ADIEU VOUS DIS — ADJECTIFS
Mille différentes parties formèrent cette admirable; tout Tair, l'action , la manière de parler, une langueur mêlée de retenue, sans art et sans affectation, la rendoient sans ^ale. - Aroêpe et Sinumdre, 167 a , l, p. 66-67. - Voir aussi ibid. , I, p. 16^-179.
3|t En 1657, parut chex le libraire Courbé, k Paris, un livre qui pourrait être Tœuvre de Gonrart, à qui en a éié accordé le privilège; il est intitulé : cTraité de Vaction de Torateur, ou de la prononciation (du débit) et du geste. ?> Le sous-titre explique le titre, le mot action : c*est-à-dire le débit et le geste.
Adieu vous dis, locut. populaire, adieu.
/i65 Mais si dorénavant votre imprudence éclate,
Adieu vous dis mes soins pour Tobjet qui vous flatte.
UÉL, II, 1.
Adieu vouê dii. Seigneur.
Dial,fort plaisant de deux marchande, 1673. Var. litt. Bibl. ek., I, 86.
Enfin tous ceux et toutes celles, Tant jouvenceaux que jouvencelles, Qui m*aimes et que j^aime aussi.
Adieu voue die, le cœur transi.
ScARBOR, CEuvr., Paris, David, 1700, 1, 999-998.
997 Bonsoir, Princesse, adieu voue die :
U faut songer au Paradis. - Lorst, Muze hieL, 9 A mars 1667.
Et puisqu^enfin nous voicy sans témoin,
AdUu voue die, vous et vos jours de fête. - La Fomt., Contée, II, 8.
Adjectifs :
1^ Adjectif placé avant le substantif qualifié :
h faut avouer que le vôtre (votre përe) animeroit contre sa vilanie le f lus posé homme du monde. - UAv,, II, 1.
Ne me viens point amuser avec tes traistresses paroles.
Bourg. genUy III, 8.
Après tant Sassidm hommages. - Ibid., III, 9.
Que me sert d*étre un enfant homme à prendre les pieds d*un arpent?
Malh. , Trad, épitr. 88 oc Sénèque.
Foi et beauté sont tous deux de féminin genre,
Malh., Comment, eur Desportee; Amoure de Diane. Chanson v.
/îa5 Que les hommes, les Dieux, les Démons et le Sort
Préparent contre nous un général effort. - Id., Hor., 11, 3.
1559 Tai cru dans sa naissance et votre dignité
Pareille aversion et contraire fierté. - Goui. , Sertor., V, 1 .
G*est un rieur sous cape, et tous ses beaux semblants. S'ils amorcent qudqu un, le mettent en drap$ bUmct. Dit-on dreqn blane$, beau-père, ou blancM drapif — li n'importe.
Th. Corn., CamU d^Org,, D, i.
1 13 Mais la uulê vertu peut souffrir la dartë. - Dispk., EpU» IX.
18 Et la crainte servile en JUid amour, - lo. , ÉpU. XII. 3 Lui seid y fit longtemps la publique nûêère, - Id. , Art poét, , IV.
Al Le déeoU vieillard qui bait la raillerie. - Id., Lutrin, IV. 9a& Tombe un cbéne abattu des voitÛM Aquilone. - Id., Und,, ilnd, 861 Je ne viens point ici, par de jalousée larmee. . . - Rac, Androm,, III, h.
t¥ Yaugelas s'est préoccupé de la place de Tadjectif :
«n y a, dit41, des adjectifs que Ton met toujours devant les substantifs, et d'autres que Ton met toujours après. . . Il s agit donc seulement des adi. qui peuvent se mettre avant et après les subst., et de sçavoir quand il est à propos de les mettre devant ou derrière. Je n'ay point trouvé que Ton en puisse establir aucune règle, ny qu'il y ait en cda un plus grand secret que de consulter Toreille. M. Goéffeteau est celuy de tous nos aatheurs qui aime le plus à mettre Tadj. devant, fondé, comme je crois, sur cette raison que la période en est plus ferme et se soustient mieux, au lieu qu'elle devient languissante quand l'adj. est après. Nos modernes écrivains, tout au contraire, donnent beaucoup {dus souvent la préséance au subst qu'à l'adj., fondés aussi, comme je l'estime, sur ce que celle façon de parier est plus naturelle et phis ordinaire, au lieu que l'autre semble avoir quelque sorte d'affectation.» (Rem», édit. Ghassans, p. 309 et suiv.)
Après avoir rappdé un passage d'une lettre de Balzac qui toucbe en plaisantant à cette grave question sans la résoudre, Ménage ne s'en rapporte pas à l'oreille : crD faut, dit4l, consulter l'usase en ces sortes d'occasions.» (Obeerv., U, p. àà5.) Il reprend le P. Boabours, qui a (Ut «la divine parole» au lieu de «la parole divine», etc.
Dans ses Obeerv. eur Malnerbe, Ménage avait déjà traité ce sujet à propos de ces vers :
Mais ce Roi, des bons Rois l'étemel exemplaire, Qui de notre salut est l'ange tutélaire, VinfaUUble refuge et Vaeeuré eeeour» . . . , De quels jours assez longs peut-il borner sa vie Que notre affection ne les trouve trop courts?
Malh. , Pour le Boi allant en Limoueùi,
Nous ne pouvons que renvoyer au long et intéressant passage des Obeervatùme, 1689, p. S173-975.
Chapelain, au dire de Th. Corneille (Obeerv. eur Vaugelae)^ pensait que «pour l'ordinaire, l'adj. qui a une terminaison féminine va mieux devant le subst. qu'après». Mab il admet de nombreuses exceptions. C'était aussi l'opinion de Malherbe et de Gombauld, recueillie par Pdlisson dans sa Rdation de VAead. franc. , mais longuement discutée par Ménage dans ses Obeerv. eur MM., que nous venons de rappeler.
a^ Adjecttfs variables (Participes présents invariables traa&formés en), et placés avant le substantif:
Nous voyons une vieille femme mourante . . . , assistée d'une jeune fille toute JhndafUe en larmes. - Fourb. de Scap.^ I, 9.
Que mon mariage est une leçon bien parlante à tous les paysans qui veulent s'élever au-dessus de leur état! - G. Dand., I, t.
De chatotdUantes approbations. - Bourg, gent., I, i.
138 Le contraignant effort de ces aveux en face.- Fem. sav.^ I, 3.
3&6 Mais Monsieur Trissotin
M'inspire au fond de Tâme un dominant chagrin. - iiûi. , I, 3.
1761 Et c'est un stratagème ^ un surprenant secours. ~ Ihid.yy^ k.
Tai passé plus avant : les arbres et les plantes
Sont devenus chez moi créatures pariante», - La Fout., Fable$, I, p. i3o.
Si Téclat plaît d'abord, il blesse dans la suite : La dépense a souvent un chagrinant retour.
Hautibocbi, Bourg, de quoi,, IV, iv.
* Un commentateur dte contraignant comme «un mot expressif que nous avons perdu». loniraignani vlsl jamais appartenu à la langue française; Molière fait ici du part, de conrmnàrt un emploi qu^auraient pu revendiquer les Précieuses, et qui tendait à devenir à B mode, n applique à tous les participes une transformation que TAsage admet seidement )our qadque»-uns, comme : couleur ckangeante, preuve conclwxnU, menace effrayante, etc.
