ANAGRAMME — ANCRER (S
Mofilmoreiicy (1649), c'est le son au qui domine au lieu de on, bien qu'on retrouve ce dernier : tr Y se boiuon à tabbe sans dire bénédicité, é beuvan dans une auge queme dé coucbon. . . Y ne sçavan pas ieu patiuoutre. . . » — ttN'an dy qui ]y bouturent pu de irante goieble dan le cors, nan la veut envoiyé faire une neuvaine à Saint-Hubar.» — On remarquera dans ces dernières lignes n euphonique précédant an, dans n'an ou nan pour an, <m : c'est ce même n qui parait en Anjou, à Saint-Mathiuin , dans name, naim, pour ante, haim (hameçon).
Anagramme.
En faisant ïatiagramme de Votre Majesté.
Fâch., III, 9 {Placet de Carittdès).
J'ay tousjours estimé très importante l'occupation de certains ^rits qui s'amusent à faire des anagramme», - Lb P. Garasse, Rech, de» Rech, de AT É»U Pa»quier, 1699 ,
Parlant de Pierre de Ribadenere, , ,,i\ l'appelle, par un sot anagramme, , ,, Pierre de Badinerie, Il est vray qu'en cet anagramme il y a de la badinerîc . . . , mab elle demeure du costé du sujet. - Id., ibid,, p. 716.
Jean Calvin. . ., l'an m.d.xuix, ayant à demy léché le petit oursat de ses hutitution», . ., les présenta au roy François 1** soubs le nom foanne» Alcuinu», qui fut Yanagramme de son nom. - Id., DocUcur,, 169 4, p. 109 3.
Il a beau l'appeler son âme, Lui composer son anagramme, Luy présenter beaux affiquets,. . .
Gîla ne luy profite guère.
Dassodct, Ovide en belle humeur, in-A% i65o, p. 99.
•La marchandise dont il (Gastrimarguc) se charge le plus souvent est d'amigramme» et de vers irr^uliers qui gardent toujours quelque sens, de quelque sorte que les mots soient renversez : mais vous croirez s'il vous plaist que c'est un sens fort obscur et fort bigearre. - Sobbl, Polyandre, II, Ai 5.
le 9 Anagramme^ transposition et nouvel arrangement des lettres qui composent un mot, ^D nom , disposées de telle sorte qu'elles forment un ou plusieurs autres mots ayant un ^ulre sens. Faire une anagramme. Les mots écran , nacré , rance , etc. , sont des anagramme» le» un» de» autre»,n - Acad., 18*78.
Dans son Art poét, (1697), Pierre de Laudun d'Aigaliers a donné, en termes très obstttrs, les règles de Yanagramme (liv. III, chap. x).
9 Anagramme, M. de Vaugelas veut qu'il soit toujours féminin, et je suis de son avis. C'est aussi de ce genre que l'a fait M. CoUctet dans rÉpigramine contre les Épigrammalistes, qu'il m'a fait riiouneur de de m'adresscr :
Ménage, sans comparaison, J'aimeruis mieux lirer l'oison Et mcsme tirer à la rame , Que d'aller chercher la raison Dans les replis d'une anagramme, n
MéiTAGB, Obeerv, »ur la lang.fr,, 1679, p. laS.
Exemple d^anagramme : dans le nom du chancelier Loui» de Boucherat, on a trouvé E»t la bouche du Roi*
Ancrer (S'), s'installer, s'établir.
1091 Enfin chez mon rival je m' ancre avec adresse. - L'Eu, III, 4.
110 AnERIE — ANGER
986 A ma suppression, il s^est ancré chez elle. - Ec.des Fem.^ ED, S.
La vanité est si anchrée dans le coeur de Thomme, mi^un soldat, un goojaft, m cuisinier, un crocheteur se vante et veut avoir ses admirateurs.
Pascal, Peruéei, édit. Moiinici*, I, p. 88-89.
* Mercier, dans sa Néologie ou Vocabulaire dee moU nouveaux, à renouveler ou fn dan» de» acception» nouvelle», en Tan ix (1801), a recueilli Texcmple suivant :
fx Ancrer, Ce valet, on ne pouvait d'abord pas le souffrir; mais le voilÀ ancré àsm b maison; il n'en sortira pas.n
Ânerie.
Hél bien, petit coquin, voilà encore de vos âneriesl- Escarb.jSci,
^ Le mot dnerie (aenerie) ne se trouve ni dans Rob. Eslicnne ni dans une édition quelconque du Nicot, ni dans le Monet de 1690; mais Monet Tadmet en i636, comme la plupart des autres dictionnaires avant et après lui.
ftAnerie, Ce livre est plein (Vânerie», Acad., Gattbl. On a déjà dit que cette phrase était singulière dans un dictionnaire. — Quelle dnerie dans ce médecin, dans cet avocat! Gattil. Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, n - Gh. Nodier , Exam. erii, de» did. de la lang, franc., i8a8, in-8'.
