COIFFER (SE
Coiffer (Se). . ., coiffé (être) de. . ..aujig.y s enticher,
être entiché de . . .
995 Faut-il de ses appas être si fort coiffé! — bc. des Fem.y III, 5.
Parmy ceux qui la convoitèrent Et de sa beauté le coiffèrent, Turaus très remarquable estoit,
SciRRoif, Virg, trav,, Paris, David, 1705, H, p. ao/i.
960 Je suis coiffe' de sa vertu. - Lorbt, Muze hietor,, 8 août i65/i.
Un gentilhomme de Bayeux,. . .
Des erreurs de Calvin coiffé. . . - Id., ibid., 3 février i663.
Ten voilà coiffée; il t^a dit la fleurette.
Th. Corn., Comt, d'Orgueil, III, 3.
89 Fille $e coiffe volontiers
D^amoureux à longue crinière. - La Fort., I, p. a 65 : Fahl,, IV, 1.
Quand un coquet ûeSé
D^amour, de bonne sorte, une fois $*eet coiffé,
Cela tient comme glu. - Hauterochi, Criêp, méd., V, h.
La croyex-vous d'humeur, dites, Je vous conjure,
A se pouvoir coiffer de sa sotte figure ? - Montfliort, Criep. gentUk. , III , 11.
Que vouê voua étee coiffée bien mal à propos de ce petit vilain-là I
BiROR, Hom, à h, fort,, I, A.
Elle étoit au lit, belle et coiffée à coiffer tout le monde. - S<t., IV, 658.
Mon amie de Lyon m'en paroit moins coiffée» - Id., IV, 986.
Mais, tant que tu voudras, parle, prêche, tempête.
Ta maîtresse est coiffée, . . — Et crois-tu, dans ta tête,
Que ramour sur son cœur ait un si grand pouvoir? - Regnârd, Joueur, I, 9.
Vous auriez épousé Isabelle sans cet impertinent de comédien Françob . . dont Roquillard g'eet coiffé, - Rkonard et DupRéiiT, Ckinoie, IV, 1.
* Dans sa Gram, franc,, Ramus, en 1587, écrit par oe tous les mots en oi : on ne peut donc rien conclure de son orthographe pour la façon d'écrire cœffe ou coiffe. On ne trouve rien sur ces mots coéffe, boëte ou coiffe, boUe, ni dans Meigret, ni dans Pelletier, ni dans Rob. Esticnne, ni dans La Chaussée (Caucius), ni dans Claude Irson, etc. — En 1706 seulement, dans la Gram, franc, de Tabbé Régnier Desmarais, secrétaire perpétuel de r Académie française, et son interprète, on lit : crDans les autres (mots) ou To et IV ne se trouvent suivis d'aucune autre voyelle, comme boeete, cœffe, moelle, poêle et troetne, le son de To et de Te se fait entendre sur une seule prononciation ; mais de ces cinq mots les deux premiers ne s'escrivcnt plus que boiete et coiffe, » - P. 4 1 .
Si nous prenons les dictionnaires, Rob. Éstiennc (iSSg et 1669), Nicot (i56A, 1578, 1606, 1618, 1635), Monet (1630) écrivent coeffe; mais le même Monet, en i636f donne coeffe et coiffe; Cotgrave (1611, 1689, i65o), coeffe ai coiffe; Ant. Oudin (16/19), renvoie de coeffe à coiffe, coiffer, coiffure; de même, Duez et Oudin en 1660 ; en i65o. Ménage (Origines), coiffe; en 1676, Pomey, coeffe et coiffe; en 1677, Gaudin, coeffe; en 1679, Guy Miège, coeffe et coiffe; en 1680, Richclet, coéfe et coifo; en i683, Danet, coeffe; en 1690, Furetière, coeffe; en 1C96 et 1718, l'Académie française donne coiffe ou coiffe; en 17A0, elle dit : vCoiffe, on peut aussi dire coiffev; les éditions de 1769, 1799, i885 et 1878 ne donnent plus que coiffe,
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Simoir. ^îr^. 3-<i«.. Px», Dlvrôi. 17M. I. ^ 34.