Vaugelas a traité ce point, mais sans faire la distinction, due aux grammairiens molemes, entre les participes présents, toujours invariables, et les ai^ectife verbaux, qui ont variaMes. {Vaug,, édit. Chassang, II, p. iSa-iSg.) Ni Th. Corneille ni TAcad. ranç., qui ont commenté Vaugelas, n'ont débrouillé la question. - Voir Chassang, Nouv. T'Jr»9 Cours sup., p. 371-372.
Ce langage, dont Afolière semble avoir adopté la mode, se remarque déjà dans Scudéry. ^uî-d pane, dans Abnahidê, 9 à^wie penécutante image», du vmépriiant comte de Peiafiels,p. 61, 697.
3° Adjectif masculin appliqué à des noms féminins.
1083 Mais le sort nous traita tous deux diversement.
Éc. des Mar.y III, 9.
^t 11 s*agit dlsabelie et de Léonor; il Dédiait donc toute» deux, Molière est ici en désaccord avec les grammairiens, et avec Rcgnard :
Or je vous disois donc tantôt que Tadjectif
Devoit être d*accord avec le substantif. . .
Il fiiut les accorder en genre, en nombre, en cas. - Rigrabd, Dû^rott, UI, 3.
Voir Autrui pronom, au masculin, représentant un nom féminin.
h? Adjectifs : accord avec le dernier mot :
666 Votre fis a la fièvre, ou jambe ou bras cassé. - Dép. am. , II, 5.
îux poètes, Bcrtaut et le card. du Perron) escrivent : «L'ir^ortune ut le visage peinctev^ sans s^obliger à mettre peincte» : parce qu^ib voycnt
Ils (les deux l'horrtur sur
qu*un epithete ou participe singulier respond aussi bien aux deux noms de mesme genre qu^un plurip). - M^* db Godbhat, L'Ombre, 1637, p. 693.
iHraiMmua «atimaU
 soixante et huit ans, est-ce un si grand déclin,
Pour. . • — Je ne les aurai q[u*à la Saint-Jean prochain,
BBeiiiBD, Légat, univ., I, 7.
5** Adjectifs : L'un et l'autre, s'accordant avec le singulier.
76 J'ai voulu, je Tavoue, ajuster ma conduite.
Et voir d'un œil égal Fun et Vautre mérite. — /). Gare, I, 1.
83 0 Â Fenvi l'un et Vautre étaioit sa manie. - Goaii., PoL, III, s. i/l83 L'un et l'autre est Romain. - Id., Sophon., IV, 5.
t Corneille a employé aussi l'un et Vautre avec le pluriel :
908 Je ne sais plus qui croire, ou d^elle ou de sa plume;
L'un et Vautre en effet n*ont rien que de i^er. - Id., MâUe, III, 3.
Enfin, après avoir dit, dans Héradme, en 16/17 *
ixbg Si Ton ne me découvre, il faut que je m^expose, Et Vun et Vautre enfin n^est que la même cnose,
il change ce second vers dans Tédit de i663 , et dit :
Et Vun et l'autre enfin ne eont que même chose. - lo., Hérad., IV, 1.
L'un et l'autre ii^pprocha, ne craignant nulle chose. - La Font., II, p. 190.
L'un et l'autre vaisseau.
Malmené du combat et privé de pilote Au gré d*Éole et de Neptune ^tte. - Id., IV, p. ho3.
Racine emploie tantôt le singulier, tantôt le pluriel après Vun et Vautre :
667 Et Vun et Vautre can^ les voyant retirés
Ont quitté le combat et se eont égarée, - Rag. , Théb, , III , 3.
/I76 L'un et Vautre à la Reine ont-iU oeé prétendre? - Id., Mithr., U, 3.
n a exercé dans Vune et Vautre fortune le génie du courtisan.
La Bbdt., I, p. 336.
L'un et l'autre, devant un substantif, comme dans Vun et Vautre mérite, fait office d^adjectif; devant un verbe, comme dans Vun et Vautre est Romain, il fait Toffice de pronom. Cette distinction étant établie, nous avons cru bon de réunir, dans un même article, pour simplifier, des exemples des deux emplois.
vVm BT L*AUTRB. Ou le met avec le singulier et avec le pluriel. Tous nos bons autheurs sont pleins d'exemples pour cda, et il est paiement bien dit: 9 L'un et Vautre ffvous a obligé n, et 9 L'un et Vautre vous ont obligé.» - Vauoblas , édit. Chassang, I, p. 939.
Thomas Corneille dit à ce sujet : «M. Chapelain dit que Vun et Vautre est plus él^ant avec le singulier. Il me semble que cela est plus dans Tusage.» - Th. Cobh., Comment, tur Vaugdoi, tbid,, I, p. a39.
«Quelques-uns ont cru que Vun et Vautre se mettent plustôt avec le singulier qu^avec le plurid. Us n*ont pourtant pas blasmé le pluriel.» ~ Obeerv. de VAeaéLfr, eur Vamgda», Paris, 1704, in-/î', p. i58.
Dans sa dernière édition, 1878, TÂcadémie ne formule aucune rè^e, mais donne cet exemple significatif: «L'une pt Tautre est bonne, sont bonnes.»
6** Adjectif qualifiant un nom précédé de la prép. de :
* Voir DB eotre un qualificatif et un nom qualifié.
7** Adjectifs : comparatif pour superlatif.
2 Nous verrons de nous deux qui pourra l'emporter, Qui, dans nos soins communs pour ce jeune miracle, Aux vœux de son rival portera jvlu^ d'obstacle. ~ UEu, I, i.
1889 Mais je vais employer mes efforts plus puissants. - Ibid.,y^ 7.
3tc G*est-à-dire le pluê d'obstacle, mes efforts Ub plus puissatUê, ou mes plus pui$sa$Uê efforU.
1896 Si VOUS leur dérobez leurs conquêtes plus beUes, - Ibtd., V, 8.
780 Le remède plus prompt où j'ai pu recourir
C'est de pousser ma pointe. . . - Dép. am., III, 1.
Quel est celui de ces deux princes que vous croyez que je regarde d'un œil plus doux? - Am. magnif., II, 3.
♦ G*est-à-dire leurs conquêtes les plus beUes, le remède le plus frompt, de Tceil le plus doux.
Si ce qui m'est plus cher se sépare de moi. - Dispobtbs. Et les derniers enfants sont toujours mieux aimés. - lo.
^t Malherbe (voir IV, 393, et IV, A67) condamnait cet emploi du compar. pour le superl. (voir Brunot, Doctrine de Malherbe, in-8*, 1891, p. 369); cependant il en fournit des exemples.
Cette forme est tdlement fréquente dans d^Urfé qu*on est forcé d^admettre qu*elle est vonioe.
Je ne prends pas tout ce que Ton m^apporte, pource qu^il y a force sottises; je choisis seulement ce que je crois être moins mauvais, - Malh., III, &8&.
Encore remarqua-t-il la brebis plus chérie de sa maistresse.
D'UBFé, L'Aetrée, 161/1, I, p. a^
Da k portèrent dans la cabane plus proche.
Id., iWd., I, p. 5'. - Cf. Id., iWa., 1, p. ^o\ 35l^ /i6a'**N II, p. ^^U
Vous, Monsieur. . ., pouvez descouvrir les choses plus cachées.
VoiTUKB, Œuvr., i656, p. 199.
1730 Vos discours par les leurs ne sont pas effacés;
J^en garde en mon esprit les forces plus pressantes. - Cobn. , Hor. , V, 3.
