‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 393 sur 455 · CONJONCTURE · texte numérisé non relu

CONJONCTURE

lis se conduisirent avec tant de jugement qulls ne donnèrent nul nouveau sujet aux eonjecturei de D. Pedro. - M"* de Scud^rt, MatMlde, 1667, p. 3 18.

Qu^on me dise si de tant dVndroits où il y a de Tembarras , on en a rétabli un seul par raisonnement ou par conjecture.

BossDET, Hiit, univ,, in-A*, 1681, p. Aid.

Laissons les conjecturée de M. Burnet, et les tours dont il lascbc de colorer la réformation.

lo., Biêt, dêi Var,, a in-â% 1688, I, p. 387. - Cf. Id., ibid., II, p. /loo.

i|c L'excellent éditeur de la CoU, des Gr» Ecriv, a noté que les premières éditions du Dépà mmoureux portaient à tort conjoncture, qui est devenu conjecture dans les éditions suivantes. — Voir ci-aessous Conjoncture,

Le dictionnaire de Noël et Garpentier prête au marérbal de GlérembauU une sorte de jeu de mots sur conjecture et conjoncture : «Dans le monde, on n^agit que par conjoncture, et Ton ne parle que par conjecture, n

Conjoncture, occasion.

6o3 Pour Dieu, ne prenez point de vilaine figure;

fai prou de ma frayeur en cette conjoncture. - Vtt.y II, 4.

* Les premières éditions portaient ici conjoncture pour conjoncture, par une faute contraire k celle que Tédileur du Molière de la CoU. de% Gr. Écrit, a notée dans le Dépit anumreur, où on lisait d*abord conjoncture au lieu de conjecture. - Voir plus haut ce mot.

Quand il se rencontre qu^une mutuelle volonté rend aussi mutuels les désirs, dans la conjoncture des choses honnêtes. . . - Malh., II, 379.

Ces mots traduisent la phrase suivante de Sénèque : trQuum animos in societatem honesta cupiendi par voluntas trahit t», lorsqu'une même volonté entraine les esprits dans une association de désirs honnêtes. • •

69 Ulysse étoit trop fin pour ne pas profiter

D*une pareille conjoncture. - La Fort., III, p. 188 : Faideê, XII, i.

Je demeurai d'accord. . . que la conjoncture ne me permet pas avec honneur de quitter la Gastille en guerre.

M"' DE SccDéar, Mathilde, 1667, p. 343. ~ Gf. Id., ibid., p. 966 : La conjoncture des choses.

Ce fut donc un point résolu . . . qu'il falloit se liguer. Dans cette conjoncture, Bucer entama des négotiations avec Luther.

BossuET, IliMt. des Var,, a in-6% 1688, 1, p. 190.

Le premier dictionnaire où Ton trouve ce mot, mais écrit conjuncture, est le Diction, de Gotgrave de 1611, i639, i65o, etc.; on ne le retrouve plus ensuite que dans les Rech.Jr. et ital. d'Oudin, en 1 6^3; à partir de cette date, il figure dans presque tous les dictionnaires. Malherbe Ta employé; Vaugelas, mort en 1668, eu parle, en 16^7, dans ses Remarques; il le dit pris de Titalicn; mais le Vocabolario délia Crusca, édit. de 1619 (dédiée au maréchal d'Ancre), ne lui donne dans tous ses exemples que le sens de réunion, comme on l'a vu dans Malherbe, ot même de jonction, de jointure; à la fin de sou article, cependant , il ajoute : trNous disons : trouver les conjonctures, quand quelqu'un trouve le moyen d*agir aisément ; cela est dit peut-être de ce que les écuyers tranchants ne peuvent

A58 œNNAISSANCE — CONNAÎTRE

bien découper un animal sl]s n'ont pas trouvé les /oinlvret des €S (le «oagûnterttf t»isa).yt

ft Conjoncture. Ce mot, pour dire trune certaine rencontre bonne on mauTalse dsv la ff affaires?», est très excellent, quoy que très nouveau, et pns des Italiens qui rappeBol eongiuntura. H exprime merveilleusement bien ce qu*on luy fait signifier, de sorte qa« n'a pas eu (p'and'ueine à le naturaliser. Je me souviens que, du temps du cardinal ëi Perron et de M. de Malherbe, on le trouvait de«jâ beau, mais on n'osMÎt pas encore sa senir librement. . . » - Vacgelis, édit. Chassang, I, p. 3^5.

Furetière, dans son Diction. (1690), dit : «Borel remarque qae ce mot n'est venu es

«usage que du temps de la reine Catherine de Médicis.* Nous avons vainement cbercké

ce mot dans la première édition du Trtëor de Rorel (i655), et dans ccllo qui fait 5uitf i

redit, de 1 760 au Diction, étym. de Ménage. H. Estienne n*en parle pas dans son LengÊp

fr.-itaUanizé.

Connaissance, terme de vénerie.

563 rai beau lui faire voir toutes les différences Des pinces de mon cerf et de ses cormaiêtances j Il me soutient toujours, en chasseur ignorant. Que c'est le cerf de meute. - Fdch.f II, 6.

* Les connoiêMances , en langage de veneur, sont les indices qull tire de l'examen Ai pied ou foyc du cerf ou du chevreuil, de la trace des ours ou san^ers, des famées de» bétes broutantes, lesses des bétes mordantes, crottes des lièvres, ûentes des renards el autres bétes puantes, éprantes des loutres, etc.; en outre, pour les cerfs en particufier, des portées (c'estr-à-dire du port de tête), des allures, des abattures et du frayouer.

S*il s'agit des connoiuances que peuvent donner, comme ici , le pied et ses pinces (oa bouts des pieds), tries vieux cerk ont communément les connov$ance» qui s'ensuivent...» Ainsi débute le cbap. xxii de la Vénerie de Jacq. du Fouilloux, intitulé : frDu jugement d eognoiêsance du pied du rerf<;; le chapitre suivant a pour titre : crDu jugement et cagnmëance des fumées des cerfs de dix cors cl des vieux certsT) ; au cbap. â4 , il explique comment «le veneur peut avoir jugement et cognoiêionce de la teste des cerfs toute Tannée parles portées*», etc.

Dans la Vénerie royale, par messire Robert de Salnove, in-4% Paris, i655, on trouve, i'* partie, plusieurs chapitres consacrés aux connoiuances «rque Ton doit voir à la teste do Cerf 7) , cbap. xxti ; — « Lei connoitioncti que Ton doit remarquer pow connoistre le jeone Cerf d'avec la jeune Biche n , etc.

Connaître, savoir.

Vous méritez sans doute une meilleure fortune, et le Ciel qui k connoU bien, m'a conduit ici tout exprès. — D. Juan, II, 2.

363 ... Tu sais tout, tu connni» qui nous sommes. - Malb., 1,17.

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