‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son temps (volume 5)Chapitre 73 sur 455 · AMUSER — AN · texte numérisé non relu

AMUSER — AN

Vous avez passe, sans que rien vous eh ait enipèchë, sur le bord des précipices; vous m'amtuez d*une prairie; mais. . . - Sév., VII, 117.

Amuser, abuser.

io36 Et sans vous amuser d*une attente frivole,

C'est à quoi je m'engage et je tiendrai parole.

D. Gare, y III, 3.

645 II est fou. — Devant vous, il sait se déguiser,

Et son intention est de vous amuser.— Ec. des Mar., Il, 7.

687 Vous venez rxi amuser de vos belles paroles. — Ibid.^ II, 8.

Prétendront-ils in amuser par des contes en Tair? — Scap.y I, 4.

i/î35 On croit amuêer de fausses patiences

Ceux dont en Tâme on craint les justes défiances. - Cortc., Rodog,, IV, 6.

1 96 Les agens des Mahoniélans

Par leurs délais, par leur bien-dire,

Ont amuzé ceux de TEmpirc

Durant qu'ils faisoient des aprets,

Pour leur venir casser du grès. - Lorbt, Muze hittor., i3 sept. i664.

Ne pensez pas nî'amuêer en me disant qu'un vous Ta prise dans votre poche (tme lettre). - MoirraBuiL, Œuvr,, 1666, p. si 5.

An, on, forme patoise des environs de Paris.

4 18 Me voilà bien chanceuse! Hélas, Yan dit bien vrai.

Fem. sav., II, 5.

42 2 Oui. — J'ai que Van me donne aujourd'hui mon congé.

Ibid.y ibU,

if M. Ch. Nisard, dans son l^lnàe sur le langage populaire ou patoU de Paris, a consUle la tendance à changer la nasale on en an, et cite an, man, tan, san, pour on, mon, U^, fOfi (p. 159). — M. de Ghambure, dans son Glossaire du Morvan, remarque que, au» une partie du Morvan, Ton dit a dian, a iningean, et ailleurs a dion, a mingeon, poorili disent, ils mangent, employant indllTéremment an ou on : (rColtc forme, dit-il, existe dans plusieurs patois, le berrichon, le poitevin, le saintongoois.n — il cite ensuite U scène 1 du 3* acte de Don Juan, où Pierrot use indilTércninienl des terminaisons anf oa ont : (rlls avont des cheveux qui ne tenant point à leu teste. . . ; ils ant des chemises qui ant des manches où j*entrerions tout branois . . . n

Dans La Mizaille à Tauni, comédie poitevine de 1669, ce qu^on note surtout, c'est remploi de on pour an :

9 Y m'en soucie autont do ros que do tondu;. . . Tout mon pu grond plaisis srel de me vc fondu . . .

58 Qui dioutre m'a mis cy ?

Sé-zi dons le parquiet, ou ben dons ine estune? - I, 1.

Au contraire, dans les Trois agréables conférences de deux paysans de Saint'Ouen et de

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