‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 339 sur 455 · CHÉTIF — CHEUX · texte numérisé non relu

CHÉTIF — CHEUX

Je veux vooB tenir Heu de gidant, de mari, D^Âdonis, de Phcebus, de ^er, de favori.

MoRTniuBT, Gentilh. de Bêtmeê, III, 8.

Je meurs de peur que vous ne daigniez point prendre toute cette peine, et que vous ne mettiez une coiffe Jaune comme une petite cMre. - Siv., II, p. i/i5.

:¥ Ma chère était un mot dont abusaient les précieuses entre elles ; aussi les appelaiton parfois des chère» : <rLe moindiy de tous ces accidents feroit tomber en syncope ces Rares, ces Chères, ces Incomparables, inconnues aux siècles passez.» - Dialogue de la Mode et de la Nature, a* édit., i66a, p. 3o.

GnàRE : faire bonne chère, servir, manger de bons repa8«

Comment appelez-vous ce traiteur de Limoges qui fait si bonne ehhre? — Pourc,, I, 4.

Je songe qu^il y a une maison destinée pour ceux de noetre estofle; il s'y faut aller planter, nous y feront aussi bonne chère qu'à la nopce.

Comte DE Cramail, Coméd. des Prov,, i633, m, i.

3 a Tu^tf meilleure chère avec moins de basard.

La Fort., m, p. a36 : Fabl., XII, 9.

Je suis fort assuré que tkàias ferons grand* chère»

Poisson, Baron de la Crasse, se. a.

Je n'ai pas entrepris de vous /aire grand'chère.

Mais nous rirons du moins, si nous ne mangeons guère. - Id., Fem. coq., V, 5.

Saas qiie je fasse d'autre bonne chère que celle qui se trouve dans le pays.

Se?., II, p. a 88.

Chétip, chétive.

78 Et je réprouve en moi, chétive pécheresse. — Sgan., se. 2.

173 Un cr^f^ centenier des troupes de Mysie. - Corr., HéracL, I, a.

Où seroit l'homme si brutd Qui pût voir cette mère en de telles alarmes Et ne luy pas donner quelques chetifves larmes ?

Art. Corr., Paraphr, du Stabat,

aoa Ces braves soldats è mains crocbes Ont tourné leurs aciers luizans Contre de chétifs paisans. - Lorrt, Muze histgr. , 9 août 1 653.

Va-t'en, cA^tj/* insecte, excrément de la terre. - La Fort., I, i55 : FabL, II, 9.

CHEDX , forme patoise pmir CHEZ.

Je les avons menés cheux nous auprès du feu. - D. Jtian, II, 1.

1x86 Et je parlons tout droit comme on parie cheux nous.

Fem. sav., II, C.

892 CHEVAL — GHEVIR

« Cette prononciation paysanne de cAttu; pour chez, de qumquê ou fii4^ pour f rfff, laquêulle pour laquelle, avait gafpié la ville et même la cour.

En effet, en 16^7, Vaugelas (édit. Ghaœang, II, 169) dit : «Deux mauvaises pronoociations qui sont très communes, mesme à la Cour. L'une. . . est de dire c&oii ton, eheuz moy, . . au lieu de dire chez votu.rt — En 1687, Th. Corneille constate qa*ffil t en a qui prononcent encore cheus vùUi pour chez vouen.

Plusieurs patois changent ainsi le son e ou ai en eu; en Anjou, par exemple, entre Angers et Saumur, on dit encore cheux, hqueuUe, vaïe/eu9e,fiiÊbU, pour chez, UfÊÊHe, une Jhe, faible.

Cheval : trouver dans le pas d'un cheval, locution.

Croit-il, le traître, que mille cinq cents livres se Irouvent da$u kpt» JCun cheval? — Fourb. de Scap., H» 7.

i( Cette locution, proverbiale et d*usage courant, a été recueillie par Le Roox de Lincy dans son Diction, det prot, front.,; il semble qu'il Tait tirée de BruscamlnUe.

Cheval de carrosse.

Eh ! mon Maître d'armes I — Comment? grand ehewd de carrom.

Bourg, gem.f n, 9.

* Le cheval de carroMe est un grand cheval. Molière fait ici allusion à la taiflede Tacteur de Brie, qui jouait le maître d'armes.

Le chevalier de Nogent étoit une manière de cheval de earroue.

Sairt-Simon, Mémoireê, année 1708.

Cheval : monter sur ses grands chevaux, locution.

5 1 3 Dessus ses grands chevatix est monté mon courage. — Sgan.y se. si.

Il pétille, il court, il tracasse,

11 monte iur tes grande chevaux,

11 trotte par monts et par vaux. - Richsr, Ovide bouffon, i66â, p. 10s.

Chevet (Épée de).

t Voir Épée de chevet,

CheVIR, venir à bout; vieux mot.

Nous ne saurions en chevir. — D, Juan, IV, 3.

Quand du joyau on peut chevir. - Farce du frère GuUlebert (vers li fin)-

J'ay advisé

Comme vous en pourrei chevir, - Farce du Savetier.

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