COLLITIO5. repa* {•^g^r.
(inflwffciM *t «fc cnnrerts? - Xalm.. tt. ii-.
COLI.ET 421
Je ne parle point des coUationâ à la moderne, où les perdrix sont enlassées à douzaines; pourveu que les viandes y soient froides, cela se qualifie du nom de coUatùm, - Le P. Garasse, Doctr. cur., 1696 , p. 753.
Ce n^esloit rien moins qu un tour de magie. Ces Dames s^en apperceurent bieniost par Texcellence du fruit et des viandes. Vun et Tautre esloient servis en mesme temps, suivant Tusagc de la pluspart des collation$. . . Depuis la Comédie du Menteur, personne n*a , ce me semble , osé décrire une collation.
Sborais, Nouv. franc,, i656, 5* Nouv., p. aSB-aSg. - Voir GoBir., MerUewr.
Je ferai préparer la soupe pour le soir,
Et nous vous attendrons. — N*en prenez pas la peine;
Je fais collation trois jours de la semaine,
Et demain en est un. - Montplbubt, Trigaudin, IV, h,
Ges bonnes Vesins, d^Assé et Varennes m*ont fait une grande collation,
Séf., VII, 384.
♦ Collation, (rconvy que les Latins appellent collecta (dont est venue nosire collation) ^ où chacun apporte sa portion». - G. Bouchbt, Seréee, IV, 335, édit. Roybet.
Est. Pasquier, dans ses Rech, de la France, liv. VIII, chap. xxxit, explique le mot colla-tion trdont nous usons es jours de jeusncs, quand, au heu de nostre souper, prenans vers le soir un noble repas, nous rappelions collation, mot qui rappelle les conférences (conferre, collatum) des ecclésiastiques aux jours de jeune». - Est. Pàsquibb, Rech, de la France, iGai, p. 730-731.
«Gela me fait souvenir, dit le Commandeur, d'une autre façon de parler qui est encore particulière aux Parisiens; ils vous diront : trAppoKés à goûter à ces enfans, donnés-leur du fruict et des confitures pour leur goûter» , pour dire tr Apportés la collation à ces enfans, donnés-leur du fruict et des confitures pour leur collationit, - Db Galli^bbb, Du bon et du mauv, ueage, 1693, p. 61.
Collet.
99 De CCS petits pourpoints sous les bras se perdants, Et de ces grands collets jusqu'au nombril pendants.
Éc, des Mar,, I, 1.
Maître de Philosophie, en raccommodant son collet.
Bourg, gentilh.y II, &.
Elle . . . n'apporta rien que de grands colleté de point-couppé qui n'estoient point à leur usage. . . Us n'en achetèrent donc point, et il n'y eut que Morizot qui eut rinvention de prendre son mouchoir, et de le mettre autour de son col, comme si c*eust esté un collet bas. - Sorbl, Francien, II, p. io3.
Il y a quelque temps qu'au lieu de colete qu'on porte à présent, on portoit de^ fraises; il n'y a pas si longtemps que la mode en est passée.
D'Odtillb, Contée, t^kk, édit. Jouaust, i883, II, p. 168.
La description de cette bigearrcrie (l'inconstance des François) ayant esté faicte par quelqu'un en ce qui est des collet», l'on a dit qu'au lieu que nos pères en portoient de petits tous simples, ou de petites fraizes semblables k celles d'un veau, nous avons au commencement porté des rotondes de carte forte, sur lesquelles un collet empesé se tenoit estcndu en rond en manière de théâtre. Qu^apres Ton a porté des espèces de pignoirs sans empeser, qui s'estendoienl jusqu'au coude ; qu'en suite l'on les a rognez petit à petit pour en faire des ccllete assez raisonnables; et qu'au mesme temps l'on a porté de gros tuyaux godronnez que Ton appdloit en-
core des fraizes, oîi il y avoit assez de toille pour les aides d*ua moulin k vent, et quVnfin, quittant tout cet attirail. Ton est venu à porter des eoUH9 à petits, qo*3 semble que Ton se soit mis une manchette autour du cou.