87a Et je tiendrois des deux celui-là mieux épris
Qui Daroris^oit ce que je favorise. - Id., /). Sanche, III, U.
i&i • « . • . G*est bien le cuir plus doux,
Le corps mieux faU, ia taille plus gentille.
La Fort. , II, 3. - Contes ^ Le Berceau.
11 veut toujours préférer votre estime
Au bien plu» doux, à Thonneur pltu tMime.
SAiirr-AiGifA!! à Scarron.- Scarror, Œuvr,, Paris, David, 1700, 1, i3i.
Puisse être en proie au loup ta brebis plui chérie.
Si tu laisses mon âme en proie à ta rigueur I - Th. Corn. , Amour à la mode, II, 9.
On peut, ce me semble, chercher des causes plus sensibles de ce goût dépravé des coquettes pour les vieilles gens. Ce qui est pluê apparent, c*est qu dies aiment les prodiges. - La Rocbbf., I, 3a3.
La porte de la ville (de Bordeaux) qui en est plus proche (du faubourg) est la porte Dijaux. - Id., U, aoo.
878 Chargeant de mon débris les reliques pluê ehèret, - Rac., BajazH, lU, s.
Je n'ai pas laissé d'enrichir ma pièce de tout ce qui m'a paru plui Matant dans la sienne. - Id. , Phèdre, Préface.
* Voir, page 5Â , ce qoi est dit sur un point analogue dans Tarticie Adtibbu.
8® Adjectifs: superlatif de forme latine.
6 1 3 Mascarille est un fourbe, et fourbe /our(t5mi«. — LÉU , II, &.
M* Pasquier sera déclaré le pédant pédantiuime de l'univers.
Le P. Garasse, Rech. des Rech, de M' Bit. Pasquier, 1699 , p. 116.
Pour moy, j'y consens de tout mon cœur, à ce que , s'ils ne sont desjà bestes cl pccores, qu'ils soyent bestissimes et ^ccores pecorisstmes. - Id., ibid,, p. 706.
Depuis ce matin , nous devînmes grandissimes amis.
Gbapilain, Trad, de Guzm, d'Alfar,, i63o, III, 63 1.
Celle qui sur le cuir vilain De son pedantissime sein Fait éclater la perle exquise. . .
N'a qu'une sahere d'étam.
Scarror, Dem, GEuvr,, Paris, David, 1700, 1, 176. - La BaronRàê,
Je luy fay grâce de quantité d'autres remarques, qui le convainquent de plaismm tissime, - Id., ibid., I, i63.
Socrate, homme savantissime , . ,,
A dit que, qui se mariera.
Tôt ou tard s'en repentira. ~ MoirrrLsuRT, Mariage de rien, se. 3.
Quoil sans avoir égard à mon savoir sublime,
M'appeler ignorant I - Même ignortmtissime. - La Thuilerie, Crisp.précepU, 1 3.
Ton maître est astrologue? - Astrologissime. - Th. Cork., Feint Astrol., II, 9.
Gomment le trouves-tu, Comte? - Admirable. - Et vous? - AdmirabUissime.
BouRSAUT, Portrait du Peintre, i663, se. 7.
Je sçay que vous êtes fort gueux.
Fort fourbe. - Fourbe? - Fourbissime, - Poisson, Le Zig-tag, se. 6.
* Déjà, en i5&5, dans son Traité touchant le commun usage de l'Escriture françoise , Meigret parie de ces superiatiis à forme latine qui venaient de faire leur apparition , et dont Jacq. Dubois (Sylvius) n'avait dit mot dans son Isagoge in Unguam galUcam (i53i) : «Au regard de la nouvelle invention des superiatifs latins en issime, dit Meigret, comme
Uluêinuimê, retermidutime , qae nous pouvons appeler supeiiatife titulaires, Tusage de la langue françoise ne les peut goûter, et encore moins digérer.» - Voir notre ouvrage : La granun, franc, et le$ erammairtent au ivi* tiède, in-8*, p. 78.
Ramus, dans sa Gram. franc,, 1573, dit de son côté : vlUuttriêsime, invictiêiimê, dœ^ h'swHif, rt99nndwimê, sentent un latinisme que le François ne peut goûter, et encore moins digérer.» Ce sont les termes de Meigret.
Jean Fillot, Gallicm lineum inêtihUio, i58i, se déclare pour les formes nouvelles, en 8*a|^uyant sur la Cour : «Quelques-uns, dit-il, voulant enrichir notre langue, lui donnent un superlatif à Timitation des Latins; ils disent, pour trn §çavant, tçavanûênme, pour fnt bon, bonitmimê, pour tret rmerend, reverendii$imê,n Ces formes sont dues à la Cour, dont Tautorité est telle qu*il vaut mieux se tromper avec elle que de bien parler avec les autres, et que Ton a toujours raison avec ce mot : (rElie Ta dit.»
Jacq. Pelletier, dans son Art poétique francoit, va plus loin; il n^hésite pas à réclamer, avec les superlatifs grandiêsitne et belusime, les comparatifs grandieur et belieur,
H. Estienne, dans son Langage françois italianiti, 1678, constate que les formes italiennes du superlatif continuent à envahir la langue; ces superlatifs étaient «fort plaisants aux courtisans, comme sonnans fort bien et ayant quelque garbe, tellement qu^il nous faudra dire plustost doctitsime que treedocte, bellientne que treêbeau, boniêsime que treebonn , p. 91 5. Cependant, disait le même H. Estienne dans la PreceUenee de la langue françoiu, 1679, p. 58, en empruntant aux Grecs cette particude très {rpis) et en disant treeban, ne sommes-nous pas supérieurs aux Italiens qm disent bonittimoT «La langue italienne se peut-elle vanter d*avoir crédit à Tendroit de la grecque?»
J. Ant. de Baïf affectait d^employer ces formes nouvelles; Joachim du Bellay Ten punit en lui adressant le fameux sonnet :
Branme esprit, sur tous excellentime. . ,, Docte, doctieur et doctime Baïf.
Au XVII* siècle, le grammairien Ânt. Oudin, encore dans son édition de i6&5, p. 88, dit : «Nous empruntons de Titalien doctiêeimê, excdlentiêtime , grandiitime , ignorantiuime , piitaitnê, êoneiiMeimê et ssr«nû«tm«», p. 88.
Le P. Bouhours n^admettait ces formes superlatives que dans certains cas spéciaux: «La langue françoise, dit-il, n*a point de ces termes quon appelle superlatifs, non plus que la langue hébraïque. Car grandmime, bellienme, habUiseitne, dont les provinciaux et mesme qudques gens de la Cour se servent, ne sont point françois; et pour Uluêtriuimê , rwerendutûne , eeremMeimê, generaliêtime , ce sont des termes établis pour marquer les quaiitex des personnes et non pas pour exagérer les choses.» - Le P. Bodbodbs, Aritte et Èug,, a* édit., 1671, p. 73-78.
9^ Adjectifs : suppression ou élîsion de 1'^ final au féminin.
&83 Ces protestations ne coûtent pas grand chose, - Dép. am., II, 9.
589 Il me fait grand pitié. — Ec. des Mar,, II, 6.
665 Le bal et la grand^bande, à savoir deux musettes. — Tari., II, 3.
700 Vous n'aurez pas granâ!peine à le suivre, je crois. - Ibid,y II, 4.
393 Si le Roi m'a voit donné
Paris sa grand'viUe, - Misanth., I, 9.
