CHANTEUR — CAHOS
Goimoit au vray si Ton nous prend pour grues De nous chanter des taches au soieii.
SAiifT-AMANT, CEuvr., bîbl. eizév., I, p. 389.
i5a Apprenons ses desseins, et voyons ce qu*il chante,
La Font., VII, p. /iia : Le Fïoreniin, se. 3.
397 Voyons ce qu'elle chante, Hon. . . sixième janvier. -■ Rac. , Plaid,, II, h.
Chanteur.
On y entend des vacarmes de violons et de clianteurs.
Bourg, genty III, 3.
3|c L*auteur de Molière muticien, t. II, p. 3/t et p. 390 et suiv., prétend que Molière a inventé le mot chanteur et Ta substitué à celui de chantre, M. Gastil-Biaze se trompe, et les exemples qu'il cite tombent devant ce fait qu'on trouve le mot chanteur en 1611 dans le dictionnaire de Gotgrave, en i6ao dans le Parallèle de Monet, etc. Nous devons reconnaître toutefois que le mot était peu employé. D'après Furetière, on dit les chanteure du Pont-Neuf, ou , par dédain , les chantra du Pont-Neuf. Le Dictionnaire de Trévoux est le premier à distinguer les chantree qui chantent à l'é^se, des chanteurs qui chantent k rOpéra.
Il couvre sa stupidité , Ou témoigne sa modestie En ne chantant pas sa partie.
Foin de ces chanteun de tacet I
ScABRoif, Virg, trav., Paris, David, 1706, II, p. t68.
Gardez votre chanteuse avec votre chanteux.
Que je n'entende plus parler de vous ni d'eux. - Baboh, Éc. des Pères, V, 6.
Chaos.
1/169 Ma jalousie à tout* propos
Me promène sur ma disgrâce; Et plus mon esprit y repasse, Moins j'en puis débrouiller le funeste chaos. - Amph.y III, 1.
Âhl quel bruit! quel fracas I quel chaos! quel mélange!
Bourg, gent, Ballet des Nations, 1" entrée.
J'ai vu tout ce qu'ont fait ces auteurs admirables :
C'est un chaos pour nous de choses déplorables. - Poisson, Poète basque, se. 6.
:|c L'éditeur du Molière de la Coll. des Gr. Écriv. a fait justement remarquer que toutes les éditions de Molière, depuis la première (1668) jusqu'à celle de 1734, moins une édition de 1693, écrivent cahos; dans le Bourgeois gentilhomme, au Ballet des Nations, eahos ne devient chaos qu'à partir de l'édition de 1773.
Le mot est écrit cahos dans ce passage de Bossuet :
Un homme (Osiandre) avoit répandu dans l'Eglise un. . . grand cahos de nouvelles opinions. - Bossubt, Hist. des Var., a in-^*, 1688, 1, p. à6b.