Ange.
1889 Quelle grâce, quels biens vous rendrai-je. Seigneur, Vous que je dois nommer Yange de mon bonheur?
Ange, ici, dans le sens étymologique du grec ÂyyeXof^ messager, et non dans h sens figuré d'être surhumain ou d'ange lutélaire, d'ange gardien, qu'on trouve très souTeot en poésie et même en prose.
AnGER, embarrasser, tourmenter, martyriser; on écrivait aussi engei\
Votre père se raoque-t-il, de vouloir vous a)iger de son avocat de Limoges? — Pourc, I, 1.
Le grant dyable m'a bien engé
De votre corps, belle bourgeoise. - Ane. 77i. fr., Ribliotb. elzév., I, 3i3.
Que maudit soit qui m'a engé de ta charongne I - Labivet, Le Fidelle, IV, 5.
Je voudrois avoir mangé
Ceux-là qui m'en ont ange. - Coméd. de» Chumon», t6&o, III, 1.
Aga quien, qui m'a ang^e de ce galourîau?
Cyrano de Bergebac, Le. Pédant joué, II, >•
191 H les eiigea de p<»tits Maziiioiis
Desquels on fit de petits moiniilons. - La Fo5t. , IV, 5o6; Conte», II, i6>
ANGOISSE (POffiE D') — ANIMAL 111
Il semble que le mot anger viemie du latin angere, «tourmenter, faire ennuy tant orps que a lesperit?) (Rob. Est., Dictionarium, i$u latin, Unguœ Tkêêawut, i53i), comme traduisent d^autres lexiques, vangoUsern, — Mais il s^est souvent confondu
le mot enger, et pour Torthographe et pour la signification , et c'est même sous cette lière forme seule qu^on le trouve dans les dictionnaires, bien que les deux sens difnts, provenant de deux origines, réclament deux orthographes différentes. Enger, i engeance, signifie planter, semer, peupler (de végétaux).
>an$ tous les exemples cités, nous pensons qu'il faut écrire anger, excepté dans celui lA Fontaine, où nous écririons enger.
GOissE (Poire d'), au fig.
Je vous présente des poires de bon-chrétien , pour des poires ttanjoiase que vos cruautés me font avaler tous les jours.
Escarb.y se. U.
Crois-tu donc qu'il n'y ait qu'à dire : Je m*en vais à Téglisc? Non, non, il y a bien des poire* d'angoiêie à avaler, bien de l'argent à despendre, et beaucoup dUncommoditez à dévorer. - Ghapblaih, Trad, de Guzm, d'Âlfar,, i63o, III, p. i/j8.
t Le Nicot de 1606, comme Colgravc et Monet, ne parle que de pommes d'angoisse; .s en 1618 et en i6â5, Nicot ajoute aux pommes d'angoisse, anginaria poma, qui t blanches et noires (candida et nigra)^ \es poiret d'angoii$e, pyra atrangularia, il le P. Gandin (1677) ni Richelet (1680), qui considère le mot angoiue comme un IX mot, ne parlent de pommée ou de poires d'angoisse. Mais Furetière dit (1690) : : Angoisse (Poires d') sont des poires de mauvais goût qui prennent à la gorge, que Mé- ;e dit avoir été ainsi nommées d'un village qui est en Limosin , du même nom , où s furent trouvées en 109/i. — Poire d'angoisse est aussi une espèce de cadenas qui ivre par un ressort, et qu'on met dans la bouche d'une personne pour l'empêcher de r au secours, ou pour la forcer à donner son argent. — On dit aussi au figuré : On a bien fait avaler des poires d'angoisse, pour dire qu'on luy a dit beaucoup de choses heuses dont il n'a osé se plaindre.» — 11 existe, en effet, dans la Dordogne, une ite ville nommée Angoisse, i ,3oo habitants.
iGUILLE SOUS ROCHE.
Je crois qu'il y a quelque anguille sous roche. - Bourg, gent. , III, 7.
Mais ne vols-je pas la maistresse de mon maistre qui revient desjà de l'église avec une vieille ? Yrayement ses dévotions ont esté bien courtes. Il faut bien dire
Su'il y a anguille sous roche, puisqu'elle retourne si tost, car elle a accoustumé 'estre plus à l'église qu'à la maison. - Tournebd, Les Contents, i58/i ,1,6.
Souvent il arrive que ce qui paroist plus plein de seureté trouve, quand on y pense le moins, un Martinus contra, qui est ce que nous disons une anguille sous roche, - Chapelain, Trad, de Guzm. d'Alfar., i63o, III, p. 368.
Il crut qu'il y avoit quelque anguille sous roche. - Sév. , III, 366.
NIMAL.
I3i5 Car, voyez-vous, la femme est, comme dit mon maître, Un certain amnuU difficile à counoltrc ,