AMBROSIE
i883 Je suis las de porter un visage si laid,
Et je m'en vais au Ciel, avec de Yambrosief
M'en débarbouiller tout à fait. - Amph.y III, 9.
Un Dieu mesme perdroit Vambroeie immortelle,
Privé de déité, s*il cstoit infidelle. - Jodbllb, Didon, II.
1 168 Vous avez demeuré là-dedans quatre jours?
— Quatre jours. — Et vécu? — De nectar, à^ambroeie.
GoRN., lUut, eom., IV, h,
(Elle) leur boucha les narines à'ambrone, - Rac, VI, 90 {Rem, »ur l'Odifu,),
* On ne trouve pas ce mot dans les Dict, JrA<u, de Rob. Esticnne (iSSg, i5&9);3
Î tarait pour la première fois, en 1671, dans les Épithèteê du sieur de Laporte, sous la orme ambroiie, puis, sous la même forme, dans le Nicol de 1673 et de 1606, mais mbroieie, dans les éditions 1618 et i6a5; Hiérosme Victor, Trésor des trois langues (1606, 1607, 1609, etc.) : amhrosie; — Gésar Oudîn (1606), Ant. Oudin (ifiâa) : oiiièrMif; en 1690, Monet donne ambroisie comme nom d^une herbe, et rtambrosie, manger des Dieux, selon les Poètcsn; mais en i636, ambrosie dans les deux sens; — au contraire, Gotgrave, en i63a et en i65o, donne ambroisie et ambrosie comme nourriture des Dieux, et ambrosie seulement comme nom d'une herbe; — en 1660, Oudin, Diet, JrAlal,, ambrosie dans les deux sens; — Nathaniel Duez, même année, ambroisie ou ambrosie, dans les deux sens; — 1676 , Pomey : ambrosie; — 1677» Gaudin : 9 Ambrosie; les Poètes latins appellent ainsi la viande qu'ils font manger à leurs Dieux; les Grecs disent taniost que c'est leur viande, tantost que c'est leur boisson; ambrosie, herbe odoriférante.» — 1679» Guy Miège, Dict,Jr,'angL, ambrosie, nourriture des Dieux; — 1680, Richelet, — i683, Danet, — 1690, Furetière : ambrosie, dans les deux sens.
Dans sa première édition (169/ï), l'Académie française donne ambroisie; dans la seconde (171 8) et dans la troisième (17/io), ambrosie; dans la quatrième (176s), ambroisie; dans la cinquième (an vu, 1799) et dans la sixième (i835), «ambrosie, et plus communément, ambroisies; enfin, dans la dernière (1878), ambroisie.
ÂME (Dans l').
855 Dans F âme, elle est du monde. . . - Mtsanth., III, 3.
19 16 Mais bien qu'il l'abandonne, il l'adore dans l'âme. - Gobn., Sertor., IV, 9.
Toute ingrate qu'elle est, je l'adore dans l'âme.
Tn. GoRif., Engag, du haz,, III, 5.
Mais, quoiqu'il dissimule, il vous adore en l'âme. - Id., ibid., ibid.
tiati D'un éclat si honteux je rougirois dans l'âme. - Rac, Théb., IV, 3.
Ame — AMI D'ÉPÉE 103
ÂME : Tendresse, bonté, faiblesse d'âme.
10&3 Et sur ce que j'adore oser porter le blâme,
Cest me faire une plaie au plus tendre de F âme. - VEt, III, &.
866 Et même pour Alceste, elle a tendresse d'âme. - Misanth.y III, 3.
207 II a reçu du ciel certaine honte d^âme. — Fem, sav., I, 3.
1 58i Et que j'aurois cette faiblesse d'âme. - /Wd., V, 9.
Je vous assure que c'est du meilleur de mon âme que je vous parle.
Méd. malgré Im, II, 9,
* Voir Canir : Tendreae, doucewr, dureté de cœur.
Ames des pieds, violons.
Ces Messieurs ont eu fantaisie de nous donner les âmes des pieds.
Prie, rid.j se. 19.
:|c Somaize, dans le Grand Dictiontuiire des Précieute$, n^a pas manqué d'emprunter à Molière cette expression : «les violons, Vâme despiedsn'y il traduit le mot vérité par tcVdme de la probité».