766 II porte une jaquette à granétbasques plissécs. - Ibid,, II, 5.
Ouais I il a granJC peine à saluer. ~ G. Dand., I, 9.
S'il falloit qu'elle me >int visiter en équipage de granétdame. , ,, on ne manqueroit pas aussitôt de dire cent sottises.
Bourg, gentf III, i9.
Et vous. Madame, pour une grantdame^ cela n*est ni beau ni honneste à vous. - /Wrf., IV, la.
fl n*y a pas jrajuffnandise à manger un peu de bouillL - Malb., II , 33i.
Le festin se fera dans la ^nuuf salle. - Id. , III , 1 36.
Monsieur le Prince entra par la même graiurporte. - 1»., III, &73.
Est-il possible. Sire, que tous en ayei û grand envie que tous dites...? — Oui, j^en ai si grand enrie. - Id., m. Soa.
Quelque chose qui n'est pas de grand importance. - 1»., III, 5&7.
19 Je serois pour tous tout d^amour.
Si TOUS n'étiez point si groMfdame. - Cour., X, 170, Foéi. div.
Finissons la guerre civile.
Et que le pain quotidien Revienne à Pans, la graïuf Tille.
SciRioH, Œuvr,, Paris, Darid, 1700, 1, 17&.
Lavardines et LaTardins
Aiment à remplir leurs boudins;
Ils mangent par ^raïuf glotonnie. - Id., ibid., I, 998.
Ce me deust estre une ^Tan<fhonte,
Et lourde faute ce seroit,
Si tout permis en vers n'estoit.
Mabtir, L'Eicole de Saleme m ver$ huri,, i65o, p. 9.
La terre est nostre more-groiMi.
Qui nous produit et nous reprend. - Richbk, Oridf ffouffon, 1669, p. s.
Sio Quand, trob filles passant, Tune dit : n C'est grand honte. v
La Fort., Fabien j IU, 1.
1 Messire Artus, sous le grand Roi François. . .,
Fait chevalier en granircérémonie. - Id., Conte$, I, 4.
91 C'est grafuf 'pitié, quand on fâche son maître. - Id., i6tV/., [,11.
359 Faites-moi plaa? en Tolrc troupe.
Messieurs de la graruf'bande. Ainsi disoit Damon. - Id., ihid,, III, k.
959 On épousa Fédéric en graïuf pompe. - Id., ibid,^ III, 5.
h Amour doit à ce stratagème
La plus ^an<2'part de ses exploits. - Id., ibid,, III, 1 3.
987 Vous n'aurez pas ^oiuf peine à félor son retour. - Id. , ibid, , ilnd.
187 Alibech fut festinée en gronri'pompe. - Id., ibid,, IV, 9.
35 Dieu nous gard' de plus graïuf'fortunc. -> Id., ibid,, IV, 11.
99 On en rit; c<ir que faire? Aucuns à coups de pierre
Poursuivirent le Dieu, qui s'enfuit à grand'erre, - Id., ibid,, V, 9.
181 Ayant sans cesse et le pero et la mère ,
Et la grand'MBur, avec le petit frère. - Id., ibid,, V, 7.
Elles avoient plmieiin fois traversé le petit bois , sans qu'il leur eût été possible de passer outre, les dragons les arrêtant avec ^aiui'frayeur. - La Fort., VIII, 84.
Os se mirent à boire et faire gra$id chère. - Ric, Rem, sur VOdtfuée, VI, i6a. (Il) couchera dans votre ^roiu^ chambre. - Id., lattr.. Vil, 93i.
^ Dans ton savant Ltxique de Racine, M. Marty-Laveaux remarque que «Racine écrit, avec raison, sans apostrophe, grmul, employé ainsi au féminin. Cendant il lui est arrivé, par exception, de mettre Fapostrophe, ainsi à grand' chère (VI, i65). Il a souligné dans Vaugdas «t grand peur, et grande («te) dans la locution «ron eut ^oni'peine» , à propos de laqudie il ajoute : Abi. (Ablancourt) dit aussi : nà grande peine», VI, 356.»
n a de Tamitié. . . Croyes-moi, qu*une femme Sera là bien. • • Et puis, il la fera grom^'dame.
Th. Gobr., D. Juan, V, 3 (scène ajoutée à Mol.).
Mais, à bien prendre tout, quoiqu*un peu plus grand'dame.
Je n^en serois pas ndeux pour être votre femme. - lo. , Galant doublé, V, 3.
973 Faites-nous seulement bonne mine et grande chère,
RiaiiiiD, Vendanges, se. 1.
La simpression régulière de Ts après le d avait fra|^ H. Estienne, non seidement dans raoj. fém. granét, mais dans le verbe à Timpér. gard^ : «rSciendum est, quandam etiam esse per apostrophum elisionem nobis minime cum Grœcis communem : eam nimirom qua vocalem, sequente etiam consonante, elidimus. Vix tamen alibi quam post literara d fien comperietur : quum dicimus. Une gran^ chose, Ce n'est pas grand' chose, Itidemque faïf gran^peur : utrôbique enim grande dicendum, si hœc éxOXtytftt non interveniret. Eadem in verbo garde libertate utentes, dicimus Dieu vous gardf de mal, et Dieu vous gard*. Monsieur, pro Dieu vous garde, Quibus tamen locis plerique apostrophi notara minime adhibent, prsesertimque post hoc garde.n - H. Estibnri, Hypomneses de lingua galliea, i58a, p. 97-98.
M*** de Goumay a sipidé et défendu cette forme, employée par les deux prélats poètes, Bertaut et le card. du Perron : trils bruyent grand Reyne, grand part, grand teste, grand porte, grand cruauté, grand peine, grand douleur, grand vertu, grand ville, grand vague, grand poultre, grand preuve, grand Brettigne : ouy mesme ce dernier en prose et en leste d'un Livre illustre : tant ils croyent cet epitheie grand, propre et légitime au foeminin. Et
nd il seroit impropre, quelle sottise estK;e, à Tadvis de mon second père (Montaigne), ^ rétendre corriger Tusage par la Grammaire? ou quel niais pédant s'amuseroit à consulter avec elle s'il faut dire : Je viens de voir ma grande mère ou ma grande tante. Madame la Grande Escuyere ou Grande Duchesse, la grande salle ou grande porte du Louvro ou du Palais, ce GonseUier est de la grande chambre. Tel est en grande peine, ce violon est de la grande bande, j'ay grande haste, c'est grande chose, au lieu de dire, puisque Tusage Tordonne : ma grand mère, ma grand tante. Madame la Grand, la grand Duchesse, grand salle, grmd porte, grand chambre, grand peine, grand bande, grand haste, grand chose? Quel pete et quelle mère disent: Nous aymons fort nostre grande filet Quelle Dame, fidsant alliance avec sa compagne, l'appelle ma grande file ou ma grande sœur, au lieu de prononcer grand file et êceurf Et si tous ces grands Keminins sont bien, quels autres peuvent esfre mal^» - M"* de Goumay, L'Ombre, 1637, p. 966-966.
De nos jours, M. Gléaat, Gramm, du vieux français , fait la remarque suivante : «Dans les plus anciens textes, où Ton trouve déjà qudques féminins analogiques, teb que grande, il semble que le féminin avec e muet soit surtout employé comme attribut. On disait : «la joie est granden, mais «la grand joien, - P. 168-169. - Cf. GéRur, Variations du long, franc,, p. 396.