Les Loix de la Galanterie, dans le Nouveau Recueil de» pièeeê Im plu» agnâtiis de ce tempe, in-8", Paris, Sercy, M.DG.XLIIII, p. 19-30.
Le collet fouppy d'accolades.
Et les bras froissez d^embrassades,
Enfin las à faire pitié,
D cria : G*est trop de moitié.
SciRRON, Virg. trav., Paris, David, 1706, H, p. 5.
EUe faisoit bien la sucrée ;
Mais enfin il la corrompit
Par un beau présent qu'il luy fit. . .
D'un collet et de six chemises. - Id., ibid., H, 961.
n ne leur faut ny fraise ny collet»
Sâiht-Avàht, CBuvr., hîbL elzév., I, 386.
Tant les grands Dieux porlans ealoche Que ceux qui galoches n^ont point, Ny de colet» à leur pourpoint, Vindrent au lieu de l'assemblée.
Dàssouct, Ovide en belle humiur, in-&\ i650y p. ho.
Toutes ces trois belles muguettes
De leur mestier estoient (?) nauguettes.
Faisant chemises et coUet», - Richbb, (hide bouffon, 1669, p .3Bi.
Te voilà. Dieu me damne! assez bien équipé I Testebleul Des colet» de dentelle de Flandre I
BoDBSiULT, Portr. du Pàmtre, se s.
Gomment est-il fait?
— C'est un homme qui porte un fort petit collet Avec un habit noir; enfin c'est, ce me semble. Quelque façon d*abbé ; du moins il leur ressemble.
MoNTFLBDRT, Gcutilh, dé Etauct , m, h.
Ahl que Paris abonde en fripons, en filoux,. . .
Et qui n'ont ni rubans, ni plumes, ni collet
Qu'aux dépens du tribut qu'ils doivent au gibet! - Id., ibid,, IV, h.
Les hommes s'habillent jusqu'au menton, portent des fraises et des eoUtt»,
La Baur., H, soi.
3|t Le coUet était la partie du pourpoint qui entourait le cou; c'était aussi tri de linge qu'on metloit, dit Furetière, sur le collet du pourpoinL À l^égard
un ornement
des hommes
on l'appela rabat,y> - FcasTiiaB, Diction., i6go.
Le mot collet entrait dans de nombreuses locutions; on disait :
Gripper au collet. - Te. Gobs. , Galant doublé, IV, 8.
Mettre la main au collet.
Le p. Gabassb, Doctr, cur,, i6â/i, p. 97a. - GniPBLiiM, Trad, de Guzm, ^Al/ar», i63o, III, p. i35.
Prendre au collet.
RiCBER, Ovide bouffon, 166a, p. ao. - Tu. Corti., D. Ceear ^Avalo», V, 7, et Baron d'Albikrac, 1,9.- Moxtfleort, Gent, de Beauce, IV, 5.
Saieir au eollet. - Hactbrochb, Le Deuil, se. 1.
Sauter au collet,
MoiiTFLiuBT, Coméd, poète, II, i. - Tb. Corn., Amour à la mode, V, 8.
Tenir au collet,
SAiRT-AMiHT, CEuvr,, bibl. elzév., Ui 86. r* Moiitflkcbt, Ambigu com,, i" interm., se. à.
Collet : prêter le collet a . . . , accepter la lutte avec . . .
C'est bien à vous de faire Thabile homme I — Oui, c'est à moi; et je vous prêterai le collet en tout genre d'érudition. - Am. méi.^ II, 6.
E^le me preêta si bien le collet et avec tant de liberté et de gentillesse , que j*en estois eslonné; je ne luy dis jamais paroUe qu^elle ne me répartist soudain.
CHiPBLÀDr, TrwL de Gmrm, ê^AlJar,^ i63o, III « p. 3o8.
Pour des compliments , il n*y a personne dans notre province qui ose me prêter le collit. ~ Rbghàbd, Coquette, ÏL^ h.
