NAISSANCE
DuM ses Remarfuu êur Vaugelag, Th. Corneille assure que croii ne dit plus naguh^ê ni éê nffguirmit. Quant à rAcadéniie française, dans ses Obiêrv, , elle reconnaît que : i* «on peut escrire guère et guère», sans » à la fin, ou avec un $; a** naguère» commence à fieDiirii, mais «néanlmoins on ne peut le condamner; 3* on ne dit plus du tout de naguim.li - YAtGBLis, édit. Chassang, II, p. i5.
wSëguerti. M. de Vau^^elas veut que ce mot soit fort bon. J'ajoute, h rautorilc de M. de Yangelas, celle de Malherbe :
Nëguêrt que j^oyois la tempcste souffler,
et celle de M. Desmarets, liv. XII de son Clovi» :
Naguère avoient armé les cœurs souvent rebelles.
vMais nonobstant toutes ces autorités, ce mot ne vaut rien, n*estant plus en usage et pirticidièrement en prose; car, en vers, il peut encore trouver son lieu. Il faut donc dire en prose «qui estoit arrivé depuis peu». - MéiiAoi, Obterv,, 1673; 1, p. 9iÂ-9i5.
Dans ses Réfi. ou Rmn, erit. eur l'usage prêtent de la langue fran^, (169a), Andry de Boisregard ne parle du mot que pour en regretter la perle, p. 3 s 3.
Le Dietùm.fr,'lat, de Rob. Estienne (iBSg) ne donne le mot ni à guère ni à naguère. Mais dans Tédition de iS/îg, à guère, on trouve : naguère», pour dire n'y a guère»; et h MÊgmere» : naguère» ou n'a guère». Nicot (160G) : tt Naguère» ou n'aguere», siippléex : de Umpê,n Colgrave (1611, i639, i65o), naguei^ou n'agueret, Me\\emB(i6iH)^ naguère» ean'aguere». Monet (1610, i636), naguère». Pomey (1C76), naguère». Gaudin (1677), êheti. Richelet (1680) : crf Naguère, Ce mot signifie depui» peu, mais il est vieux et bas.» Fiiretîère(i69o) : 9 Naguère», il y a peu de temps. Ce mot vieillit. n — Acad. franc. (169^) : tXagiure ou naguere»;7) 1718, i7ao, 1769 : ^Naguère, naguère». . . 11 vieillit, et n*a plus guère d*usage que dans la poésie ou dans le style soutenu;» 1*799 (an vu) : ^Naguère ou naguère». . . 11 vieillit, mais il est encore d'usage dans ta poésie et dans le style soutenu;» i835, 1878 : V Naguère ou naguère», il est surtout usité dans la poésie ou dans lo sUle soutenu.^
Naissance, origiue.
1979 Mon père, au nom du Ciel qui connoit ma douleur,. . .
Relâchez-vous un peu des droits de la naissance. - Tart., IV, 3.
&83 A du respect pour vous la naissance m'engage.
Milic., II, 6; — Cf. ibid.y II, 3, vers /i3i.
Il est impossible que sa nai»»anee soit médiocre , car il est trop bien né.
Sbgrais, Nouv, franc,, i656; 5' Nouv., p. 101; - Cf. Id., ibid,, p. 181.
Elles avoient du cœur, et se souvenoicnt de leur nai»»anee.
La Fom., VIII, p. 161 : P»yM, liv. II.
Je veux savoir son bien, sa nai»»ance, son nom.
Mo.TrFLBOBT, Dame médecin, l, 1 ; - Cf. lo., Coméd. poète, 11, 5, et 111, 7 ; - Crùp. gentUh., III, h.
Que si (en Egypte) le mort n*estoit convaincu d'aucune faute, on Tensevelissoit honorablement ; on faisoit son panégyrique , mais sans y rien mesler de sa nai»»ance. BossDiT, Hi»L Univ., in-â°, i68t, p. 4/ïC ; - Cf. Id., iind., p. i3o, 393.
138 NANIN — NANT!
Ceux. . . que la naùiance ddniôlc d^avec ic peuple. - La Brut., 1/p. 353.
Que diablf>, un homme comme vous qiii a de la naiuanre. Au mërile, de la valeur, doit-il s^abaisser à souffrir les rebuflfades d^un \ieillard qninleux?
Du Vbrdibr, Flatteur, IV, â.
Je suis Lindor, ma naiitance est commune. - Beaumarchais, Mar, de Fignm,
NANIN, NAKNAIK, INENMN, iieiini.
Nanin, nanin^ je n'avons que faire de ça. — Méd. malgré lui, II, 3.
Est-il encore cheux loi tout nu, Piarrot? — Naimain.
D, Juan y II, 1.
Je ne te veux dire qu'un mot. — Nennin, nennm. - G. Dand.^ II, 5.
* tr Adverbe de négation comme non, ne; mais ils diffèrent dVmpioi. Ainsi, si je demande : no veus-tu pas dôjeunor? Tu réponds non ou nanin; dans ce mot se voit une né- [^tion redoublée, comme dans le (jrec oixovv,'»
Trad. de Vltagn^re in gallicam Unfruam de Jacq. Dul)ois (Silvius), i53i, p. \hh,
ftNani ou nanin sert aussi en response. As-lu faîct cela? On respond nanin. n
RoB. KsTiEN'?(E, Traictc de la (p-am, franc. , iSôg, p. 89.
Ces formes anciennes, nani, nanin, se trouvant encore dans Cot^ave. M. Ch. Nisard, dans son Étude tur la langue populaire de Pari» et de ta banlieue , a relevé des emplois semblables du son in pour 1, dans amin, miiu, comtnÎMy chcminte, parmin, S^-ffenin^ pour ami, mit, commti, chemise, parmi, S'-Denis. — - Pi-inê pour pris était de la lanjjue usuelle an XVI* siècle, et on le n»lnjuvo encore en Anjou.
Nanti, en possession de. . .
1 Q07 De l'objet qu'on poursuit je suis encor nanti.
Ec. dfis Fem.^ IV, 7.
CVst lorf^u*on est nanty quMl faut craindre la barpe (le vol).
Comte DE Cravail, Coméd. det Prnr.
Toy qui, de les deux poings fermez, As tant de rustres assommez,. . .
Si peu de courage il le reste Qup ce grand vilain mal basti A tes veux du prix est nanti!
Scarro.n, yirff. trav,, Psiris, David, 1700; H, p. /i3.
1 1 Mais, étant peu nanty d'bistoires. D'événements et de méin(>in.'s, Mnilnino, ajjréfz, par boulé.
Du moins ma bonne volonté. - Loret, Miize hi$tor., 9 septembre iG6a.
... Je no prétends point abandonner ces lieux
Que je ne sois nanti de Pobjel di* mes vœux, - Regxard, Fol. rrm., 1,7.
V En dnût, ^luintir et nantiMcment si]rnilie consigner et consignât ion r.
Ragceau, Gloit. du droit franc, ^ revu et augmenté par de Laurièn>.