Tous les exemples cités dans les textes que nous venons de rappeler sont au sing. Mais
Molière dans ses grand^ba$que$ plUiéei du MiêatUhrope a employé le pluriel. Desportes présente un cas analogue, au sonnet XIII du i*' livre de la Diane :
Durant les grandi chiUeun, j'ay vu cent mille fois.
Malherbe, dans son Comtnêntaire tur Duportê», le reprend : fx grandes; il pou voit dire : aux chaleurs de juillet» - Malh., IV, i5a.
«Malherbe, dit M. Brunot, comme tous les grammairiens de son temps, a ignoré pourquoi certains adjectifs avaient le féminin semblable au masculin. Avec eux , et sans s^apercevoir qu^on disait encore mkre grand aussi bien que grand'mère, il expliquait cette dernière expression, ainsi que les analogues, par une éiision de IV féminm, si bien qu^il ne Taccepte pas là où grtmde est suivi d*un h aspiré . . . Puis , par une conséquence naturelle, comme il réprouvait Télision, il entendit restreindre Temploi de cette forme grand, dont il usait rependant très librement lui-même. C'est ainsi qu'il relève au pluriel grand*» maseeê pierreuse» et grand'» Déliez. Au singulier, il a souligné grand' un certain nombre de fois.» - Brdnot, Uoctr, de Malherbe, in-8% 1891, p. 363.
10** Adjectif (éminin sing. dans diverses locutions : «r l'échapper belle f la bailler bonne y rendre la pareille y), etc.
io6/i Vous rêvez bien, Léandre, et me la baiUez bonne. - LÉU, III, k.
60 3 Prendrons-nous tout ceci pour de Targent comptant?
Mon front Ta , sur mon âme , eu bien chaude pourtant. - Sgan. ,3 3.
iSia Ahl j'ai prêté Toreille
Autant qu'il vous a plu; rendez-moi la pareille.
Z). Gare, IV, 8.
74 Et, sortis de ce lieu, me la donnant plus sèche. - Fâch., I, 1.
/igS n passe, vient, repasse, et toujours de plus belle
Me fait à chaque fois révérence nouvelle. - Éc. des Fem. , II, 5.
1 1 44 Je viens de l'échapper bien belle y je vous jure. ~ Ibid., IV, 6.
186 Et la moindre faveur d'un coup d'oeil caressant
Nous rengage de plw belle. - Amph. , I, 1 .
Vous n'avez qu'à l'écouter; il va vous en conter de belles.
G. Dand.y III, 7.
1966 Nous l'avons en dormant. Madame, échappé belle.
Fem. sav.y IV, 3.
Nos tavemiers, ouand ils sont en table aux despens d'autruy, en content de beUe», touchant la vie de rautre monde. - Le P. Garassb, Doctr. cur., 163&, p. 818.
Chaque poil qu^il en arrachoit luy sembloit un œil du visafi^e. Comme il se vit ainsi, il appella ses gens. . . Le Camerier entra, qui luy dit : « Monsieur, cela 8*appelle af&ner le matois (tromper le trompeur), et porter au prevost une estocade franche; si vous me l'avez faite bonne, bonne aussi me la payerez^voue.n — Cha- PELiiR, Trad, de Guim, d'Alfar., i63o, II, p. 76-77.
Ceux qui ne vous regardent pas assez sobrement en sont bien malades, et ne la font guère longue. - Scarrok, Dem, OEuvr., Paris, David, 1700, ï, i3, et I, 18.
J^avois pour le moins vingt vaisseaux; Mais les vents me l'ont baillé bdU.
ScABROR, Virg. trav,, Paris, David, 170$, I, p. 38.
Si je la voy tantost, je luy donneray bonne.
61LBT DB LA Tbssorrbbib, DêiMaiiê, V, 6.
Tu prétends avoir de mes flèches ; Je t en garde, mais dee pluê $echeê; Devant qu^il soit deux jours passex, Tu m*en payeras les pots cassez.
Dassodct, Ovide en belle humeur, i65o, p. 97.
n est vray qu'i/ luy coueta bonne, Et que la petite fnponne Prit la figure d'un hibou.
RicBBB, Ovide bouffon, t66a, p. 3i3-ai&. - Cf. Id., ibid,, p. 56i-56a.
Un petit abbé Roux, bachelier de Sorbonne,
Pensant bien me la donner bonne.
Me disoit Tautre jour, de son ton de pédant : Tous les prédicateurs ne font pas ce qu'ils disent . . .
MONTBBDIL, Œuvr,, 1666, p. 616.
Bon! c'est un cui-de-sacl Tu me la baillée belle, - Babor, Ée, dee Pèree, IV, a.
n n'est que trop constant, et je l'échappe belle. - Mortplbdbt, Trigaudin, IV, i.
Et du reste, Monsieur, Dieu la leur donne bonne.
Th. Gobbbillb, Feint Aetrol., II, 5.
Médaille du vieux temps, on te la eauve belle. - Id., ibid., V, 7.
Mais le Duc vous connoit , et vous la garde bonne. - Id. , Charme de la Voix, IV, 3.
* «L'usage, dit M. Génin, a consacré cette forme avec cette orthographe, parce qu'elle date d'une époque où l'on n'était pas bien rigoureux sur l'accord des participes, et que d^ailleurs Teilipse du subst. fém. dissimule un peu la faute. Il est certain que, à la rigueur, il faudrait échappée belle. Cependant, en prose même, personne n'a jamais écrit le partie. an fém. : «Ma foi, mon ami,y« l'ai échappé belle depms qaeje ne t'ai vu.»
Nous n'admettons pas l'explication de M. Génin. H faut simplement voir dans cette expression un gallicisme, qui n'est explicable, comme la plupart des gallicismes, que par l'usage. Pour d'autres locutions analogues, il est plus facile de supposer un mot sous-entendu : «Vous me la baillez bonne» (la plaisanterie); «Vous me la donnez belle» (la partie), etc. — Molière a même dit, dans le* Fâcheux, I, 1 :
73 Sortons, ce m'a-t^il dit, le monde est écodé; Et, sortis de ce lieu, me la donnant plue sèche : Marquis, allons au Cours, faire voir ma calèche. . .
A la rigueur, en se rappelant qu'on appelait trconsultation eèche» une consultation non
ryée, «promenade eèche» une promenaue non suivie d'un repas (Fubbti&bb), on arrive comprendre l'idée qui se dégage de ^sla donnant plut eèehen, c'est-à-dire sans espoir d'une compensation en retour; u n'en est pas de même pour ^l'échapper belle» ^ aont ridée est très claire, mais dont l'explication a été vainement cherchée.
H. Estienne, dans ses Hypomneeee de lingua gaUica, i58a, p. 173, n^a pas oublié les locutions de ce genre, et son explication est la nôtre :
«Nos, in quiDusdam loquendi generibus, Hebrsorum more, relativum usiunpamus, quamvis non prscesserit antecedens, veluti quum dicimus : Onla luy baillera belle, hfout la luy baUloM belle, item : On me l'a baUlée belle. Mirum autem non fuerit hœrere hoc in loco
hi ADJECTIFS
ac similibus extraneo8,qaiim ipsimet Galli in his hœreant. Nam intelligunt quidem qaid dîcatur, sed (mid îilud relativum pronomen referre dici posât, non vident. Verum qnam conndero valae usitatum esse loquendi genus , Bailler la trousëe à quelqu'un, vd BaiUer une trouue, facile adducor ut credam On me Va baillée belle, perinde esse ac si diceretur: La trouêêe qu'on m'a baillée, on me l'a bailla belle. Sic autem et in aiiis hnjusmodi lods videndum quidnam aprè assumi extrinsecus possit.»
