ALEZAN — ALGER (EN
aletUaur) qui estoient autrefois la même chose. Parmi eux, auttmr est une prëposition et alentour un adverbe. Selon celte différence il faal dire : <rLa Reine avoît toutes ses filles vmuiour J'cile et non pas alentour d'eUcrt. — M. de Vau^las et M. d^Ablancourt, qui sont plus exacts et plus grammairiens (que M. ai'. Voilure), font toujours aUtUour adverbe et auUmr préposition.)) - Le P. Bouhodbs, Doute» fur /a lang.fr., 167 A, p. ibT). En 169Â, la i'* édition du dictionnaire de rAcadémie consacre la même différence.
Alezan.
619 Et moi , je prends en diligence
Mon cheval alezati. Tu Tas yul — Fàch., II, 6.
9 Alezan est un poil d^une couleur roussâtre, accompagné d*un crin qui doit être roux on blanc Ce poil ce distingue en alezan brûlé et en alezan clair, selon qu*il est plus ou moins chargé; mais, en général, il est un indice d'un bon cheval. Cet alezan brûlé ne dément point son poil, et vérifie bien le proverbe qui dit : Alezan brûlé, plutôt mort que lassé.» — GuiLLBT, Ltffl Arte de l'homme d*êpée, lOSa.
Alger (En), à Alger.
Si vous ne lui envoyez par moi tout à Theure cinq cents écus, il va vous emmener votre fils m Alger. - Fourb. de Scap.y II, 7.
Hélas I mon pauvre maître! peut-être. . . qu'à Theure que je parle, on l'emmène esclave en Alger! - Ibid.^-^
En Lacédéraone, le pancrace et le cesteéloient défendus. - Malu., II, i36.
Ils disent quVi Inde il se trouve du miel aux feuilles des cannes.
Id., II, 65i.
^ Malherbe dit de même : en Avignon (IV, 1 1 1) , en Athènes (II ,liSi),en Clèves (111, 1 83).
1713 Avant qu*avec toute autre on me puisse engager,
Je serai marié , si Ton veut, en Alger. - Corn., Ment., V, 6.
Je me laisse gagner, je dépêche en Argos. - Rotrou , Iphig.
gk J^écrivis en Argos pour hâter ce voyage. - Rac, tphig. , I^ 1.
* Ménage, dans ses Obtei-v. eur la langue fr., 1673, p. aie, et dans ses Nouv. obterv., 1676, p. 436, et le P. Bouhours , dans ses Rem. nouv. iur la lang.fr., 3* éd., 168a, p. 10, se sont longuement étendus sur Temploi de en devant soit un nom de ville, soit un nom de province, soit un nom de royaume ou d'empire.
Dans sa 1" édition (169a) TAcadémie se montre très réservée : trQuoyque régulièrement parlant on ne se serve point de la préposition en quand on parle des villes, et qu^on ne dise point : estre en Paris , aller en Rome, etc. , cependant Tusage a emporté que quelquesuns disent : en Jérusalem, en Avignon, en Arles, façon de parler tirée des Italiens, qu^on n^est point obligé de suivre.»
Dans sa 9* édition (1718) rAcadémie s'exprime plus nettement : rrOu disoit autrefois : en Jérusalem, en Avignon, en Arles, etc. Mais celte préposition ne se joint plus aux noms propres des villes.» — Cette remarque est répétée en 1718, 1760, 1769 et an vu (1799).
88 aliénation d'esprit — allégeance
Aliénation d'esprit.
Tai vu en elle de Yaliénation d'esprit. — Am. méd., III, 6.
7/16 Est-ce songe? ivrognerie?
Aliénation despnt?
Ou méchante plaisanterie? — Amph.y II, 1.
Il envoya à sa sœur. . . deux onces de poudre préparée pour exciter le sommei de celuy qui Tavaleroit, qui le feroil dormir quatre ou cinq heures avec une telle aliénation de tous les sens, qu^un homme en cet état ne différoit d*un mort que dfl temps. - D'OuviLLB, Contet, iSkli. Paris, Jouaust, i883, II, p. adg.
La divination, au dire des Pères mesme, est une aliénatton d'esprit, ou mi emportement de Tâme hors de ses hornes ordinaires , aussi hien que la manie.
Le Parante Mormon, dans VHiit. de P. de Monttnaur, par di SiLLisaii, 1715, II, p. a8o.
* Richelet cite, à propos de cette expression , l'exemple de Molière. Robert Estienne, en 1539, ^^ donne pas Temploi du mot aliénation dans ce sens d'égarement; mais il parle, en 16/19, iï aliénation dans l'entendement , et V aliénation d'entendement se retrouve danslei diverses éditions de Nicot, 1673, 1606, deColgrave, i63a, i65o, etc.
Allée.
Monsieur Purgon m'a dit de me promener le matin dans ma chambre douze allées et douze venues. — Mal. imag.y II, 3.
# La distinction entre Y allée et la venue se trouve dans nos plus anciens lexiques : Robert Estienne, i539 et \^h<)\ Nicot, 1673 et 1606 : itus ci reditus; Cotgrave, i639, i65o, et Guy Miège, 1679 : Going and comin^, etc. Cependant nulle part on ne trouve celte diitinclion aussi nettement établie que dans l'exemple de Molière.
L^ Académie française (1878) n'a, sur ces deux mots, que la note suivante : ftAlUent venues, action d^aller et de venir plusieurs fois, et particulièrement les pas, les démardics que Ton fait pour une affaire : Faire des allées et venues. Après plusieurs allées et vetmet, iljut conclu que. . . , Il a perdu son temps en allées et venues. n Ces locutions consacrée! ne donnent pas précisément le sens de Molière.
Allégeance , soulagement.
5 Et quand ses déplaisirs prendront quelque allégeance. - LEu , IV, 3.
Le temps à mes douleurs promet une allégeance. * Malu., 1,2.
697 Non pas que je soupire après une vengeance
Qui ne peut me doimer qu'une fausse allégeance, - Corn. , C/t>. ,111, 1 .
i533 Porte à ses déplaisirs celle foible allégeance» - Id., Pompée, V, 1.
61 On voit à ses dures souffrances
De remarquables allégeances. - Lorkt, Muze hist», 99 nov. 1666.
ai 8 Et pour toute allégeance
En votre sein déchar^je ses douleurs. - Lk Font., Y, 173 ; Contes, 111. 5
Viens partager mes maux et les plaindre avec moy, Puisque , pour mon malheur, je suis sans espérance D*y trouver de ma vie aucune au Ire allégeance.
Le Boulàkgkb de Cuàllssav, Elomire (Molière) hypocondre, 1670, II, i>