‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 443 sur 455 · U COUSSI-COUSSI · texte numérisé non relu

U COUSSI-COUSSI

Nous attendons encore un maftre italien

Qui doit venir tantôt — Je vous le défends bien ;

Je ne veux point chez moi gens de cette séquelle ;

Ce sont cùurtierê d^amour pour une demoiselle. - Rbohard, Distrait, I, k.

:¥ Courtier, autrefois couratier, corretier, courretier, est de toute ancienneté dan» la langue. Ménage le dérive de courre, courir, M. Littré repousse cette étymologie, ci tire ce mot de cura, soin ; pour lui, le courtier est celui qpii a cure d*une aiOfaire. Par exlnordinaire, nous tenons pour Ménage contre Littré. — Nicot (1673) dit : n Courretier, voir' courtier. Semble qu*il vienne de courre ou courir, currere; pource que telles gens coorail tantost à Tune des parties, tantost à Tautre pour moyenner (servir d*intcrmédiaire).t — Monet (i6ao) : ^Corretier, corratier, courtier, moyenneur d^achats et ventes, de preste d*argent et de choses semblables. ti — Les Dictionnaires espagnols ont, dans le méflM sens, le mot corredor, qui signifie également cimreur et courtier, et confirme Tétymolo^ des anciens maîtres.

Ronsard a employé la forme couratier :

Il devint en un jour savant en tel mestier,

Maquignon, revendeur, a&onteur, couratier. - Hymnee, II, lo.

La couratière, après avoir faict les caresses accoutumées, les condoict dans bd petit corps de logis.

Plaitantee ruteê et cabalee de trois bourgeoises de Paris, 1637. ( Var, UiL de 11 bibl. clzév.; VU, p. ùh.)

De même Corneille dans la Veuve :

10/10 ... Si jamais je trouve ici ce couratier.

Je lui saurai, Madame, apprendre son mestier.

De même aussi Vion d'Alibray :

... Ce voleur parfait, ce courratier d*amour. Ce Mercure qui, loin d^allcr droit à Carthage,. . . S*amuse, reprend vent dessus le mont Atlas. . .

Métamorph. de Gomor en Marmite; dans Sallingbe, HisL de P. à Montmaur, a in-8% 1716; II, p. 7a.

De môme enfin Sorel , au féminin :

Une telle femme pourroit bien estre mon faict , sans aller me recommander à toutes les courratieres de mariage de Paris. - Polyandre, 1668, II, SgS.

COUSSI-COUSSI , couci-couci, tellement queUeinent.

1697 Dequoi peux-tu te plaindre? Ai-je pas réussi

En tout ce que j'ai dit depuis ... ? — Coussi-coussi. — L'Et. , IV, 4.

El vous Ta-t-il donné bien fort? — Coussi-coussi.

ScARRON , Jodelet duelL , [V. 8.

Lorsque par devoir on travaille , On ne peut faire vers qui vaille ;

cousu DE. . . — COUTUME 515

Par exemple , ces rimes-cy Sont des rimes couisy-couuy.

SciBitoR , Dem, Œuvr, , Paris , David , 1 7 oo ; 1 , p. a 07 . - Cf. Virg, trav. , édit. t7o5; H, p. 7a.

aa7 Le quatorze du mois, cecy

Fut compozé eoucy coucy, - Lorbt, Muze histor., th octobre ]656.

Belle? vous la verrez; elle est. . . — dmui-couiiiT

MoNTPLEDRT, Coméd. poète, 11, 7.

Je me porte là là; mais toi? — Ccwêi-coussi, - Regnabd, DUtrait, II, i.

^ Lorsqu^on joua V Adélaïde du Guesclin, à cette question :

— Es-tu content, Coucy T

un plaisant du parterre répondit : Couisi, couui. On rit, et la pièce échoua; telle est du moins la tradition.

Cousu DE . . .

On me viendra chez moi couper la gprge, dans la pensée que je suis tout cousu de pistoles. — LAv., I, &.

5 Son voisin , au contraire , étant tout eouau (i'or, Ghantoit peu , dormoit moins encor.

La Fort., Il, p. 317 : Fables , VIII, a.

Ce vieux Grésus , en sablant le Champagne , Gémit des maux que souflre la campagne , Et, couêu d'or, dans le luxe plongé, ^

Plaint le pays, de tailles surchargé. - Voltaibb, EpU.

t «Ou appelle un honune tout couiu de pistoles, celuy qui en a beaucoup, par allusion à la manière des avares, qui cousent leur argent dans leurs habits, pour les mieux cacher et garder, n - FuBSTiiaB , Diction.

Coutume, habitude; avoir de coutume.

ïai toujours de coutume de parler quand je peins. - Sicil., se. 1 1.

Pour. . . vous ôter Tenvie de nous faire courir, toutes les nuits, comme vous aviez de coutume. — Fourb. de Scap,, II, 3.

Avant que le bon seigneur Roy se couchasl , il avait souvent de couêtufne de faire venir ses enfants devant luy. - Joinvillb, Vie de $aint Louis, cité par Godefroy.

Et sembloit que le Gicl . . . refusast à sa douleur le remède que le temps a de c:ustume de rapporter à tous ceux qui ont plus de sujet de se douloir. ^

D'Ubfk, UAsirée, i6i4, II, p. i-a. - Gf. Id. , iWrf., II, p. 867.

Les bourgeoises de cette ville (Montpellier). . . ont de coutume de voir un nombre iiiliuy de jeunes godelureaux.

La frrande division arrivée entre les femmes et les filles de Montpellier. ( Var, hist. et lilt, de la bibl. eliév., I.)

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