‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 54 sur 455 · ALENTIR — ALENTOUR DE · texte numérisé non relu

ALENTIR — ALENTOUR DE

— Le Gësar Oudin de 1607 donne bien, dans sa partie espagnole, alcoba, mais ne donne pas la forme correspondante de alcâve; il traduit : ^Alcoba, un cabinet vouité, séparé d'une chambre, grand comme pour mettre un lict, petite chambretle, cabinet.»

De son côté, Félibien explique ainsi ce mot : ^Alcôve vient de Tespagnol aieoba, <pi tire son origine du mot arabe elkatrf; c'est le lieu où i^on dort Aussi est-ce dans 001 chambres k coucher un endroit particulier où le lit est placé. Ordinairement il y a une estrade, et cet endroit est comme séparé du reste de la chambre par des pilastres, ou par des chambranles qui forment un arc surbaissé, ou une autre sorte d^ouverture qui fait un lieu retire. 7)

Furclière, au mot ruelle : er Ruelle se dit aussi des alcova et des lieux parés où ks dames reçoivent leurs visites, soit dans le lit, soit sur des sièges.»

Le genre du mot alcâve resta longtemps indécis; Richelet (1680) et Furetière (1690) le font masculin ou féminin; la i'* édition du dictionnaire de TAcadémie (169&) le fait masculin ou plutôt féminin; la a* édition (1718) le fait seulement féminin; la 3* (17&0), féminin et quelquefois masculin; la A* (176a) et les suivantes, féminin. Uauteur des Nouv, obierv. iur la langue franc, (1688) pose la question du genre d' alcôve : (rLa partie, dit-il (p. 89), est presque égale dans cette dispute. M. Scarron, M"* (M*"*) de ViUediea, M. Mitoii et l)eaucoup d^autres encore croient ce mot du masculin; au contraire, M. d*AUancourt, M. Despréaux, M. Ménage et quantité de gens après eux prétendent qu'alame est du féminin. Dans cet embarras, je croy qu^il est mieux de dire avec le s' Richelet que ce mot est de genre conmiun. Au reste, Tusage le plus général semble plus porté à faire ce mot du masculin ; il se plait fort souvent à contrarier la raison , car je ne voy pas qu^il y en ait a faire alcûve de ce genre.»

Ménage, dans ses Obierv, sur la lang,fr, (167a), p. laa, affirme que akott est du genre féminin, ersans contestation».

Dans la série des Dictionnaires de TAcadéniie, alcève ne prend Taccent circonflexe que dans les trois dernières éditions, an vu (1799), i835 et 1878.

AlENTIR, ralentir.

109/i Je veux de son rival (dentir les transports. - VEu, III, û.

liSo Mais ces félicités ne sont guère durables El, notre passion alentissant son cours. Après ces bonnes nuits donnent de mauvais jours. - Ibid. , IV, 3.

ia3 En lui donnant de Tair son ardeur s'alenlit, - Corn. , Clit,, I, /i. ia70 Non que ma passion s'en soit vue alenlie, - Id., Sertor,, IV, a.

"^ Le mol a/en/rr figure dans tous nos dictionnaires, Nicot, Monet, Pomey, Gaudin, Gny Miège, Furelicre (1690); Richelet ne Tadmet plus déjà en 1680; TAcadémie le donne dans toutes ses éditions jusqu'à celle de 176a. A cette date, il disparaît tout à fait.

Alentour de. . ., à l'entour de. . ., autour de.

Les voilà tous alentour de lui. - Princ. d!EL^ 1"' iuler., se. 4.

La Déesse. . . commença un bal qui dura quelque temps à l'entour de la fontaine. - Voiture, Œuvr,, i656, p. a3.

Ils se mirent à genoux à l'entour de son lit. - lo., ibid., 1660, p. 93. * trL*u8age des écrivains modernes a établi de la différence entre ces deux mots (autour,

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