U COUSSI-COUSSI
Nous attendons encore un maftre italien
Qui doit venir tantôt — Je vous le défends bien ;
Je ne veux point chez moi gens de cette séquelle ;
Ce sont cùurtierê d^amour pour une demoiselle. - Rbohard, Distrait, I, k.
:¥ Courtier, autrefois couratier, corretier, courretier, est de toute ancienneté dan» la langue. Ménage le dérive de courre, courir, M. Littré repousse cette étymologie, ci tire ce mot de cura, soin ; pour lui, le courtier est celui qpii a cure d*une aiOfaire. Par exlnordinaire, nous tenons pour Ménage contre Littré. — Nicot (1673) dit : n Courretier, voir' courtier. Semble qu*il vienne de courre ou courir, currere; pource que telles gens coorail tantost à Tune des parties, tantost à Tautre pour moyenner (servir d*intcrmédiaire).t — Monet (i6ao) : ^Corretier, corratier, courtier, moyenneur d^achats et ventes, de preste d*argent et de choses semblables. ti — Les Dictionnaires espagnols ont, dans le méflM sens, le mot corredor, qui signifie également cimreur et courtier, et confirme Tétymolo^ des anciens maîtres.
Ronsard a employé la forme couratier :
Il devint en un jour savant en tel mestier,
Maquignon, revendeur, a&onteur, couratier. - Hymnee, II, lo.
La couratière, après avoir faict les caresses accoutumées, les condoict dans bd petit corps de logis.
Plaitantee ruteê et cabalee de trois bourgeoises de Paris, 1637. ( Var, UiL de 11 bibl. clzév.; VU, p. ùh.)
De même Corneille dans la Veuve :
10/10 ... Si jamais je trouve ici ce couratier.
Je lui saurai, Madame, apprendre son mestier.
De même aussi Vion d'Alibray :
... Ce voleur parfait, ce courratier d*amour. Ce Mercure qui, loin d^allcr droit à Carthage,. . . S*amuse, reprend vent dessus le mont Atlas. . .
Métamorph. de Gomor en Marmite; dans Sallingbe, HisL de P. à Montmaur, a in-8% 1716; II, p. 7a.
De môme enfin Sorel , au féminin :
Une telle femme pourroit bien estre mon faict , sans aller me recommander à toutes les courratieres de mariage de Paris. - Polyandre, 1668, II, SgS.
COUSSI-COUSSI , couci-couci, tellement queUeinent.
1697 Dequoi peux-tu te plaindre? Ai-je pas réussi
En tout ce que j'ai dit depuis ... ? — Coussi-coussi. — L'Et. , IV, 4.
El vous Ta-t-il donné bien fort? — Coussi-coussi.
ScARRON , Jodelet duelL , [V. 8.
Lorsque par devoir on travaille , On ne peut faire vers qui vaille ;
cousu DE. . . — COUTUME 515
Par exemple , ces rimes-cy Sont des rimes couisy-couuy.
SciBitoR , Dem, Œuvr, , Paris , David , 1 7 oo ; 1 , p. a 07 . - Cf. Virg, trav. , édit. t7o5; H, p. 7a.
aa7 Le quatorze du mois, cecy
Fut compozé eoucy coucy, - Lorbt, Muze histor., th octobre ]656.
Belle? vous la verrez; elle est. . . — dmui-couiiiT
MoNTPLEDRT, Coméd. poète, 11, 7.
Je me porte là là; mais toi? — Ccwêi-coussi, - Regnabd, DUtrait, II, i.
^ Lorsqu^on joua V Adélaïde du Guesclin, à cette question :
— Es-tu content, Coucy T
un plaisant du parterre répondit : Couisi, couui. On rit, et la pièce échoua; telle est du moins la tradition.
Cousu DE . . .
On me viendra chez moi couper la gprge, dans la pensée que je suis tout cousu de pistoles. — LAv., I, &.
5 Son voisin , au contraire , étant tout eouau (i'or, Ghantoit peu , dormoit moins encor.
La Fort., Il, p. 317 : Fables , VIII, a.
Ce vieux Grésus , en sablant le Champagne , Gémit des maux que souflre la campagne , Et, couêu d'or, dans le luxe plongé, ^
Plaint le pays, de tailles surchargé. - Voltaibb, EpU.
t «Ou appelle un honune tout couiu de pistoles, celuy qui en a beaucoup, par allusion à la manière des avares, qui cousent leur argent dans leurs habits, pour les mieux cacher et garder, n - FuBSTiiaB , Diction.
Coutume, habitude; avoir de coutume.
ïai toujours de coutume de parler quand je peins. - Sicil., se. 1 1.
Pour. . . vous ôter Tenvie de nous faire courir, toutes les nuits, comme vous aviez de coutume. — Fourb. de Scap,, II, 3.
Avant que le bon seigneur Roy se couchasl , il avait souvent de couêtufne de faire venir ses enfants devant luy. - Joinvillb, Vie de $aint Louis, cité par Godefroy.
Et sembloit que le Gicl . . . refusast à sa douleur le remède que le temps a de c:ustume de rapporter à tous ceux qui ont plus de sujet de se douloir. ^
D'Ubfk, UAsirée, i6i4, II, p. i-a. - Gf. Id. , iWrf., II, p. 867.
Les bourgeoises de cette ville (Montpellier). . . ont de coutume de voir un nombre iiiliuy de jeunes godelureaux.
La frrande division arrivée entre les femmes et les filles de Montpellier. ( Var, hist. et lilt, de la bibl. eliév., I.)