APPELER
19 Qu*il est doux d^adorer tant de divins appaê! - Rac, TMf., II, 1.
)9 Les spectacles, les dons, invincibles appoê,
Vous atiiroient les cœurs du peuple et des soldats. - Id., Brit., IV, 9.
70 Je reconnois Vappoê dont il m^avoit séduite. - Id., Bajazet, IV, 5.
)rel s^est moqué de Tcmploi abusif du mot appa$ :
peut, dit-il, trouver notre poésie ennuyeuse, de ce quelle use toujours de circum- 1, et qu'elle employé on beaucoup de lieux les mots de dêitin et de iort, de charmn oas, et autres semblables pour fournir à la rime ou au nombre des pieds des vers, e quelque»-uns de ces termes ne soient aucunement nécessaires au sens, et que la ation en soit vicieuse ou mal appliquée.» - Sobkl, Contunu, dei lAvr, , 1671, p. 190.
aéme Sorel, plus de trente ans auparavant, avoit entrevu une distinction que ni vûns ni les dictionnaires n'avoient su faire entre appât, leurre, et appoê, charme, nt:
}ai ne signifie autre chose qu'amorce ou attraiu, . . Quant aux apaâU, c'est pour les oiseaux; mais il y a apeatix et apa$U, s'il vous plaist; l'un est pour les appeler, pour les attirer à la mangeaille.» - Sorel, Polyanâre, 16/18, 1, p. 53i.
ige a remarqué que tr Malherbe, dans ses poésies, met toujours quelque différence harmei et apai, . . Apas se dit des beautez qui attirent, et charmeg de celles qui t par une vertu occulte et magique. Ce n'est donc pas un pléonasme que de joindre X mots, comme on fait ordinairement, et comme a fait Malherbe en ces vers :
Celle dont mes ennuis avoient leur guerison S'en va porter ailleurs ses apoM et ses charmes. 9
MiiiiGB, Obêerv. »ur la lang.Jr., I, 167a, p. A 98-/^ 39. - Cf. Obêerv, tur Malh,, 1689, p. 3i3.
ous passons aux dictionnaires, nous voyons : i** que tous, depuis i53i, donnent qu'aucun ne donne appas avant le P. Gandin (1677); â*" que tous, jusqu'au Rech, ^ranç. d'Ant. Oudin (16A9), ne donnent à appast que le sens propre de nourriture, ; 3** qu'à partir de cette date, la plupart donnent à appast le double sens de nourrivant d'amorce et de charmes , attraits ; &" que le premier dictionnaire qui donne appas Hct,fr,4at, du P. Gandin (1677), qui le traduit comme attrait, sans rappeler le opre, et qui ne donne pas appât, appâter, £n 1679, Guy Miège écrit appâts en l'article, et appas dans les exemples, avec les deux sens; Richelet (1680) et Danet , appas, dans les deux sens; en 1690, Furetière appast, dans les deux sens. 696, l'Académie, qui fait passer des dérives à la racine, renvoie de appas à paistre, ibiie son renvoi; dans sa seconde édition, 1718, elle donne appast, subst. masc., , mangeaille, et appas, subst. plur. qui «rne se dit guère que pour exprimer les s de la volupté ou ceux de la beauté». A partir de 17/io, en 17621, en 1799, en en 1878, appas vient avant appât, et la distinction reste établie entre les deux mme entre les deux sens.
LER, appeler en duel.
)8 Mais un homme vient là de me rompre en visière, Et je souhaite fort, pour ne rien reculer, Qu'à l'heure, de ma part, tu Tailles appeler. - Fâch,, I, 6.
16 Je sais de bonne part qu'on t'a fait appeler. - Ibid., III, U. {7 J'ai poussé Glarimond à lui faire un appel. - Cor5., La Suiv., V, 1.
120 APPÉTIBILITÉ — APPLAUDIR À. . .
1 ]36 Hier, nous nous rencontrons; cette ardeur se réveille,
Fait de notre embrassade un appel à Toreille. - Com., Ment,, IV, i.
Sur cette entrefaite, celuy qui i^avoit appelé arrive. - D^Ouvilli, CoMUe, i6U, Paris, Jouaust, i883, 1, p. 97.
* Le verbe appeler correspond au subst. appel, défi, appel en duel.
Appeler : ce qui s'appelle.