Cette expression parait avoir été inventée par Molière, comme bien d^autres que nous n'avons retrouvées dans aucun auteur contemporain. — Âme dans le sens de «r moteur n, «ce qui anime et fait agirn, reparait dans ces phrases du langage courant : «La charité est Vémê des vertus»; «cet homme est Vdme d'une affaire n.
M"* de Sévigné a dit dans ce sens :
M"* de Langeron est Vdme de Thôtel de Condé. - Slv., VI, a 00.
Encore que la vérité soit, s'il faut ainsi dire, Vdme de la sincérité, il y a pourtant de la distinction à faire entre Tune et Taulrc.
M"* DE ScuDÉRT, Mathilde, 1667, p. xb'j.
Ami : AMI DE COUR.
65i Allons, ferme, poussez, mes bons amis de cour. — Misanth., II, b.
* C'est dans ce sens que Corneille aurait dit, d'après M. Littré, qui n'indique pas Tédîtion consultée :
583 Et c'est un foihle appui des amitiés de cour
Qu'une vieille amitié contre un nouvel amour. - Othon, II, h.
Mais dans les éditions que nous connaissons, on lit intérêts de cour et non amitiés de ecur.
Ami : ami d'ép]£e.
1134 Vous êtes de l'humeur de ces amis d'épée
Que Ton trouve toujours plus prompts à dégainer
Qua tirer un teston s'il le falloit donner. - VEt., III, i.
lOS AMI À. . . (ÊTRE) — AMOUR
Ami a. . . (Etre).
Quelque ami que vous lui soyez, j'ose espérer que vous n'approuverez pas son action. — D, Juan, III, 3.
* Voir à, ci-dessus, p. 19, n** 18.
Amiable.
Il ne sera mauvais de vous faire quelque petite saignée amiable,
Méd, malgré lui, II, 4.
160 Le ciel amiable, - Malh., I, 10.
Son humeur est fort douce et fort amiable. - Id., II, 64 1.
Je lui ai ëcrit un billet fort amiable. - Se?., III, iSa,
(Quand) au lieu de trouver un accueil amiable,
On luy dira néant? — Ce sera bien le diable. - Th. Cork., Comt, d^Org,, \\ 1.
Ne prétendez-vous point
Que mes tendres discours lui servent chaque jour D^amiaUeê leçons ou d'intrigues d'amour?
Mo7(TFLEDRT, Dupc de êoi^méme, II, 1.
Amilgar.
Je vois bien que c'est un Amilcar, - Préc, rid,, se. 9.
* ^Enjoué : estre enjoué : estre un Amilcar.v - Somaizb, Gr, Diction, de$ Prée», Bibliolh. elzév., I, p. a 3. Voir Enjoué,
El il ajoute : <r(]cux qui ont Icu la Clélie sçavent pour quelle raison on appelle un homme enjoué un Amilcar, n
Amilcar ou Artaxaudre, c'est le poète Sarasin, qui porte les deux noms dans la OtUi (voir 1" part., liv. 111, odit. i65/4, p. 1370). IVP* de Scudéry en fait un personna^ toujours enjoué et d'une humeur égale, aimant le plaisir sans peine : trN'cst-il pas tni, dit-il (p. 1669), que TAmour naist parmy la joye?. . . En effet, les plus grands soupireurs de la terre ne soupirent que pour avoir de la joye, et toutes les douleurs et tous les désespoirs d'un amant ont toujours pour but l'espérance d'estrc heureux. Pourqaoj donc ne vaut-il pas mieux trouver la joye partout, et la trouver sans douleur, que de l'aller chercher par des sentiers difficiles, que de se mettre en estât de ne rire jamab qu'après avoir pleuré?» — On complétera l'idée que cette théorie donne du caractère d'Amilcar en lisant son histoire racontée par lui-même sous le nom d'Artaxandre (p. 1209).
Amitié : faire amitié avec . . .
Oui, Monsieur, je \qu\ faire amitié avec vous. — Mar. forcé, se. 7.
Amour, féminin.
iBgS La crainte d'un époux et Vamour maternelle
Firent Tévénement d'une ruse nouvelle. - Dép, am.,\, h.