‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 310 sur 455 · CHALEUR — CHALEUR DE SANG · texte numérisé non relu

CHALEUR — CHALEUR DE SANG

dit une chaiêe, non pas une chaire, pour s'asseoir au sermon, ou ailleurs. De» chaUes de jmUU, aller en chaUe, porUure de chaUee, louer deê ehaieet.j» - Vàuoilas, Rem,, édit. Chasï'ang, l. Il, p. 167.

On voit, par les exemples tirés de Molière et de Loret, que malgré l'autorité de Vaugcias, qui écrivait avant i6/ï8, la confusion persista longtemps encore entre chaire et chttixe ou chaise,

GhaLELR, passion, emportement.

865 Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte :

Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte. - TarL, III, a.

93 Votre chaleur pour lui tombe en vous séparant. - Misatith., I, i.

3/19 ... Par la chaleur de montrer ses ouvrages

On s'expose à jouer de mauvais personnages. - Ibid,, 1,9.

0 Ciell je me serai trahi moi-même : la chaleur m'aura emporté.

VAv.f I, i.

Elle. . . n'aime point les superbes habits, ni les riches bijoux, ni les meubles somptueux, où donnent ses pareilles avec tant de chaleur.

/jîa.,n, 5.

Je souffre qu'on me loue de ma sincérité, qu'on dise. . . que j'ai de la parole pour tout le monde, de la chaleur pour mes amis, et de l'estime pour le mérite et la vertu. - Am. tnagnif., 1,9.

333 Ceux à qui la chaleur ne bout plus dans les veines.

Màlh. , Pùur U Roy aUarU en Limoudn»

DiARB à ToHiBB, vieux serviteur :

Qu*ay-je fait à Tomire? Et pourquoy sa maistresse

N'a-l-elle plus de luy ces marques de tendresse. . . ?

Non, non, c^esl bien plustosl, et j^cn meurs de douleur.

Que Tomire a perdu sa première chaleur. - Bois-Robbbt, Folle Gageure, II, 3.

lu 53 J^cxcuse la chaleur à venger ton ofTease. - Gobn., Le Cid, IV, 3.

Un autre Prince. . . se servit si bien de la chaleur des peuples révoltez, qu*ils contraignirent le Roy à signer luy-mesme son arrest.

Sbgbais, Nouv. franc.,, 1657, V, p. ko,

9 35 Brûlant d'une noble chaleur, - Râc, Alexandre, I, a.

t587 D'un coupable transport écoutant la chaleur, - Id., Iphig,, V, 9.

II faut lui pardonner cette brusque chaleur, - MoirrPLBUBT, Coméd. poète, lii, 8.

Chaleur de sang.

Ce sont chaleurs de satigy dont parfois on n'est pas le maitre.

Am. méd.y III, 1.

Doucement, s'il vous plaît; point de chaleur de foie,

MoNTPLBUBT, Ambigu com,, 3* inlerm., se. 17.

368 chalumeau — chamailler

Chalumeau.

Prenez, Bergers, vos musettes, Ajustez vos chalumeaux,

G. Dand. , Appendice : Le Gr, Divert. roy. de Yen.

Hé! que voulez-vous faire?

Chanter sur vos chalumeaux Ce qu'ApoUon, sur sa lyre, N'entreprendroit pas de dire. - Mal. imag.y Prol.

Déjà tous ies bergers ont quitte les hameaux, El Ton entend par tout le son des chalumeaux,

Sarazin, Éghgue; Œuvr., 16&6, p. 11.

967 Vicndrai-jc en une égi(^e, entouré de troupeaux,

Au milieu de Paris, enifer mes chalumeaux? - Dupa., Sot, IX.

^ Le chalumeau, à proprement parler, est un tuyau de paille, de roseau ou même de métal, dont on se sert pour aspirer un liquide, lancer des bulles de savon, etc. — Une réunion de tuyaux de paille ou de roseau de différenles longueurs forme un instnunait de musique champêtre, une flûte de Pan, où Ton peut souffler, mais qu*il n^est guère possible a enfler, quoi qu'en dise Despréaux, qui confond le chalumeau avec la coniemiitt.

Et à cç propos. Desfontaines, dans son Dict. néolog., se moque du poète Roi : rSdoo M. Roi, EgL i5, ce n^cst pas le soufile mais la voix qui fait raisonner (résonner) on dUlumeau :

Ma voix pou voit à peine enfler les chalumeaux.jt

Chamailler et Se chamailler.

1Û83 Nous irons bien armés; et, si quelqu'un nous gronde. Nous nous chamailler oîis. - Dép. am,, V, 1.

iUSli Moi, chamailler^ bon Dieu! Suis-je un Rolland, mon maitre?

Ibid,^ ibii.

Pour moy, je n'aime point à combattre de paroles ; j'aime mieux chammUer avec de bonnes armes et monslrer de vrais eflect^». - Sobel, Francion, édit. i6&i,p. &68.

L'Exempt, après son coup, a regagné la rue;

Dom Félix, furieux comme un cheval qui rue.

L'a suivy chamaillant. - Scarron , Jodelet duellUte, Y, 6.

Dom Félix l'a poussé d'abord en chamaillant, - Id., ibid., V, 7.

Nous commençâmes la bataille.

Chamaillant d'csloc et do taille.

ScARRON, Virg, trav., Paris, David, 1705, l, «18. — Cf. Id., i6irf., I, 163; - Jodelet duelliiU, V, 6 et V, 7.

Un héritier du grand Gaston de Foix , . . . Est obligé de chamailler comme eux.

Saint-Amakt, Œuvr,, bibl. eliév., I, 36o, 36 1.

9o3 Ils se frappent et se chamaillent. - Lorbt, Muze hiitor.^ 9 juillet t6Si.

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