‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 400 sur 455 · CONSIDÉRABLE — CONSIDÉRATION · texte numérisé non relu

CONSIDÉRABLE — CONSIDÉRATION

Considérable, qui mérite d'être considéré, d'êli-e pris en considération; important.

686 Hé bien! je suis coupable, et je veux l'avouer; Mais si jamais mon bien te fut considérable y Répare ce malheur, et me sois secourable. - VEu, II, 6.

Ahl mon père, le bien n'est pas considérable ^ lorsqu'il est question d'épouser une honnête personne. — UAv., I, U.

Le seigneur Anselme est un parti considérable. — Ibid.^ I, 5.

. La fin du bienfait est plus contidérable que le commencement. - Malh., II, 97.

Ne me forcez point à vous dire que ma haine est plus comidérabie que roos ne croyez. - M"' db ScuDéaT, Mathilde, 1667, p. ao6.

Il n'y a lîcn que je trouve si conêidérable que la santé. - Skt. , IX , h^h.

Dans ce siècle , il arriva des choses très eonsidtrahUê parmi les Gentils.

BossDBT, HiêU wniv,, in-/ï% 1681, p. ao. - Cf. Id.« i6ûl.y p. 35, hâ\ HisL dit Var,, a in-^% 1688, l, p. ii3, etc.

Considération, réflexion, prudence.

Avoir si peu de conduite et de considération! — Fourb. de Scap.y H, 5.

L'attention de ceux qui n'ont point fait de loi a été de nouB faire donner avec plus de considération, et avec plus de considération élire ceux que nous vouions gratifier. - Malh., II, 63. - Cf. Id., ibid,, H, 98, 37/i, 4^7.

Bajazet cstoil si transporté d'amour, et avoit tant de fois rendu de pareilles visitfs à Floridon sans que la Sultane eu eut rien sccu, qu'il n'y apportoit plus aocum conMideration. - Segrais, Nouv. franc. , i656, 6* Nouv., p. 108-109.

M. de Mircpoix. . . ne me parla jamais, dans Tune et l'autre visite, que de b considération qu'il avoit faite, en se mariant, sur l'agrément de la famille.

Skv., Vm, 698.

Dans un peuple si sagement dirigé (le peuple Romain), les récompea<ies et le^ rbastimens estoient ordonnez avec grande considération.

BossuET, Hist. Univ., in-V, t68i, p. 5 18.

Considération (A la) de. . .

A votre considération, je m'en vais la traiter du mieux qu'il me sera possible. — 5ict7. , se. 17.

On peut se figurer la douleur de Montafilant, de voir sa maltresse en une inibrtune si grande , pour «a considération.

Segrais, Nouv. franc., 1607, W nouv., p. a34.

(On disoit à mon père que) ros grâces lui étoicnt faites uniquenient A sa roiuidération, et que je n'y avois aucune part. - La Rochef., II, 9a.

GONSOLATIF — CONSOMMER 467

Considération, estime, respect.

Mais savez-Yous, Mousicur, que cet habit me met déjà en comidi^ ration y que je suis salué des gens que je rencontre? — D. Juan y III, i.

Animal sans considération ni respect. - La Font., IX, p. 377 : Lett. à sa femme»

Puisque je lui manquois de considération (à Monsieur. . .).

Là Rochep., II, p. 93.

Elle (M*"' de Goulanges) a été saignée, et, si cela dure, elle est d^une considération et dans un lieu (Versailles) qui ne permet pas qu'on lui laisse une goutte de sang. - Séy., V, p. 67.

Tant qu'il a resté aux Romains tant soit peu de considération pour les Juifs, jamais ils n'ont fait paroistre les Enseignes Romaines dans la Judée.

BossuBT, Hist, univ,, in-4% 1681, p. 333-333.

Je n'ay pu résister. . • aux importunitez de ma fille. Damon Taime; elle a de la considération pour luy. - Dd Vbbdier, Le Flatteur, 1696, I, 5.

CONSOLATIF.

Je suis homme consoïatif, homme à m'intéresser aux affaires des jeunes gens. — Fourb. de Scap., I, 2.

♦ Ce mot ne figure ni dans Richelet, ni dans Furetière, ni dans les quatre premières éditions de TAcadémie; il parait pour la première fois dans la 5' édition, an vu (1799).

Royne du hault firmament.

Trésor de bien consolatif, - Miracle de N,~D., H, a64, A. T.

La voix nous seroit moult joyeuse , Doulce, plaisante et savoureuse, Et de nos maulx consolative.

Grebar, Myst. de la Passion, 9067 (édit. G. Paris).

Je vous commencerai ce que j'ai à vous dire par un discours bien consolatif à ceux qui ont assez de liberté d'esprit pour le concevoir au fort de la douleur.

Pascal, Lett. à sa tceur sw la mort de leur ph'e.

Consommer, consumer.

1073 Et quoi que l'on reproche au feu qui vous consomme ^ Le mal n'est pas si grand, que de tuer un homme.

Dép, am., m, 9.

Alors que l'insensée

Voyant la mer, de pleurs se consommait. - Roxsard, Amoare, I, a a 3.

(Mes yeux) n'en peuvent plus, consommez de la braise Que vomist ma poitrine ainsi qu'une fournaise.

Rob. Garnier, Antoine, V, 193.

Geste qualité esloulTe et consomme les autres qualités vrayes et essentielles.

Montaigne, III, 7.

Ib m'accableront d'cnnuy, et mWeront tout moyen de remédW au mal «pn nous consomme. - He?iri IV, Lett, migê., IV, p. 796. - Leît. du 3i mars 1Ô97.

Ainsi quand le soucy d'une amour inféconde

Se coniomme aux rayons du grand estre du monde . . .

DUaré, L'Atirée, t6i&, I, p. i63\

Mais comme ia statue a triomphé des flammes,

Au milieu du péché qui consomme nos âmes ,

Vostre pure ongine a vaincu son pouvoir. - Ant Gobk. , Sannei.

Il n'est si Iiaut crédit que le temps ne consomme. - Roraou , Bfdsaiit , V, s.

Un valet tel que toy dans Tamour se consomme, - CriU du Tart,^ 1669, se 7.

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