‹ Lexique de la langue de Molière comparée à celle des écrivains de son tempsChapitre 13 sur 664 · MAL · texte numérisé non relu

MAL

cinq, dont la plus élevée ou major donnait son nom à la quinte. Ici la quinte était donc quinte major de dame, et les cartes qui suivaient étaient le valet, le dix, le neuf et le huit. — Voir D. L. M. (de là MABTimkBK} , La Maieon académique, i664, p. 6.

Mal, malheur.

591 Mais c'est un mal pour lui de s'être mis en tête

De vouloir prendre un fort qui se voit ma conquête.

Ec. des Mar.y II, 6.

Quand un med vient, communément

Apres luy encore il ameine

Nouveau mal et nouvelle peine. - J. Godabi», Le» Desgui»ez, V, 1.

Mal : vouloir mal X . . .

739 Laissez : je me veux mal d'une telle foibiesse. - D. Gare, II, G.

i&i i Je suis sotte et veux mal a ma simplicité

De conserver encor pour vous quelque bonté. - Misanth.j IV, 3.

1^87 Et tout ce que sur moi peut le raisonnement.

C'est de me vouloir mal d'un tel aveuglement. - Fem. sav. , V, 1 .

Que direz-vous, si. . . vous voulez mal au père de qui vous avez sauvé le fils?

Malh., II, p. 160.

Quand il scroit venu ici au lieu de moi, je ne lui en aurois pas voulu mal pour cela. - Rac, VI, p. A3& : LeUre».

Mal de mort : vouloir mal de mort a . . .

619 Je me veux mal de mort d'être de votre race. - Fem, sav.y II, 7.

Mal : mettre à mal.

Femmes mises à mal, maris poussas à bout, tout le monde est content. - D. Juarij V, 6.

Ce fut Juppin qui, faisant Toye,

Mil celte lM)nne dame à mal, - Scabbor, Virg. trav., 1706; I, p. i^h,

Cest elle qui me vouloit mettre à mal. - Rz6nabb, Descente d^Arleq,, se. 5.

Mal , adv. de négation.

998 Monsieur, je suis mal propre à décider la chose.

Misanth.f I, â.

httS De vos façons d'agir, je suis mal satisfait. - Ibid., II, 1.

MAL Id

Monsieur votre père, le plus mal gracieux des hommes, m*a chassé dehors malgré moi. - VAv,, II, i.

Je me sens mal propre à bien exécuter ce que vous souhaitez de moi.

i4m. magn^.y I, a.

De tout ceci, franc et net,

Je suis mal saiishii. - Bourg, gent, y Ballet, i'* entrée.

Véiiiis est mal agréable à ceux qui cndurenl grand faim.

G. BoucHiT, Seréet, IV, p. 11 5.

Le séjour de ce mal plaisant lieu ... je vous tiens des discours mal agréables ... ; Tune des deux choses du monde que je fais le plus mal volontiers.

Malh. , pauim,

La fortune est à peu près de rhumcur de ces Princesses mal sages : elle choisit le plus laid et le plus mal fait. - Balzac, CEuvr,^ II, p. i38 (ArùSppe).

Mai propice, — mal net, — mal content. - Gobh., pa$$im.

1 3 1 8 Et la vertu timide est mal propre à régner. - Id. , Perth, , IV, 3.

Mais Teffet répond mal souvent à l'apparence.

Th. Cobn., ComUsie d'Orgueil, I, 7.

Ah! Dieux! — Il est mal sûr de compter sans son hôte.

Id., Charme de la voix, IV, 8; - Cf. Id., Geôlier de toi-même, II, 5.

Tous ces finauds attraits qui parent ton visage

Sont meubles de haut pnx , mai propres au ménage.

Id., Galant doublé, V, 3 ; - Cf. b., D. Bertr. de Gg., I, a.

Je lui disois tout net

Que de son médecin je suis mal satisfait. - Moktpleurt, Dame médecin, III, 3.

De grâce , résolvez promptemenl ; ce lieu est mal prostré k contester.

SuBUGNT, FoUe querdle, 1668; II, 3.

Mais le temps est mal propre k découvrir mon feu.

DsTisé, Veufve à la mode, 1668, se. i5.

Diffère , zcroycz-moi , de vous mettre en chemin . . . Les chemins sont mal sûrs. - Rbgrabd, Fol, am,, U, 3.

* Les comédiens, dit M. Génin à propos de mal propre, par la crainte d*une équivoque ignoble, substituent :je tui$ peu propre (18A6). — Maintenant, plus respectueux de Molière, ils conservent scrupuleusement son texte.

Le latin malè avait parfois ce sens négatif. Rob. Estienne ( Theeattrui) traduit malè mongrna, de Plaute, par mal obéiëiant; il cite aussi malè musicue, des lettres de Pline; mais dans la phrase qu^il cite , iiui2^ porte sur canere et non sur muiicœ : «r Sicut olim theatra mmk muscos canere docuerant, ita nunc in spem adductos posse fieri ut eadem theatra keni emmere musicos doceant.» — Dans son Diction, franc, -laU (i5/ig), Rob. Estienne donoe mal gracieux, mal êoigneux, où mal est purement nécatif : invenuttut, négligent.

On trouve constamment, comme on Ta vu, cette sorte de négation dans Malherbe et dans Comeilie.

Est41 nécessaire de faire remarquer que mal, négatif, a été joint à un grand nombre d'adjectifs avec lesquels il ne forme plus qu^un seul mot : malheureux, malhonnête, etc.? Ces! ainsî, du reste, que Furetière écrit malpropre à pour /^eit propre à, , ,

20 MAL FOPiNION — MALENCONTRE

«Mal-sag^ (employé par Balzac) ne se dit pas, si je ne me trompe, comme mal^ habile, nud-conteiU , mal-honn$ite , mal-plaiiont, ni mesme comme nud-agreabU , qui s'est introduit depuis peu, et qui règne fort dans la conversation, à ce que m^a dit M. le Ghevdier.» - Bouhoubs, Doute» eur la lang, franc,, 167a, p. 3a.

Mal d'opinion.

* Voir Opinion : mal d'opinion.

Maladie : maladie des médegii\s.

Est-il possible qu'il n'y ait pas moyen de vous guérir de la maladie des médecins? — Mal. imag., III, &.

4i Gomme on dit : «r II a la maladie des médailles, des tulipes. n

AcAD. rBA?(ç., Diction., 1696.

G^est-à-dire : une recherche exagérée.

Malavisé.

Je dis que le jeune homme est un pendard. . . , que TEgyptienne est une malavisée j une impertinente, de dire des injures à un homme d'honneur. - Fourb. de Seap., III, 3.

Vous êtes donc si malavitS de croire que les Dieux prennent la peine de nous signifier quand il doit mourir quelqu'un? - Malh., I, p. A78.

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