CHÈVRE : PRENDRE LA CHÈVRE
S'dles 86 mettent en deffense.
Pour cela point ne les laissez , Car après bien en ehevinz, - Moralité dêi et^onU de nuùntênanl.
Ces dcmoiseaux et demoiselles. . . font-ils des inversions de phrases en devisant, desquelles bon gré mal gré ces Poètes d'aujourd^huy sont forcez de s'escrimer assez de fois? Evitent-ils les métaphores slls en peuvent chevirf
M"' DE GouB5AY, L'Ombre, 1637, p. Gsi-Gaa.
H a ajouté que ses cheveux la font c^m* des voiontez de tout le monde.
Uabbé de La Mothe le Vatkb, Le Parasite Mormon, dans Sallengre, Hi$t, de P. de Montmaur, a in-8*, 1715, 1, p. 316-317.
* On trouve chevir, sans explication, dans le Dict. fr,-lat, de i539; en 1673, Nicot, complétant le Dict. fr.-îat, de 16/19, dit : v Chevir, c'est-à-dire venir i chef et i bout de quelque chose, car il vient de c^tout ainsi que chermeance et achever. Selon ce, on dict chtmr d'ung homme revesche, d'ung cheval farouche : c'est en venir i bout et le mettre à raison , fotiri. On dict aussi chevir pour se mettre hors de redebvances par payement ou pour faire composition sur icelles, conune // a chevi avec ses créanciers.)!
Chèvre : prendre la chèvre, loc prov., se fâcher.
3i 9 D'un mari sur ce point j'approuve le souci;
Mais c'est prendre la chèvre un peu bien vite aussi. — iSg'an., se. 1 s.
Notre accueil de ce matin t'a fait prendre la chèvre.
Bourg. gerU.y III, lo.
* Bien que cette locution ne se trouve dans les proverbes ajoutés au dictionnaire de Nicot ni en 1606 ni en 1618, elle est fort ancienne dans la langue. — H. Estienne Texplique ainsi :
«Personne n'entendra bien que c'est à dire Un Pathelin, qui n'aura leu ceste farce ou comédie (de Maître Pathelin). Elle a aussi amené ce proverbe : Retoumone à noê moutoni, pour dire : Retournons à nostre propos. Car ces mots qui sont là si souvent répétez furent depuis tournez en proverbes. Et croy qu'entre les autres manières de parler qui nous sont comme proverbiales, il y en a qui sont venues de quelque farce fort vulgaire. Tellement que, pour bien comprendre la raison d'iccUes, il faudret avoir leu la farce. Pour exemple, quand nous oisons : // a prie la chèvre, de quelcun qui s'est dépité.» - Lang.fr. Ualianizé, édit. Liseux, I, i63.
Rabelais, dans le même sens, dit chevreter.
Advenant le cas, ne seroit-ce que pour chevreter.
Prol. du liv. III de Pantagruel, édit. Lemerre.
J'en ay veu prendre la chèvre de ce qu'on leur trouvoit le visage frais et le pouls posé, contraindre leur ris parce qu'il trahissoit leur guerison.
MoHTAioiiB, III, IX, p. 798, édit. in-fol., 1669.
Ce n'est que pour rire, et tu prend» la chèvre. - Coméd. dee Proc, II, 3.
On vient civilement pour s'éclaircir d'un doute.
Et Monsieur prend la dUvre ! Il met tout en déroute I
Rbanabd, Joueur, lit, 19.
394 CHEZ — CfflEN
9 Prendre la chèvre, c^est la même chose qoe te cabrer, qui vient ansn da mot eUvrci
- FuBBTlàlIB.
Quitard a donné de cette locution une explication qui nous paraît fauase : nous Doai en tenons à celle d'Henri Ëstienne.
Chèvre : ou la chèvre est attachée . . .
Là où la chhre est liée, il faut bian qu'elle y broute.
Méd. malgré hn^ III, 3.
Là où /a chèvre e$t attachée, il faut qu'elle broute,
G. BoucHET, Sereee, I, 109. - Cl. Le Bourgeois poU , i6di, dans les Vmr. kut. et littér. de la bibl. elzév., IX, 176.
^ Dans la même collection, t. IV, au Brief àHMcoure pour la r^onmatUm êe$ mariages, on trouve cette variante : «L'on dit ordinairement que là ou 2a vache est Uée, il faut ^a'dtt y brùuie; ainsi où le pauvre idiot est allrappé, il faut qu'il demeure en ses liens.» ~ P. 9<
Chez : chez vous, chez nous, formant une sorte de mot composé équivalent à votre y notre maison y et précédés dune préposition.
9 II est vrai, notre ami. Peut-être que chez vous Vous trouvez des sujets de craindre pour chez tiout.
Ec. des Fem., I, t.
938 Elle vous croit voir de retour à toute heure; Et nous n'oyions jamais passer devant chez nous Cheval, âne, ou mulet, qu'elle ne prît pour vous. - Ibid,, 1, 3.
Chien : donner aux chiens, tetvie de chasse.
5i3 A trois longueurs de trait, tayaut I voilà d'abord Le cerf donné aux chiens. — Fâch., II, 6.
4c Donner le cerf aux chiens et les autres bcstes , c^est les lancer et faire découpler les chiens sur les voyes. - Sâlnovb, Dict, des Chasseurs, à la suite de la Vénerie royale, in-&*, i655, p. 13.
Le XXXIX* chapitre de la Vénerie de Jacq. du Fouilloux csl intitulé : «r Gomme le vcneor doit lancer le cerf et le donner aux chiens, rt
Chien : faire le chien couchant, locution.
1878 Quand il m'est inutile, il fait le chien couchant. -- L'Jit., IV, i.
Pour se glisser honorahlement en Tamitié des grands, ils se font esclaves et chien» couchants ; il n*y a sorte de bas et mechaniques offices qu^ils ne pratiquent
Li P. Gabassi, Doctr. cur., 169/1, p. lOoS.