° Adjectifs dans la forme : à la française^ à la grecque y etc.
6&3 II n'est rien si commun qu'un nom h la latine;
Ceux qu on habille en grec ont bien meilleure mine.
FM., m, 2.
3|e «Nous disons ordinairement : habillé à lafrançoiee, à l'angloise, à l'italienne, . . aa lieu de dire : habillé à la façon Jrançoise ou à la mode Jrançoiee, et ainsi des autres. Et non seulement, en ceste manière de parler, mais en plusieurs autres nous omettons ce mesme mot; comme quand nous disons : Je vous iraicteray à la Jrancoiee, Il a le ventre à l'eepagnole. Or, comme telle omission du motion ou mode est ordinaire en telles locutions, aussi est ordinaire en grec Tomission de iBos^ qui signifie le même, en semblables manières de parler.» ~ H. Estiinnb, Conformité. . ., Obêerv., 6.
12** Adjectifs employés comme substantifs :
Ce que vous dites là est du dernier bourgeois. - Préc. rid., se. A.
n faut qu'un amant . . . sache pousser le doux, le tendre et \e passionné.
Ibid.y se. i.
Ma cousine donne dans le vrai de la chose. - Ibid. , ibid.
Nous n'avons garde ... de donner de notre sérieux dans le doux de votre flatterie. - Ibid. , ibid.
Voilà qui est poussé dans le dernier galant. - Ibid., se. 9.
C'est là savoir lejin des choses, le grand jîn, le fin du fin. - Ibid,, ibid.
Pour moi , j'ai un furieux tendre pour les hommes d'épée.
Ibid., se. il.
1701 Usez en généreux de tous vos avantages. - D, Gare, V, 5.
&! Au visage, sur l'heure, tin rouge m'est monté.
Que l'on me vît connu d'an pareil éventé, - Fâch., I, 1.
180 Certain air que j'ai fait de petite courante,
Qui de toute la Cour contente les experts. - Ibid,, 1, 3.
93& Allez, il vous sied mal de railler ma douleur. Et d'abuser, ingrate, à maltraiter ma flamme Dufoible que pour vous vous savez qu'a mon âme. - Ibid., I, 5.
9&0 C'est un homme fâcheux, dont j'ai dû me défaire. Un de ces importuns et sots oJUcieux. - Ibid., 1,5.
ADJECTIFS ai
33 1 Et Ton m'en a parié comme d'un ridieuk. - Éc.des Fem. , I, â.
1 1 &6 Seule dans son balcon j'ai vu paroltre Agnès
Qui des arbres prochains prenoit un peu k frais.
Ibid. , IV, 6.
1626 Pour arriver ici, mon père a pris k frais. — lUd., V, 6.
Dans le vrai de la chose. - Critiq. de VEc. des Fem. , se. 3.
n écouta toute la pièce avec un sérieux le plus sombre du monde.
Ibid.^ se. 5.
Ne voyez-vous pas que c'est vn ridicule qu'il fait parler?
Ibid. y se. 6.
N'a-t-il pas. . . ces suivants inutiles, ces incommodes assidus?
Impr. de Vers., se. i.
Je suis du dernier laid aujourd'hui. - Ibid., se. U.
Non, non, la constance n'est bonne que pour les ridicules.
D. Juan, I, 3.
Tout le beau de la passion est fini. - Ibid. ,1,9.
Chacun s'efforce de prendre les hommes par leurfoibk.
Am, méd., III, i.
Le plus grand foible des hommes, c'est l'amour qu'ils ont pour la vie. - Ibid.
fkli& Sur un hautf vers cet endroit,
Etoit leur infanterie. - Amph., I, 1.
Oui, oui, l'heure est bonne à prendre le frais. — C'est bien plutôt le chaud y Madame la coquine. ~ G. Dand., III, 6.
n faut savoir vitement le court ou le long d'une maladie.
Potirc., 1,5.
Nous l'envoyerons aux bains. — Voilà le fin, cela, voilà le fin de la médecine. - Ibid., I, 6.
C'est unfoible de notre sexe. - Am. magnif., 1,2.
C'est un supplice . . . que d'essuyer sur des compositions la barbarie d'un stupide. - Bourg, gent. , 1 , 1 .
Il y faut mesler du solide. - Ibid., I, 1.
Une bourle que je veux faire à nostre ridictde. — Ibid., III, i3.
60 Et dans les petits soins sonfoible se resserre. -Fem. sav., I, t.
i38i Et plein d'tin ridicule et d'une impertinence. — Ibid., IV, 3.
Oh! chère nuit, porte mes plaintes amoureuses jusque dans le lit de mon inflexible. — Mal, tm., i^ interm.
Laissez-moi me plaindre à mon aise des cruautés de mon inexorable.
Ibid.y ibii.
Mettez-vous donc un peu denus k sérieux.
ScARnoN, Jodclet ou Le MaUn valet, D, 6.
Insensiblement, 1$ ridicule 8*cu dbsipoit.
Sbobiis, Nouv.Jr., 1667, 4* nouv., p. s48.
C'est là (dans le D, Juan) que Ton peut dire que Tinipiëté et le libertinage te présentent à tous moments à Timagination : une religieuse débaucbée. • . ; un pauvre à qui Ton donne Taumosne à condition de renier Dieu;. . . et enfin un Molière, pire que tout cela, habille en Sganarelle, qui se moque de Dieu et du diable, qui souffle le chaud et le froid, qui confond la vertu et le vice, qui croit et ne croit pas, qui pleure et qui rit,. . . un diable incarné, comme luy-mesme se définit
De Rochbiiort (? Barbier d*Aucour), Obêerv. sur le Festin de Pierre, i665. Genève , Gay, 1 869 , p. 1 3.
Eloiiikb (Molière). Je fais le premier rolle et le fais d^importance,
Quelque sujet qu'il traite. — Florimont. As-tu cette créance ? Et ton orgueil peut-il s*aveugler à ce point Que de faire si mal et de ne le voir point? Quoy I dans le sérieux tu crois faire merveilles?
Lb Bodlahobk db Chalussat, Éhmire hypocondre, 1670. Au 4* acte, Divorce com., se. a.
Élomibb (Molière) Ces rêveurs qui m'insultent toujours
Disent qu'au sérieux je ne suis qu'une b^te . . . Lb Chbvalibb. Quoyl c'est là ce grand point qm cause vos débats?
Id. , iffid. , ilnd, , se. h.
Mille différentes parties formoient cette admiraUe.
Àraspe et Simandre, 1673, p. 66.
On passe du sérieux des courantes à la gayeté des petites danses. "Ihid, p. i56.
♦ Une des questions galantes discutées dans le roman d^Almahide, de Scudéry, est celle-ci :
Lequel souffre le plus, de l'bomme d'esprit auprès de la stupide, ou de la stupide atq>rès de l'bomme d'esprit? - T. V, p. 1 369.
Dans le même roman, même vol., on trouve :
Une triste, p. gSa, 969; — une gaie, p. ghh; — un sombre, p. 96A, 668, etc.