Collet-monté, qui était de mode au temps où Ton portait des collets-mantes y c'esl>-à-dire des collets montants.
553 II pue étrangement son ancienneté.
— Il est vrai que le mot est bien collet monté. - Fem, «av., II, 7.
♦ On se moquait fort en 161 3 de la mode alors nouvelle des coUeU-montêi , que Ton trouvait surannée en 1679. On lit en efiet dans le Satyrique de la Court (Var, litt, d'Ed. Foumier, III, 9 56- 067, bibl. eizév.) :
n luy faut des rabas de la sorte que celles Qui sont de cinq ou six villages damoiselles. Cinq coleti de dentelle haute de demy-pié, L*un sur Tautre montez, qui ne vont qu'à moitié De celuy de dessus , car elle n*est pas leste Si le premier ne passe une paulme la teste . . .
Le Prince aida la Princesse à se lever. . . ; il se garda bien de lui dire qu'elle cstoit habillée comme ma mère-grand\ et qu'elle avoit un collet-^monté.
Pbbradlt, Contée : La Belle au bois donnant,
37 Tes bons mots autrefois, délices des ruelles,. . .
Hors de mode aujourd'hui chez nos plus froids badins.
Sont des colletê^montée et des vertugadins. - Dbspb., Sat, XII.
Ah I fi , Monsieur le Commandeur, désorientée I ce mot sent le collet-monté et je l'ai entendu dire à ma grand'mère. - Di CALLiàRBS, Mot$ à la mode, 1699 , p. Ag.
Colorer, atténuer, donner [oUy au passif : prendre) un aspect, une couleur favorable.
1917 Vous nous payez ici d'excuses colorées. - Tart., IV, 1.
iili COMBIEN — COMÉDIE
Nous faisons coiuioitre que nous avons donné poor recefoir, et de cette façn coloronM ia malice des ingrats, qui semblent alors aroir dt^iense de rien Tendrp.
Mâui., II, p. k.
98 . . . Mon nom lui sert à colorer ses feintes. - Gobh. , Qà., I, 3.
Sig Cette offre peut-elle être un refus coloré f - Id., Tomoii d'or, I, 3.
ii36 Je veux un peu d*bymen pour colorer Taffaire.
Li Fo5T., Vif, p. 170 : Qjfmhe,
à'] Par là de son fiel colorant la noirceur. - Ric, Aih,, I, t.
Combien, combien de temps.
Il y a je ne sais combien que j'enrage du peu de liberté qn^il me donne. — Mar.forcéy se. a.
Mamour, cette coquinc-là me fera mourir. . . Et ii y a je ne sais combien que je vous dis de me la chasser. - MaL imag.y I, 6.
11 m*a donné cela; mais comlnen Tai-je attendu I - Malb., Il, 39.
Combler, encombrer.
go Lorsqu'un carrosse, fait de superbe manière.
Et comblé de laquais et devant et derrière. — Fdeh.y I, 1.
Les gens de qualité qui cambloient le théâtre mVn ont caché deux actes.
Regnard, CriL de l'Hom, à b.fort, se 6.
Comédie, spectacle, en général; représentation d'une œuvre théâtrale quelconque; pièce de théâtre, comédie, tragédie, divertissement mêlé de chant et de danses.
7 Et cent fois j'ai maudit cette innocente envie
Qui m'a pris à dîné de voir la comédie. - Fdch.y l, 1.
Il y a des esprits dont la délicatesse ne peut souflrir aucune comédie, qui disent que les plus honnêtes sont les plus dangereuses, que les passions que l'on y dépeint sont d'autant plus touchantes qu'elles son! pleines de vertu, et que les âmes sont attendries par ces sortes de représentations. - Préface de Tart.
Je no doute point qu'elle ne soit allée par la ville se faire honneur de la comédie que vous me donnâtes sous son nom. — Escarb., se. 1.
Cotte comédie n'a été faite que pour lier ensemble les différents morceaux do musique et de danse dont on a voulu composer ce divertissement. — Ibid.y se. 7.