ALTÉRER
* Les mots aile, halte ne figurent dans aucun dictionnaire avant c«lui de Gotgnre (1611) : vAUe, comme halte; halte, to stop.» Puis le mot disparaît, pour ne reproidire place que dans le Monet, Dict, fr,-lat, de i636, et dans le Wœsberghc, Dict,Jr.^lam,àt la même année.
MoNiT : vAlte, poiu* alto, mot italique : Haut le bois, hauaêez le hoU, dreieez (et «ma d'hoMt, cri et commandement pour faire hausser les armes d^hast et se ranger en marchant. Sur$um hastilia. — Faire alte, commander qu^on fasse alte, jubere iurrigi ktuti^; faire alte, haut le hois, erigere hoêtilia, surrigere hastaa.rt Monet ne donne pas kedU,éL Ton voit, par Fexplicalion française, tr hausser les armes d^hast et se ranger en marchanl», comme par la traduction latine, que rien, dans Monet, n^indique Tidée d*arrél notée dans Golgrave : to itop, et dans Wœsberghe : stil biUven stosn, — Ce dernier, non phf que Monet, ne donne pas halte,
MéifAGB, Origineê, i65o : vAUe, comme quand on dit /aire aUe, Les Allemands disent halte, pour dire atreite, et halten, pour arreiter, et plusieurs croyent que nous avons emprunté ce mot d'alte d'eux; mais pour moy, je croirois plustost que nous Taurions pris des Italiens, qui disent alto, far alto pour alte ei faire alte, qui est une façon de parier elliptique pour^àr alto legno, comme qui diroit : Hault le boi$, dre$iez voê piqueê, la coutume des piquiers estant de mettre leurs piques en haut lorsqu'ils s'arrestent. Ce mot de boi$ se dit proprement des armes d'ast, et particulièrement de la pique et de la lance* (p. 36-87).
Dans VArt de la guerre, de Louis de Gaya, 1677, ^^ officiers de la garde descendante recevant ia garde montante font les commandements suivants :
Soldats, prenez garde à vous.
Haut la pique. Marche . . . Halte, Demy tour à droit.
De leur côté, les officiers de la garde montante, arrivant à la garde descendante, commandent ainsi :
Soldats, prenez garde à vous poiu* poser vos armes. Haut la pique. Marche . . . Halte, A droit ou à gauche.
Présentez vos armes. Marche.
Dans ces commandements le mot halte semble bien marquer Tarrét. Mais dans un autre cas où remploi semble en être indiqué, le commandement est : Demeure là!
<r Quand passe une ronde, la sentinelle luy demandera bien haut: Qiù valàf Quand il aura répondu : Ronde! elle luy dira : fn Demeuré là. Caporal, hors de la garde.»
Les SIX premières éditions du Dictionnaire de TAcadémie admettent alte en renvoyant à halte; la septième et dernière (1878) le supprimo et se borne à donner halte.
Altérer, troubler, émouvoir.
i5i3 Un tel discours n'a rien dont je sois altéré. - Fetn. «a»., V, L
Il y a dos passions naturelles qui peuvent bien altérer le sage, mais non lui faire peur. - Malh., H, p. A70.
Cela doit-il si fort altérer votre esprit? - D'Odvillb, Coiffeuee à la mode, I, 9.
1 Quel sujet inconnu vous trouble et vous altère f - Dbspr. , Sot. HL
* Les diverses éditions de rAcadémie traduisent altérer : changer rétat d^une chose de bien en mal ; dans aucune on ne trouve un exemple du mut appliqué aux personnes.
amadouer 99
Amadouer.
Qu'on est aisément amadoué par ces diantrcs d'animaux-là I
Bourg. genUy III, lo.
:|K ff Aa propre, dit le dictionnaire de Joubert (1736), amadouer, c^est passer doucement la main sor le dos d^un chat pour le rendre plus doux.» — Aucun autre dictionnaire ne donne ce sens propre , consacré cependant par Régnier et La Fontaine.
35 Glorieux de me voir si hautement loué ,
Je devins aussi fier qu*un chat amadoué, - Rkgnibr, 5a<. VIII.
17 U ïamadouBf elle le flatte , U n^y trouve plus rien de chatte.
La Font., I, i85; - Fahlet, II, 18.
Un autre sens est fourni par M. Moland, dans son Lexique de Rabelais : fx Amadouer on tonneau, dit-il, c^cst en houchcr les fentes avec de Vamadou^n En quoi il se trompe, le mot amadou étant relativement nouveau, puisqu*il n^est entré dans la langue, ou du moins ne figure dans les dictionnaires qu^à partir de 17^0 (Agad.).
Dans le sens figuré, on en cite de nombreux exemples :
Ces Messieurs les poètes et leur suitte pensent-ils preschcr par ces nouveaux discours des bestioUes drollesses , attiltrées pour amadouer, flatter et muguettcr sans plus, et encores amadouer des âmes basses comme elles, car certainement elles n*en amadoueront pas de relevées par leurs ordinaires paroles plastrées de miel.
M"* DE GoDBifAT, L'Omlre, 1627, p. 606-607.
Voilà les discours qu*en ces nécessitez elle tenoit à son mary, et Tayant sçeu amadouer, luy promettant de luy obéir. - Sorbl, Francion, éd. 16/ii, p. 78.
Par son babil, elle amadoue tellement le pauvre homme, que, quoy qu*on luy eût pu dire, il la tenoit pour une Lucrèce.
D'OuviLLE, Conta, 16A/Ï ; édit. Paris, Jouaust, I, p. 33.
196 On le cajole, on V amadoue, - Lobbt, Muze hiêtor,, 3 mars 1667.
Qle vous a longtemps exprès amadoué; Mais qu*on m'étrille bien si vous n*étes joué.
Th. Gorii. , Engag. du hazard, 1,3.
Mon maître a le cœur tendre.
Et quand on V amadoue, il a peine à tenir. - Id., D. Ces, d'Avaloê, 1,3.
Je le trouve admirable . . . pour amadouer des usuriers.
RsGifARD, Ret. imprévu, se. 6.
Ah I voilà bien les Italiens, qui tâchent d^amadouer les auditeurs!
Rborabd et DuFB., Chinoiê, IV, 9.
Pour amadouer, on trouve : donner de Vamadoue,
Puis, en le baisant à la joue.
Pour lui donner de Vamadoue,
Luy disoit : Papa, sHl vous plaist,
Laissez Daphné telle qu'elle est. - Righeb, Ovide bouffon, 1660, p. 60 <
On rencontre aussi ramadouer :
Quelquefois elle sçavoit
De son homme ou de son père
Ramadouer la colèn\ - Br^beuf, Lucain trnv., i656, p. i6>).