AMOUR
559 n juroit qu'il m'aimoit d'une amour sans seconde.
Éc. des Fem.y II, 5.
69 Celte ardeur qu'il t'inspire est-elle si puissante?
— L'aimes-tu d'une amour qui soit si violente f — Mêic, 1,9.
1 197 Vous ne pouvez aimer que d'une amour grossière.
Fem. sav.y FV, 2.
La rnesme teste aiguè cl ferrée dont ils (les poètes de la nouvelle école) nous heurtèrent opiniâtrement il y a six mois, pour nous contraindre à suivre quelquesunes de leurs règles, celle-là certes nous heurte aujourd^huy de pareille aspreté pour nous en desdire : tesmoins , sans aller plus loin , erreur et amour qu^ils soutiennent à ccste heure estre masculins , les regardans par la source latine : au lieu qu*ils nous les ont fait passer pour féminins tout un long temps. . . Est-ce pas avoir pris orgueil et folie à ferme . . . que d^oser ainsi faire des pirouettes du langage de leur patrie et de nous? - M"* dk Gournat, L'Ombre, 1627, p. 575-576.
Quand on veut inspirer une eolide amour, . . - Rbgnard, Joueur, II, a.
* La première édition du Dict, de VAcad,Jr,, 1696, donne amour comme masculin et féminin; la deuxième édition, 1718, comme masculin seulement. Voici la règle que traçait, en i656, le grammairien Cl. Irson :
9 Amour. Ce nom est tantôt masculin et tantôt féminin. Quand on le prend en terme de galanterie, il est de Tun et Tautre genre : comme il est plus élégant, en parlant à une dame, de lui dire : «Madame, l'amour que je vous porte est hien grand jt^ que «... est «bien grandeit. Les poètes s*en servent indifféremment. Mais quand on parle de Vamour que nous sommes obligés de porter à Dieu, il n^est jamais féminin. n — Nouv, méthode pwtr apprendre, . . la langue franc. , p. 109.
Irson parlait comme Vaugelas, qui lui-même avait emprunté sa Remarque au Commentaire de Muret sur Ronsard. — Cf. Ménage, Obeerv. eur Malh,, a* édit., 1689,
Un même auteur, à quelques pages de distance, admettait volontiers les deux genres :
Vous blasmex sans sujet un amour vertueux,
PiCBOD, Foliée de Cardenio, i633, I, 1, p. 5.
Que vous seriez content de me voir criminelle.
Trahissant une amour qui doit être éternelle! - Id., ibid., Il, /i, p. 36.
On trouve également les deux genres dans TIi. Corneille;
En secret , il m^aima ; je souffris son amour ; Il me la jura vraie, et j'en reçus pour gage Tout ce que put jamais promettre un grand courage.
Th. Corn., Geâl, de eoi-méme, II, 1.
J*auraî ce bien au moins, dans ma triste infortune,
Qu^eile me défera d'une amour importune, - Id., D. Bertr. de Cig,, I, 1.
Je Taîmerois autant peut-être qu'elle m^aime.
Si par un autre amour cet amour traversé
Pouvoit continuer comme il a commencé. - Id. , Galant doublé, I , j .
Cependant, il est certain que Tusage presque constant était, au xvii* siècle, de faire amour substantif féminin. — Voir Levcn de Templery : Le Génie et la Polit, de la lang. franc., 1705, p. ia3.