CONDAMNER DE — CONDITION
Condamner de ... , accuser de ... , faire un crime de ... , blâmer de . . .
363 Ne me condamnez point <fun deuil hors de saison,
Et laissez-moi pousser des soupirs à foison. — Sgan,, se. 16.
i35o Et c'est trop condamner ma bouche «fimposture. - Tari., IV, 3.
Les ornements de rhétoriaue dont j'ai tâché de renrichir ne la font point condamner d$ trop d^artifice. - Gobr. , Exam, de Cinno.
♦ Pascal a employé de mémet avec la préposition de, le verbe blâmer : «Ne blâmei donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix.» - Peneéei.
i38i Peu s'en faut que mon coeur, penchant de son côté,
Ne me condamne encor (ie trop de cruauté. - Rac, Mithrid., IV, 5.
Le Dictionnaire de T Académie française, dans ses diverses éditions, ne donne pas ce sens.
Condition : homme de condition, gens de condition.
C'est un extravagant, qui s'est mis dans la tête de vouloir faire Yhomme de condition. - Préc. rid. , se. 1 .
C'est la coutume ici qu'à nous autres gens de condition les auteurs viennent lire leurs pièces nouvelles, pour nous engager à les trouver belles. — Ibid., se. 9.
La dame qui Thabile est de condition ,
Femme, depuis trois ans, d'un brave et galant homme.
Maître d'hôtel du Roi. — Comme est-ce qu'on le nomme?
D'OuviLLB, Coiffeuse à la mode, III, 8.
Avec ces défauts, quand il (Ésope) n'auroit pas été de condition à être esclave, il ne pouvoit manquer de le devenir. - La Fomt., I, p. 3o : Vie d^ Ésope.
Vous ferei mieux. . . de la donner à quelque homme de condition, comme, par exemple, à un gentilhomme de robe. - Hegnabd, Hom. à b.fort,, III, 5.
Cest un homme de grande condition et on l'appelle Monsieur le Vicomte.
Id., ibid., I, 7.
Je crois. Monsieur le Vicomte, que, fait comme vous êtes, vous voyei bien des femmes de condition. - Id., ibid., U, 5.
4c V Condition, qualité. Le mot de condition, en ce sens, est moins usité que celui de
2aalité : c'est un homme de condition, c'est un fat de condition; on dit plutôt : c'est un fat e qualité. 7) -Ricbilvt, Diction., 1680.
<r Condition signiGe aussi la qualité , la naissance , l'état où l'on est . . . Cet homme étoit de condition servilc et roturière; ses emplois l'ont rendu de condition noble; il sent son bien, son homme de condition. n - FunsTiàRE, Diction., 1690.
L^emploi du mot condition, dans ce sens, était alors sinon nouveau, puisqu'on le voit dans d'Ouville en 16/17, ^^ moins peu usité; en etfet, on ne le trouve dans aucun dic' tionnaire avant Richelet.