1676 Je Tai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu, Ce qu^an appelle vu. — Tarr., V, 3.
Dès le premier jour que je vous vis, vous fûtes ce qui i'appelle absolument wavcraine de mes volontez. - Du Vbrdibr, Flatteur, 1696, IV, 9.
APPÉTIBILITÉ, terme de philosophie.
Si Tessence du bien est mise dans Yappitibilité ou dans la convenance?
Mar. forcé, se. 4.
erLa Rocbefoucauld a dit {Max., xlviii) : «rLa félicité est dans le goât et non pu «dans les choses.» G^était dire en termes exquis ce que Pancrace exprime en termei barbares.» - Paul Jinet, La philos, dam les Com, de Md.; Rev. polit, et HtL, â6 oct. 1879.
ApPKTITION, recherche.
Mangez-vous bien , Monsieur? — Oui , et bois encore mieux. — Tint pis : cette grande appétition du froid et de Thumide est une indicttioa de la chaleur et sécheresse qui est au dedans. - Pourc., I, 8.
Applaudir à . . .
Je vous laisse à penser si tous ceux qui se croient satirisés par Molière ne prendront pas l'occasion de se venger de lui en applaudmaul i cette comédie. — Impr, de Vers., se. 5.
1/157 ^^ lorsqu^d mes désirs elle a feint d'applaudir, - Corn., Nicom., IV, 5.
1971 Le peuple avec transport Tarréte et Tenvironne,
Applaudissant aux noms que le Sénat lui donne. - Rac, Bérén,, V, 9.
:(e ff Je vous dîray donc que les mots qui sont à la tête de ce chapitre (applaudir, gauchir, se marier) demandent après eux Tarticlc à; de sorte qu^il faut dire : applaudir à une chose, gauchir à une difliculté, se marier à une telle personne, etc.» - Letir Bi Tbmplbrt, Le Génie et la Pditeue de la lang.fr., 1706, p. 196.
APPUCATION — APPRENDRE DE. . . 181
lPPLICATION, application d'un soufflet.
738 Chien d'homme I Ohl que je suis tenté d'étrange sorte De faire sur ce mufle une application! — Dép. am., II, 6.
# On dit Yi^^ieation d*un emplâtre, d'un cataplasme; il s'agit iri de VapplieatWH d*un foufllet.
Elle auroit bien mieux aimé voir Son Jupiter luy faisant noir, Luy faisant mesme une algarade.
Par exemple d'une gourmade Luy faisant appUcatton,
ScABROif, Virg. trav,, Paris, David, 1706, II, p. 996.
C'est parce qu'on avait appliqué (voir Appliquer) à des personnages connus de nombreux traits de ses Caractères que La Bruyère se vit oblige d'écrire : vie crois pouvoir protester contre tout chagnn, toute plainte, toute maligne interprétation, toute fausse application et toute censure, contre les froids plaisants et les lecteurs mal intentionnés.)» - Li Biut., I, 107.
Appliquer, avec ou sans complément indirect; faire l'application de. . . à. . .
Vous êtes fous tous deux, de vouloir vous appliquer ces sortes de choses. — Impr. de Vers., se. &.
Pourquoi vouloir, je vous prie, appliquer tous ses gestes et toutes ses paroles, et chercher à lui faire des affaires en disant hautement : (rii joue un tel 19, lorsque ce sont des choses qui peuvent convenir à cent personnes? - Ibid,, ihid.
Elle (la tragédie de Baiazet) ne surpasse pas Andromaque; et pour ce qui est des belles comédies de Corneille, elles sont autant au-dessus, que votre idée étoit audessus de. . . Appliquez, et ressouvenez-vous de cette folie, et croyei que rien n'approcbera (je ne dis pas surpassera) des divins endroits de Corneille. - Séf., A, 669-470.
APPOINTEMENT (Façon d').
♦ Voir Sac {Retirer le).
APPRENDRE DE ... , avec un infinitif.
1674 Quoi? — Je vous apprendrai de me traiter ainsi. - Amph.y III, 4.
Et pourquoy ne dirions-nous pas que Amour. . . n'ait par une longue coustume appris «{'atteindre les hommes au cœur? - D'Urp^, L'Astrée, 161/1, 11, p. 333.
Tous mes efforts ne m*ont de rien servy, qu*à apprendre de ne plus tenter une autre fois une chose impossible. - Voituib, iô5â , p. 634.