Somaiie, Dict, des Précieuses, t. I de notre édit., peut fournir aussi de nombreuses citations :
Sçavoir les particularité! d'une maison : sçavoir le fin du domestique. — P. 90a.
Il repartit sérieusement aux paroles enjouées de Damon : il repartit d'un sérieux contrepointé au bel air guay de Damon. - P. 911.
Bien qu'elle fût sérieuse , elle ne put s'empcschcr de rire : il escbappa un rire de son sérieux. - P. 997.
(Tëtalt une élégance du tempe, et qui n'était pas particulière aux précieuses, de tra- Tcstir ainsi un adjectif en substantif :
El puiscpie me voilà sur le Undrê et h doux, Profitei de ce temps, devenez mon époux.
DoaiHOHD, Amoun de Trapolinf 1669, se. 5.
On trouve dans Scarron : la Camarde, pour la mort; un bigot, un dévot, un galant ( Virg, trav., Paris, David, 1706, II, p. i3o); — un vertuêux (QEuvr., I, p. 4a5). — Dans Saint-Amant : une dodelue {Œuw,, BibUoth. eixév., Il, &oa). — Dans Montfleury : un éventé {Trigandm, I, 3), wifanta$quê, un Inxarre {Coméd, poète, II, 1), le préeent, le /kliir (ibid,, 1, 4); — le fier, pour la fierté : irTai beau m'arroer défier, . . » - Righabd, Joueur, II, 9, etc.
«Son ifénie (le génie de Corneille), disoit M; Despréaux, sembloit indiner d*abord vers le iêmire, le iouihant et le pauioimé, du moins si Ton en juge par 2e Cid et par quelques vers de 17tftutofi comiqae; mais sa vocation naturelle l^entralnoit du c6té du grand et du wt9nmUaux.y> - MoirrcBieiiAT, Bolœana, 17&9, p. 118.
Dana son Preelnftère é^HéiwuviUê, Antoine Corneille avait dit déjà :
Par une verte allée, où Veepak du feuillage Attire mille oiseaux k dire leur ramage.
Rappelons oifin le mot de Madelon à Mascarille , et Temprunt fait par Montfleury k Molière:
(Test là savoir le fin des choses , fe grand fin , kfin du fin. - Préc. rid, , 9.
Ces acteurs, dans les vers que Ton leur donne k dire. Ignorent les endroits qui pourroient faire rire . . . Mais Molière les trouve, et c'est le fin du fin,
MonTTLBuaT, Impromptu de l'hât, de Condé, se. h,
«Use donc hardiment, dit du Bellay. . ., de Tadjectif substantivé. . ., pourven que tdle manière de parler adjoute qudque grâce et véhémence.» - Joach. dd Billat, Dffenee et ittuetr, de la lang,firanç,. II, 9.
«Je trouve aussi que, comme en grec Tadjectif au genre neutre tient quelquefois la f^ace d*un substantif, en françois pareillement aucuns mots qui sont adjectifs de leur nature servent de substantifs, n - H. Estibrub, Conformité du tang, franc, avec le grec, Obeerv., 6.
Vaugelas aimait mieux dire, avec Baliac, la térioeité que le eérieux. Le P. Bouhours, dans ses Remarq. nouv, (3* édit., 1689, p. 690), Tb. Corneille et TAcad., dans leurs Obeerv, sur Vaugelae, et surtout Tusage, lui ont donné tort. — M""* de Sévigné a dit (a ridieulité pour le ridicule, — Cf. ci-dessous, p. 59 , v* ildreeeee.
En i656, un grammairien, Claude Irson, écrivait :
«Le nom adjectif se prend souvent pour un nom substantif. Exemple : le ierieux pour la eertoeité; l'incommode pour l'incommodité; le négligé pour la négligence; le fort de Taffairc pour le nœud de Tafiaire, etc.))
Le P. Bouhours donne comme nouveau, en 1671, Temploi des adjectifs eérieux et rt'dieule «dans un genre neutre», c*est-à-dire avec Tarticle : «On n*a pas toujours dit : traiter mielqu*un avec un grand ierieux; prendre $on $erieux; trouver te ridiade d'une chose.» (Ariete et Eug., édit. 1673 , p. 1 08.) — Le P. Bouhours nous parait en retard de quelques années. Il est plus dans le vrai quand il parie du moi fin; Ariste demande k Eugène de lui faire connaître quelques «expressions nouvelles. . . qui ont c^urs parmi les gens polis» ; Eugène lui répond : «Il n*y a rien de plus commun que de dire : il en fait le fin, . . ; un esprit jS». . . ; il sçait le fin de Taffairc; peu de gens connoissent le fin du cabinet.» - Id., ibid,, 9' édit., 1671, p. i i5. — On trouve encore de lui un long passage sur ce sujet dans ses Doutée $ur la lang, franc., 167a, p. 46-Â8.
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Tournant toujours him yeox vers le lieu désiré. 4 Jusque^à , jusqu^à toi j'ose élever me$ yeux. - Gour. , IX , 1 9 1 . - Office d« la Viergt, La voilà derechef en danger de ta vie. - La Fout., I, 1/19. - Fablet.]
lao/i Qui voudrait élever ta voix? - Ric, Ath,, m, 8. (D) reçut sur ta tète un coup de sabre. - Id., Vil, 108. - LeU,
* H. Estienne est sévère pour Temploi de Tadj. possessif dans les cas où il est d^usage de mettre Tarticie. On dit : ftPrêtteT^-tnoi l'oreille, meptum autem fiierit dicere : Prestexmoi ooire oreille.» - Hypomnetet de Img, galL, p. 180-181.
d. Adjectif possessif di\ec sens emphatique.
378 Cest mon homme. — Sgan., se. 9.
1 i/ii n faudra que mon homme ait de grandes adresses.
Éc. des Fem.y IV, 5.
Voilà, voilà le fruit de ces empressements Qu'on vous voit nuit et jour à lire vos romans.
n y en a que not Stoïques appellent premiers biens. - Mâlh., Il, 5ii.
556 Voilà votre Théante, avec qui je vous laisse. - Goui., La Suivante, II, 7.
i5i Je ne vous parie pas de votre Pertharite. - Id., Perth,, I, 3.
Mon galant ne songeoit qu*& bien prendre son temps. - La Font., I, 39a.
M. Bumet se met fort en peine pour justifier ton Granmer.
BoBSuiT, Var., 1688, 1, h'6'j,
91& Mon chicaneur s*oj^>ose à Texécution. - Ric, Plaid., I, 7.
Mais je ne songe plus que mon homme m^attend. - Rbghard, La Sérénade, se. 1 .
* Voir ci-dessous : Article le, h, let, employé emphatiquement.
iU^ Adjectifs négatifs j aucun, nul.
* Voir attctffi, avec la double négation. — Nul, au pluriel : voir nul.
1 5^ Adjectifs employés ccmine adverbes :
La renommée accuse /ti^te. - Préc. rid., se. 9.
1 34 Oui , vous me la gâtez , puisqu'il faut parler net. - Éc. d. Mar. ,1,9.
899 Point d'épaules, non plus qu un lièvre court-jointé.
Fâch., II, 6.
261 Je vous dirai tout franc que c'est avec justice. - Tart., I, 5.
6 5 1 Allons , ferme , poussez , mes bons amis de Cour I - Misanth. , II , & .
C'est dire fort net ses pensées. - Sieil., se. 6.
