991.
«AcBoanciB. Ouvrage composé d'autant de vers qu'il y a de lettres dans le nom qu'on a pris pour sujet, et dont chaque vers commence par une des lettres de ce nom prises de suite. 9 - AcAD.
P. Delaudun d'Aigaliers dans son Art poàiquê (1597) ne parle pas de l'acrostiche. G. CoUetet n'en dit qu'un mot dédaigneux dans son u^mié du iotmet (i658) : selon lui, les sonnets retournés sont «un travail fort laborieux et oui n'est pas de grande édification, non plus que les sonnets aeroitiehet, mésostiches, en losanges, en croix de Saint-André, et antres usures grotesques dont on peut voir le véritable modèle dans les écrits alam- Inquei de nabanus MaurusT». - P. 87.
A la fin du premier prologue du Ckariot de trwmphe. . . par Hugues Millotet (1B61) , on trouve :
i*'acte. 9* acte. 3* acte. h* acte. 5* acte. Sainte Reine priez pour nous.
Toutes les scènes de la présente tragédie commencent par chaque lettre de ces cinq paroles, et tous les acteurs et actrices qui ont représenté laoite tragédie ont leur aeroêtieke en leurs discours par chaque lettre de leur nom et surnom. - Imp. à Autun , chez Bi. Simon ,
Ménage, dans ses Obeerv,, 1, 1679, p. 191, remarque expressément que le mot acroeiiehe est masculin : ce qui donne à penser que quelques personnes le faisaient féminin.
Vingt ans après Ménage, Andry de Bois-Regard écrit :
eAcrûetiehe. On fidt ordinairement ce mot féminin.)» Et il ajoute : «C'est une chose fort méprisée aujourd'huy que Vacroetiche, et, quand on dit d'un poète que c'est un faiseur d'«erof(iesUs, c'est en dire assez pour le rendre ridicule; en effet, il n'y a qu'un petit esprit qui puisse mettre son application è une si petite chose, joint que jamais on ne vit de bons vert dans une acroeiiche. . . n
Ahdbt db Bois-Rbgabd, Ré/Î, eur Vueugeprée» de la lang,fr., 1699, p. 99-98.