8i3 Ce moi, qui m'a faityUer doux. - An^k., U, i.
107& Et je m'en vais, tout doux, éclaircir avec elle. - AnipA., U, 3.
i85a Lève-toi. Que fait-on? — On m'a chassé tout net.'-Ibid., III, 7.
Tout doux y vous dis-je. - Bourg, genU, P* ^9*
De tout cecy y franc et net,
Je suis mal satisfait. - Ibid., Ballet des Nations.
1539 Qu'il ne fait pas bien sûr, à vous le trancher net.
Fem. 800. y V, 1.
1673 Et moi, pour trancher court toute cette dispute. - Ihid., V, 3. Monsieur est frais émoulu du collège. - Mal. imag., II, 6.
96 TouJt franc, vous vous levez tous les jours trop matin. - Ric, Plaid., I, 1.
On a encore cassé tout n6< un M. D . . . pour ses absences. - Siv.
118 Pour vous en dire net ma pensée en deux mots. . . Et je vous dirai haut et nef. - Corn. , Bagatelle$.
* On ne disait pas, du temps de Coèffeteau et de Malherbe, parler juite, raitonner juste, chanter juitê, - Bouboubs, Entret. d'Aritte et d'Eugène, édit. 1678, p. io5.
16° Adjectif possessif ^hcé comme attribut.
i3a Monsieur, je suis tout vStre, et ma joie est extrême.
UÉt., I, 4.
367 Fais si bien
Qu'elle garde toujours l'ardeur de me voir sien. - Ibid,, 1,5.
Uû Je suis à Rodanthc, je veux mourir tien, - Malh., I, a 68. - Chanson.
Tout ce que je vous désire, c*est que vous soyex vôtre. - Id., II, 388.
I o38 Vis pour ton cher tyran, tandis que je meurs tienne. - Corn., Cinna, III, /i.
60 i Ainsi ce rang est eien, cette faveur est eienne. - Id., Pol., Il, 1.
Dieu prodigue ses biens
A ceux qui font vceu d'être eiene. - La Foht., II, 108.
f]^ Adjectif possessif àonmnt un sens actif au substantif qualifié.
89 1 • . .n eût mieux valu pour moi, pour mon estime,
Suivre les mouvements d'une peur légitime.- Dép.am., 111,3.
Je lai bien vu. Madame, et sans votre respect.
Crit. de VEc. des Fetn., se. 6.
* C*esl-à-dire : crsans le respect que j'ai pour vous.»
Je vous doone ma parole. Seigneur Dom Pedre, qu à votre considération je m'en vais la traiter du mieux qu il me sera possible.
Sicile se. 17.
* Cest-^-dire : par considération pour vont. — Un peu plus haut, dans la même scène, Mdière dit : «Tous deux, je vous conjure de vivre, pour l'amour de moi, dans une parfaite union». S'il avait voulu employer le même tour, il aurait pu dire : «pour mon amown.
Monsieur, voilà votre fille que j'ai tirée de force d'entre les mains de lliomme avec qui elle s'enfuyoit, non pas pour Tamour d'elle, mais pour votre seule considération. - Pourc^ III, 7.
* Cest-à-dire : Tamour que j*ai pour elle , la considération que j^ai pour vous, et non : que vous avez pour moi.
73 La foi de ses aïeux, ton amour et ta crainte, D'actes de piété ne pourront Tassouvir.
Malb., I, 7a, Pour le Roi aUatU en Limousin,
:«( C'est-à-dire : Tamour qu'il a pour toi , la crainte qu'il a de toi.
583 Jusques ici, Madame, aucun ne met en doute
Les longs et grands travaux que nofr«*amour vous coûte. - Goan. , Rodog, ,11, 3.
* G'esi-à-dire : l'amour que vous avez pour nous.
1 8** Adjectif possessif placé après le substantif.
739 Et n*appréhendez plus Tinterruption notre. — Dép. am.y il, 6. Voire, reprit Dindenaut, l'ami nôtre, - La Font., V, 3o&. - Contée : UAhheeee,
19® Adjectif possessif non répété avant plusieurs substantifs.
Afin que leurs mouvements, [leur] disposition et [leur] agilité puisse exciter et réveiller la paresse de ses esprits. ~ Pourc, I, 8.
Elle fait grande estime de votre probité, de votre prudence, de votre magnificence et [de votre] magnanimité. - Voitubb, Œuvr,, i656, p. ^17.
Je n'avois pu croire encore que nous soyons tous, à l'heure de la mort, notre bon et [notre] mauvais ange. - Id., ibid,, p. ^35.
•i 0° Adjectif détermifiatif quel pour le pronom lequel; forme archaïque.
80 C'est une foible ruse.
J'en songeois une. — Et gueUe? — Elle n'iroil pas bien.
UÉt.,\. 2.
Juge-nous un peu sur une gageure que nous avons faite. — Et queUef — Itnpr. de Vers., se. k.
ïy demeurerai, pourvu que tu me promettes une chose. — Et queUef- Princ. if£ï., 3" interm., se. i.
J'en ai vu un effet merveilleux. — Et quel? - D, Juan, III, i.
1098 Tu n'appelles donc rien le procédé, peut-être, Qu'avec moi ton cœur a tenu?
— Et quel? — Quoi? tu fais l'ingénu? — Amph., U, 3.
Je viens vous annoncer la meilleure nouvelle du monde. — Qudleî
Bourg, gent. , IV, 3.
Votre fils. • • est tombé dans une disgrâce la plus étrange du monde. . . — Et qudlef - Faurb. de Scap., H, 7.
558 Quelt de vos diamants me faut-il lui porter?- Corn., Suite du Ment», II, 3.
La question ne fui que de savoir
Queue des deux dessus Tantre l'emporte. - La Font. , IV, 1 1 5. - Conte.
Voulez-vous parier une chose ? — Quelle 7
Du Vbbdibr, Flatteur, 1696, I, 1.
* fxQuel et lequel interrogatifs. — Ces deux mots, que nous avons rencontres comme relatifs, ont aussi la valeur mterrogative. Pendant longtemps, ils se sont tous deux employés indifféremment conune substantifs. On disait très bien, au xvi* siècle encore : «Dites lequel tour vous trouvez le plus difficile 7), ou, inversement : tr Retournons à nos propous. — Quelê f dit Gargantua.» On trouverait encore des exemples analogues dans les auteun du xvn* siècle.
QueUe des deux aurai -je, ou la mort ou Gassandre?
RoTBOU, Venceslae, II, 9.
«Depuis lors, ime distinction rigoureuse s'est établie. Quel accompagne toujours un substantif qu'il qualifie ; lequel, au contraire, s'emploie seul.»
Bbuhot, Gramm. hitt. de la long, franc., in-i8, 1896, p. 3â7-3&8.
2 1^ Adjectif démomtratif quel pour le pronom qui.
Mais avez-YOus su quel il est? — Non, je ne sais point qud il est.
L'i4v.,in, h.
3te Mofière a aussi employé qm dans le même cas.
Je ne sais qui il est. — Pourc, I, U.
iao6 Je ne vois point Pbilandre, et ne sais quel il est. - Gobk., Mélite, IV, s.
Ah 1 vous ne savez guère
Quelle je suis. - La Fort., Il, a 60. - Fablet.
Quel étoit Pélops, votre aïeul? N'étoit-il pas Phrygien?
Rac, VI, aâ5. Livr, ami.